B8 !>AUL ALEXIS. NOTES
très basse, était devenu presque aveugle, et, les dernières années de sa vie, ses yeux avaient pris la dilatation fixe et inquiétante qu'ont ceux de certains oiseaux nocturnes. On pouvait alors le rencontrer errant, tâtonnant à travers les rues obscures, attendant qu'apparussent les doigts de l'aube pour lui rappeler son chemin, et, parfois, quelque rôdeuse des carrefours, quelque pauvresse attardée, s'improvisait son Antigone. (Maurice Le Blond, La Feuille littéraire, n° 149).
Page 162. — Alexis goguenard et coureur de jupes.
...Permettez-moi, écrivait M"»* Zola à Amédée Boyer, le 12 octobre 1905, devons donner ce conseil de ne point suivre les traces du malheureux Alexis qui n'a pu se corriger ni des femmes ni du jeu. Vous êtes méridional, méfiez- vous de votre nature. Alexis a fait le malheur de sa famille, il a été une plaie terrible pour sa femme ; heureusement que les deux fillettes qui restent sont sauvées...
Page 163. — Suivant la parole de Duranty,..
Extrait du « Journal de ma vie », par André Antoine. Jesaistout, 15 juillet 1914.
1887. — Alexis m'emmène à Tinauguration d'un petit monument élevé par les amis de l'auteur dramatique Duranty, au Pèrè-Lachaise.
Peu de monde, mais des gens que j'admire et que je viens d'approcher tout récemment : Séverine, la patronne d'Alexis, au Cri du peuple, une physionomie éclatante d'in-
PAUL ALEXIS. NOTES tËlltgence sous de beaux cheveuK roux ; de Midanqat je vois pour la première Toi^ secrétaire du comité, chargédu discours loppé d'un grand manteau à pèlerine, n monocle, une silhouette tout à dit impri nie achevée, Zola, resté à l'écart et regar Paris étalé sous nos pieds, dans le coud fait songer à Saccard de La Curée.
SABRIEL THYÉBAUT
- Gabriel Thyébaut et Le Rêve.
yébaut, qui, de l'aveu même de M. Emile ivre intitulé : Nouvelle Campagne, fut le ilte et conseil juridique des Ro'ugon-Mac briel Thyébaut avait fourni à M. Emile ;nements très précieux et très spéciaux par 1er sa vie d'Angélique du Rêve. C'était lui li des détails sur les conditions d'existence ;tés du département de la Seine ; procuré cessivemeot rare, ce livret d'élève, « ce deur administrative, avec sa couverture de < que l'on trouve décrit à la page 12 du
même temps, indiquait par quel jeu comlités, Angélique confiée d'abord à Thé- Louis Franchommc, pouvait rester plus prentie chez les Hubert. Bien plus, c'était rhyébaut qui s'avisait de l'expédient de la :, car aux termes d'un article de la loi bien lui, tout individu âgé de plus de cinquante her un mineur de moins de quinze ans, 1, en devenant son tuteur officieux. Zola, istacle que le même code mettait à l'adop-
GABRIEL THYEBAUT. NOTES ±$î
tîon d'Angélique par les Hubert puisque Angélique n'était pas majeure.
En même temps que Gabriel Thyébaut préparait ainsi les vraisemblances légales de l'action, Huysmans déjà fort au courant des littératures sacrées, signalait à Zola la Légende dorée de Jacques de Voragine. (Henry Céard, V Événement ^ 14 mars 1903).
,ES EDITIONS KISTEMAECKERS
zoo. — M. Lucien Descaves.
icontré M. Lucien Descaves pour la première \ une vingtaine d'années, dans les bureaux du Aurore. 11 venait chercher son vieux camarade, Lcfrançais, l'ancien membre de la Commune, qui i caissier du journal. Tous deux habitaient en aubourg Saint-Jacques. Je les regardais s'éloifrançais? s'appuyant au bras de son ami ou s'aipeu courbé, de sa canne, une béquille d'ébène. entaient pour moi beaucoup de choses...
e Lcfrançais, l'ancien proscrit du coup d'État, nembre de la Commission executive de la Comcondamné à mort des conseils de guerre versailit l'évocation même de la Commune patriote ; à :ge, une .foule d'autres noms de cette époque me Lt en mémoire : Arnould, Ferré, Rigauk, Deles- :n d'autres encore, tous ceux qui ont revécu, ans Pbilémon, vieux de la vieille...
Descaves, petit, râblé, l'air d'un Parigot peu :, me représentait, lui aussi, par d'auues titres, une : il écrivait, à cette époque, la Colonne ; lit surtout, pour ceux de mon âge, l'auteur de et des Emmurés — ce sombre livre, ce drame ntdont on «.découvrira » un jour toute la beauté. .. icrivain que nous admirions déji pour son style