‹ Le groupe de Médan:Chapitre 48 sur 57 · Un sonnet envers de quatorze syllabes · texte numérisé non relu

Un sonnet envers de quatorze syllabes

érie de sonnets en vers de quatorze syla écrits entre 1914 et 1918 sous le titre fuerre, M. Henry Céard nous a autorisé à

HENRY CÈARD. NOTES

Paholes près d'uhe tombe,

L'hôtelière m'a dit : — a C'était un gentil cavalier tt Et nous parlons de lui, le soir, quand près du feu l'on [cause, o S'il est mort, de sa mort son trop de bravoure fui cause « La retraite sonna sans qu'il voulût se replier.

o Tenez, voici l'Église avec le banc près du pilier a Où la tempe trouée, il passa, sans dire grand'chose. « Voyez-vous ces rosiers ? C'est sous ces rosiers qu'il [repose ;

« On a creusé sa fosse à part, là, prés de l'espalier

« Les autres sont en tas, tous pêle-mêle, au Cimetière. « Jacotot, qui n'est pas soldat parce qu'il est trop vieux, « Avec des planches qu'il trouva put lui faire une bière.

« Un prêtre en uniforme a dit sur elle une prière a Et puis on prévint les parents, mais c'est très loin chez [eux :

a Ht nous avons fleuri la tombe en attendant la mère. >

LÉON HENNIQ.UE

Page 134. — Au sujet du Théâtre libre.

Passage de l'Elysée des Beaux- Arts, au n** 37, il y a un théâtricule qui a tout simplement révélé, non à proprement parler, un auteur, mais une œuvre puissante : Jacques Damour (Henri de Lapommeraye, Paris, 4 avril 1887).

Ce théâtricule ne contient en tout que 343 places, y compris les strapontins. Si pourtant il eût brûlé ce soir, c'eût été pour le monde artistique un deuil irréparable. Je ne me souviens pas, en effet, d'avoir vu, même aux plus belles premières, les diverses fractions de ce monde d'élite : critiques, journalistes, poètes, romanciers, directeurs, auteurs, acteurs, éditeurs, musiciens, statuaires et peintres, si brillamment représentées. (Parisis, Le Figaro, 31 mai 1887).

Que sortira-t-il de ce curieux mouvement ? Des chefs-» d'œuvre, tout de suite ? Je n'en mettrais pas ma main au feu. Mais, à coup sûr, une surexcitation de notre goût national pour le théâtre. Et l'habitude de ne pas trembler devant les directeurs et la censure... (Paul Alexis, Le Cri du peuple, 2 juin 1888).

Acteurs qui désirez jouer des rôles en dehors de la convention et des banales formules du code dramatique, le Théâtre libre vous est ouvert. Auteurs il vous est grand

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ouvert, aussi, ce théâtre où vos œuvres seront jouées dans leur intégrité parfaite avec la mise en scène qu'il vous plaira d'établir. Et là vous vous persuaderez qu'il n'est point si secret qu'on veut bien le dire, cet art mécanique du théâtre qu'on représentait arbitrairement comme régi par de mystérieuses et impénétrables lois. (Henry Céard, La Vie populaire, 28 octobre 1888).

Dès que cette maison d'art a été ouverte, tout le public lettré y est accouru et, il faut bien le dire, il n'y a eu de vie dramatique l'hiver dernier que chez elle. (Henry Becque, Préface des « Premières illustrées », 1888).

Ce que je considère comme certain, c'est que, grâce au Théâtre libre, une évolution tend à se produire en faveur de notre nouvelle école dramatique, que l'influence de cette éèole se fait de plus eh plus sentir dans le public, et que le temps n'est pas loin où une légion de jeunes auteurs la vulgariseront sur les autres scènes parisiennes. (Emile Zola, interview de V Événement ^ 20 février 1889).

Aujourd'hui que les passions sont calmées et que nous pouvons considérer les événements avec plus de sérénité, nous apercevons l'influence du Théâtre libre. Sur toutes nos scènes, même sur celles qui en semblent le plus éloignées, cette influence se fait sentir, soit dans la contexture des pièces, soit dans la conception et la psychologie des personnages, soit dans l'expression scénique, la mise en scène ou le jeu des acteurs. Qean Jullien, préface au Théâtre libre d'Adolphe Thalasso, 1909).

La première représentation du Théâtre libre eut lieu le 30 mars 1887. Le spectacle se composait de Mademoiselle Pomme, un acte de Duranty et Paul Alexis ; d'Un Préfet, d'Arthur Byl; de La Cocarde, de Jules Vidal; de Jacques Damour, tiré de la nouvelle de Zola, par Léon Hennique. Avec ses appointements au gaz, Antoine avait pu louer

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