MAUPASSANT
L'an mil huit cent quatre-vingt-treize, le sept juillet, à neuf heures du matin. Acte de décès de Henri-René- Albert- Guy de Ma.upassant, âgé de quarante-trois ans, homme de lettres, né à Sotteville, prés Yvetot (Seine-Inférieure), domicilié â Paris, rue Boccador, 24, décédé le 6 juillet courant, à neuf heures du matin, fils de François-Albert-Gustavc de Maupassant, sans profession, demeurant à Saint-Maxime (Var) et de Laure-Marie-Geneviéve Le Poittevin, son épouse, sans profession, demeurant à Nice (Alpes-Maritimes). — Célibataire. — Dressé par nous, Victor Bidault, adjoint au maire, officier de l'état civil du seizième arrondissement de Paris, sur la déclaration de Gustave George, âgé de quarante ans, employé, demeurant à Passy, rue de Passy, 63, et de Edouard Henry, âgé
înte ans, employé, demeurant à Paris, rue de la 69, qui ont signé avec nous après lecture, ent les signatures).
Pour copie conforme,
Paris, le quatre septembre mil neuf cent un.
Le maire,
D. Marmottan,
Page 83 . — Déclarations de J.-K. Huysmans à Juks Huret.
Répondant en 1S91 i Jutes Huret pour VEnquété sur l'évolution littéraire, J.-K. Huysmans déclare que le naturalisme est arrivé « aux dernières limites de sa carrière »,
— ... Qji'est-ce que vous voulez faire? ajoute-t-il. L'adultère de l'épicière et du marchand de vins du
Puis rêveur, les yeux au plafond :
— Ah! oui, peut-être... chercher des exceptions rares, énormes...
Et il continua :
— ^/j .' il y a bien h prêtre ! On ne Va jamais fait celuilà f Mais je crains bien qu'il ne reste toujours à faire..,, etc.
Page 87. — ■ Huysmans et la religion.
... Pour Huysmans, la religion est une fleur bizarre et séduisante, qui l'attire parce que nulle part encore il n'en a rencontré de semblable dans les serres chaudes du monde, et le grand compliment qu'il lui lera sera de l'appeler la a divine orchidée »... . :
DEFrOtJT ET ZiTlE. ' ,■ ; Il J
locêtre de J.-K. Huysmars, écrivait jadis
Vierge, sublime par l'accent sincère et I foi. Villon ne demeura point conveni : créé une merveille. Je ne crois pas Huys- 'erti que Villlon.
enryCéard, Le Matin, 2 mars 189S.)
- Extrait de la préface de M. Lucien
et, si l'on veut, Les Foules de Lourdes, ouvait, comme à l'heure i'A-Rebours, au asse, écrit M. Lucien Descaves dans son is P<^es choisies d'Huysmans (1913). Le jar l'écrivain comme un réservoir inépuî- )Our lui...
. dernière étape et son bilan dûment établi, uit aux broutilles des monographies et des demeurait, comme autrefois, sans sujet, à
- Huysmans à Hambourg.
ettre d'Huysmans sur Hambourg figure Iharavay (avril 1918) avec les îndica-
^ANS Qoris-Karl), le célèbre romancier.
Hambourg, 6 août 1888, 2 p. in-4. 50 »
e lettre relative à son séjour à Hambourg, dont ine desaiptioct rapide, en insistant un peu sur ition qui s'y étale au grand jour, a Je crob bien, raidi est mort. Je vais être obligé d'acheter des
caleïons tant il fait froid et tant mes pauvres culottes sont minces, mais j'aime ces climats et me passe bien volontiers de l'ordure céleste qui sécrète les
Page 93- — Sous la tendre signature de A. Meunier.
Huysmaos avait connu, vers sa vingtième année, au Quartier Latin, une jeune femme, Anna Meunier, qui devint sa maîtresse. Leur liaison dura deux ans. La guerre de 1870 les sépara et ils ne se retrouvèrent que quinze ans plus tard. Anna avait alors deux enfants, deux filles. Huysmans se prit d'une nouvelle aflectîon pour son amie, affection très vive et qui ne fut interrompue que par la folie d'Anna Meunier qui dut être internée à l'asile Sainte- Aune où elle mourut.
Page 94. — Il ne consentit jamais à sacrifier ses premiers livres.
Huysmans devait-il renier les livres qui précédaient sa conversion et s'efforcer de les détruire ? — M . Henri Carbonnelle, rédacteur au Gtl Blas, publia dans ce journal, lea mai 1904, une conversation qu'il eut sur ce point avec J.-K. Huysmans et dont voici les principaux passages.
Huysmans juge sévèrement les serviteurs de la religion qu'il pratique.
Aux prêtres qui lui affirmaient l'existence d'un seul art, l'art catholique, il répondit :
a. Pardon, il y a aussi un art profane, et si vous le con-
naissez, vous conviendrez bien que lui seul existe aujourd'hui.
« J'aime Paris. A Ligugé, j'avais les moines et la campagne; quand les moines sont partis, je n'avais plus que les bois et les routes, c'est pourquoi j'ai regagné Paris.
« J'ai trouvé à Ligugé des gens érudits, mais dont la plupart s'étaient spécialisés dans l'étude d'une question ; bien peu possédaient des connaissances religieuses, et j'ai eu auprès d'eux une documentation importante, que je n'aurais certainement pas trouvée dans aucun livre. »
— Détruira-t-il les ouvrages qui précédèrent En Route ?
— Jamais, jamais je n'y consentirai. Ce n'est pas la première fois que je suis sollicité de le faire, mais j'ai toujours énergiquement refusé. Je n'entends sacrifier aucun de mes livres.
— Mais A Rebours?
— Moins que les autres, car ce livre, qu'on me reproche tant, fut le point de départ de toute mon œuvre catholique. La littérature latine de la décadence est développée dans En Route et dans YOblat ; le chapitré des pierreries, celui des fleurs et des parfums se retrouvent dans La Cathédrale,,,
a Ces raisons, je les ai exposées longuement dans la préface d'une édition à' A Rebours qui n*a pas été mise dans le commerce : mais elles n'ont pas convaincu les détracteurs de mes premiers livres, qui persistent à me demander la destruction d'ouvrages qui ne sont même plus ma propriété.
« Ce qu'on reproche surtout à A Rebours, c'est que ce livre ne peut, être lu par tout le monde. M. Edouard Trogan, du Correspondant, prétend que j'agirais autrement si j'avais charge d'âmes. Mais je n'ai jamais eu la prétention d'écrire pour les jeunes filles. N'ont-elles pas la « Bibliothèque rose »? En admettant ce principe il faudrait détruire Tœuvre de Balzac, celle de Victor Hugo, toute la littérature !
a Ma jeunesse ne fut pas pieuse, je n'appris dans ma prime enfance que quelques prières hollandaises que me faisait balbutier ma grand'mère et encore je les connus mal. Quand j'écrivis A Rebours je ne connaissais rien de l'Église; c'est seulement depuis que je me suis converti — el cette conversion a des causes que j'ignore moi-même — elle est un fait, et c'est tout.
n Mais le catholicisme de nos jours est celui du dixseptième siècle, c'est un mélange de jansénisme et de ' bégoinerie jésuitique. On n'a plus aujourd'hui les idées larges du seizième siècle et c'est pourquoi on voudrait me voir détruire une partie de mon 'œuvre.
a D'ailleurs, ajoute Huysmans, je ne trompe personne ; ceux dont la leaiire d'un livre pourrait offenser la pruderie n'ont qu'à regarder la couverture. Depuis En Route tous les romans que je publie sont ornés d'une médiùlle . de saint Benoît, les autres portent un monogramme moins ' pieux. A
Page 96. — ■ Sur la première édition de Sac-au-Dos.
V Artiste annonçait en ces termes la publication de Sac-au-Dos :
Aujourd'hui, nous commençons la publication de Sacau-Dos, la très alerte nouvelle de J.-K. Huysmans. C'est la narration sincère et piquante de sa campagne de mobile en l'an de sang 1870. Mais que nos lectrices se rassurent, il n'ect question dans cet humoristique récit ni de morts, ni de blessés — bien au contraire : ce récit goerrier est idylle pimpante et gaie ! (L'Artiste, de Bruxelles, 2* année, n" jî, 19 août 1877).
'. — Huysmans fondateur de journal.
hlUes Apches, les biographes de J.-K. Huysit apprendre naguère que l'auteur des Sœurs it dirigé à Paris une maison de brochage. En publication avait inséré, dans son numéro du
1892, l'acte aux termes duquel Huysmans ven- [. Leroux le fonds de brocheur, situé, 11, rue ;t qui provenait de la succession de sa mère,
1876. A cette direction se rapporte la lettre :tions Charavay, dans laquelle Huysmans .insi sur le compte des ouvrières :
s passer une agréable soirée à discuter avec des i propos de deux sous. Heureusement que je les ai cavalièrement dans mon livre. Quand j'ai trop r elles, je songe à la boue dans laquelle je Us ai ela me console. »
ici qu'un autre renseignement sur la vie de ;st encore apporté par un catalogue d'auto-
;alogue figure une lettre signée d'Huysmans : 1" octobre 1880, à M. Montrosier, directeur w Deux Mondes. Il lui demande sa collaboration irnal qu'il fonde avec la collaboration de Zola, Maupassant, Alexis, Céard, Hennique, Théo- )n, etc.
té le journal que voulait fonder Huysmans ?
de littérature et d'art, sans aucune tendance La politique, dit-il dans sa lettre à Montro- : nihilisme d'Herzen agrémenté d'un joli scep- .e titre prévu pour cette feuille ? La Comédie Lin titre qui décidément hantait Huysmans,
puisqu'il l'avait déjà donné à un essai de drame romantique qu'il avait écrit vers sa vingtième année.
Quelques difficultés avec l'imprimeur, établi dans un quartier que Joris-Karl ne pouvait souffrir (rue d'Argout, prés de la rue Montmartre), suffirent à faire abandonner le projet de journal. La lettre, mise en vente le mois dernier au prix de 50 francs, est un des rares témoignages sur cette brève période de sa vie où Huysmans se demanda s'il allait ou non fonder un hebdomadaire. Mercure de France (i" décembre 191 9).
Page 99. — Huysmans et Boullan.
Huysmans était documenté sur l'occultisme par l'exabbé J.-A. Boullan, directeur des Annales de la Sainteté et qui habitait à Lyon, rue de La Martinière, chez un architecte, M. Misme, avec deux voyantes. M"®* Laure et Thibaut.
Boullan ne manquait pas d'attribuer à ses ennemis personnels, ses pratiques de magie et de sorcellerie. La correspondance échangée entre Boullan et J.-K. Huysmans va du 6 février 1890 au 4 janvier 1893. Huysmans en brûla la plus grande partie.
J.-A. Boullan mourut le 3 janvier 1893 des suites d'une maladie de cœur.
Le 9 janvier de la même année, dans le Gil Blas, Jules Bois parla de la « mort mystérieuse » de Boullan qui, d'après lui, aurait succombé à des pratiques d'envoûtement exercées par la Rose-Croix et, plus particulièrement, par Stanislas de Guaita.. •
Le lendemain, 10 janvier, Huysmans, dans une interview à Horace Bianchon (D' Maurice de Fleur}'), du Figaro, confirmait les accusations de Jules Bois, lequel revint sur ce sujet dans le Gil Blas du 1 1 janvier.
Stanislas de Guaita (il habitait à ce moment avenue
Trudaine) protesta une première fois contre ces accusations dans le Figaro du 12 janvier.
'pliqua (Gii £/aj du rj janvier) en accusant, : fois, Guaita de la mort de Boullan.
r, Guaita donna une réponse indignée au mnonça qu'il envoyait des témoins à is et à Jules Bois.
J,-K. Huysmans n'eut pas lieu, celui-ci, -verbal daté du 14 janvier, ayant déclaré tmais songé à discuter le caractère de parfait le de M. de Guaita ». Jules Bois se renaita à la tour de Viilebon. Deux balles sans anvier 1895 (D'après Joanny Bricaud).
- Huysmans et le Satanisme.-
lettres publiées par M. Jean de Caldain î(2r avril rgoS) :
ï J.-K. Huysmans a J.-A, Bodllan.
'aris, II, rue de Sèvres, le 7 février 1890.
lemandez le but que je poursuis en art, en
sur le spiritisme, la satanisme et spécialeîuccubes ». Le voici, et je vous prie, Monr ma p^ole d'honneur, et de croire i la
intentions.
: vous l'ai dit, d'une situation littéraire qui ■e cru lorsque j'avance une chose dans mes
i des théories de mon ami Zola, dont le »lu me dégoûte. Je ne suis pas moins las ■ Charcot, qui a voulu démontrer que la t une rengaine, que, lui, développait ou
matait, en pressant sur les ovaires, le satanisme des femmes traitées dans les salles, à la Salpêtrière. Je suis plus las encore, s'il est possible, des occultistes, des spirites, dont les phénomènes, bien que réels, sont par trop identiques.
Or, je veux confondre tous ces gens — faire une œuvre d'art d'un réalisme surnaturel, d'un naturalisme spiritualiste.
Je veux montrer à Zola, à Charcot, aux spirites et aux autres que rien n'est expliqué des mystères qui nou« entourent. Si j'ai une preuve des succubes, je veux en attester l'existence, démontrer que toutes les théories matérialistes de Maudsley et autres gens sont fausses, que le diable existe, que le diable règne, que sa puissance du moyen âge n'est pas éteinte, puisqu'il est aujourd'hui le maître absolu, l'Omniarque.
Comment expliquer sans lui tout ce qui se passe ? ' Or, pour avancer de telles choses, il me faut des documents certains, il me faut l'aide d'un homme supérieur, au-dessus du temps, éloigné des enfantillages malsains et inquiétants des spirites et de l'immuable sottise des cléricaux. Cet homme ne peut être autre que vous. Ahl tenez, j'ai entendu parler ces occultistes, un soir, de votre personne avec une telle haine et une si précisé terreur que, du coup, je vous estimai fort. Je vous jure que mon livre sera un sacré branle-bas dans ce camp-là !
Je vous envoie, par la poste, mon dernier volume. Certains, Laissez de côté la critique d'art qu'il contient et n'y voyez' que la qualité de la polémique, et l'étude sur le satanisme et la luxure, à propos de Rops. Vous comprendrez la peur des gens exposés à recevoir des atouts de la nature de câux que j'ai assénés, par exemple, au nommé Sarcey.
Je vous assure — et sans orgueil bête — que ce livre que je veux faire retentira. Remarquez bien que je n'ai
■ J.-K. HUYSMANS. KOTES ■
""Vie défaire une apolc^ie désordonnée du diable; i,\e livre sera profondément spiritualiste, cathone, que c'est une constatation de l'état d'âme ique ; qu'en somme ce sera l'éioge du moyen âge cette fin de siècle. D'autre part, je ne vous pas ni initiation, ni secret — une aide spirituelle I — une preuve de succubats qui me permette er avec une conviction sans laquelle je ne puis I sens bien.
es conditions, et encore que je sois tenté par le lique, cela est sûr, je fais une œuvre pieuse, si dire, en combattant le matérialisme qui domine it tout. — Et je vons assure qu'il est temps, que :nt utile !
Monsieur, succinctement exposé, quel est mon , dans mon œuvre, un historien qu:t s'occupe ent de Gille de Rais, sur lequel j'ai de très ocuments. C'est le satanisme à la fin du quin- ;le. Cet homme, vivant loin du monde moderne, le la vie contemporaine, s'aperçoit néanmoins femme qu'il fréquente, chez des hommes qu'il le satanisme continue, qu'il est moins brave, lyant que jadis ; mais qu'il existe. De là, démou- <arallèle que les mêmes périodes d'àme se succé- 'ont pas changé ! sont devenues seulement plus
eci bien entendu, avec des ingrédients, une sauce ingue, des faits qui relient le tout et qu'il serait de vous narrer.
e. Monsieur, que j'ai satisfait à votre légitime et que le but d'art que je poursuis vous paraîtra it à une époque où la littérature ne s'occupe plus à'disant névroses ou de racontars de salons ou
i en jugiez ainsi, je vous demanderais votre puis-
santé aide : dans le cas contraire, je vous prierais simplement de déchirer mes lettres et de ne pas me tenir rigueur pour le temps que je vous aurai fait perdre.
Croyez, etc..
L'abbé BouUan répondit :
Quis ut Deus^
Lyon, le 10 février 1890.
Très honoré Monsieur J.-K. Huysmans,
J'ai une pleine confiance en la très simple véracité de vos intentions... Vos jugements et appréciations sur les Zola et autres, sur Charcot et C*' sont parfaits.
A l'égard des occultistes, Péladan, de Guaita, et autres, de la même espèce, je n'ai qu'un désir, c'est que vous les connaissiez à fond.
Restent le clergé et diverses autres écoles de magie : là, je pourrai vous apprendre bien des choses.
Quant à votre but, que le satanisme, qu'on croit perdu, existe toujours, ah ! sur cette question, nul ne peut mieux vous mettre en mesure de parler avec conviction „appuyée sur des faits certains.
Mon concours vous est assuré. Je vous citerai des faits qui, à coup sûr, rendront votre ouvrage d'un intérêt immense.
Je puis mettre à votre disposition les documents pour établir que le satanisme est vivant de nos jours, et comment et sous quelle forme.
Votre œuvre restera ainsi comme un monument de l'histoire du satanisme au dix-çeuvième siècle.
Maintenant un mot d'avertissement pour vous. Certes, je n'ai aucune espèce d'estime pour cette école desdits occultistes ; mais ils sont pleins de haine, et, malgré tout, capables de « petits résultats »,
2é8 . J.-K. HUYSIIANS. NOTES
Êtes-vous armé pour U défense ; car, si vous le faites, comme dit votre lettre, à coup sûr,, vous allez susciter s leur fureur.
us contaient ce qu'ils ont tenté contre moi, a alors ce qu'ils sont. 11 y a eu des témoins de ssance dans le mal.
pu me nuire dans mon être, ils m'ont alors 'une façon indigne, simplement parce qu'ils se es rois, des mages et des maîtres, et que je leur qu'ils n'étaient que de très mauvais apprentis, aines dont vous jvez pu voir quelques échan-
du clergé, le satanisme contemporain est plus is savant qu'au moyen âge ; il se pratique à irtout à Paris, Lyon, Châlons, pour la France, i, pour la Belgique, que nos relations vous mettront à même de
votre estime. J'appartiens, avec une fidélité
les plus dures épreuves, à l'école des vrais la sagesse, dans tous les siècles, à la tradition
science des choses divines, dans ses monuilus sÙTS, les plus anciens et les plus certains de Voilà ce que je suis.
t après la lecture de Certains.
etc..
D' J.-A. BOULLAN.
Îainte-Anne, où mourut Anna Meunier, est mètres de h rue de l'Ebre où se trouve )e :s Dames Franciscaines (cf. En route, cha-
Page loi. — Lettres de MM. Lucien Descaves et Léon Hennique.
A propos de cet anicle publié, en partie, dans Les Écrits français, en i^t^, M. Lucien Descaves, exécuteur cestameniaire de J.-K. Huysmans écrivit aux
auteurs :
Mes chers, confrères,
Demain, tandis qu'on célébrera le 7" anniversaire de la mort de J.-K. Huysmans, je l'évoquerai à la lueur de votre ébauche critique et je me demanderai s'il était bien tel que vous le représentez.
Je vous loue, en tout cas, de l'avoir étudié sans le prétexte ou le secours de sa correspondance dont la publication, je vous assure, ne répond à aucun besoin.
Mes remerciements à partager entre vous, avec mes sentiments confraternels les meilleurs.
Lucien Descaves.
M. Léon Hennique, de son côté, fit des réserves qu'il formula ainsi :
... Je ne crois pas que « le culte d'hyperdulie ait été déterminé, chez Huysmans », comme vous semblez le croire — surtout par des a souvenirs féminins dont l'évocation sensuelle à travers la prière s'épanouissait en pureté. »
Non, sa foi était complètement débarbouillée de ces souvenirs-là ; Huysmans resta toujours maître de lui-même, après et avant la conversion, maître absolu, maître invrai-
semblable. Aussitôt catholique, il n*a plus eu que de l'horreur pour le jeune fanfaron de vices que ses amis avaient connu. Il fut conduit au catholicisme de même que le peintre James Tissot, aveuglément, presque par la main, à travers les frissons, les frayeurs, les stupeurs de l'occultisme.
Veuillez agréer, chers Messieurs, l'assurance de mes sentiments les plus sympathiques.
Léon HENNiauE.
23 juin 1914.