PAUL ALEXIS. NOTES 2S
sécheresse impopulaire d'un Duranty trouvent grâce devant lui autant que le lyrisme concentré et impeccable de Flaubert, que l'adorable nervosité de Goncourt, l'abondance grandiose de Zola, la pénétration malicieuse et attendrie de Daudet. Tous les tempéraments d'écrivains peuvent aller avec lui.
(Enqttêle sur l'évolution liltdraire, 1831, pages 189 et 190.)
Page 162. — Alexis gogiimard et coureur de jupes.
Passionnément épris de la formule naturaliste, et l'ayant adoptée trop à la lettre, il ne goûtait que le peuple, qu'il se plaisait à étudier surtout dans ses tares, ses déchéances morales. Un instinct à la fois brutal et raffiné le portait à rechercher le document vécu parmi les bouges, les tripots, les lieux de débauche, dans les endroits équivoques où les odeurs du vice s'assaisonnent et s'encanaillent des relents acres de îa misère. Dilettante et jouisseur d"art, il passait encore ses iournécs et ses nuits d se faire lire des œuvres de jeunes et de vieux, inédites et curieuses à quelque titre, et se laissait entraîner aux emballements les plus vifs.
Sensible à toutes les fêtes de la nature, s'enivrai grisantes essences des sèves et des résines, sensuel . des douceurs firmamentaires de la nuit, ilen était arri" plus pouvoir vivre pendant le jour, dont la lumié était devenue insupportable. Il se plaisait à prolonge l'obscurité la mélancolie du crépuscule. En quelque qu'on fût, il ne se couchait jamais, à la ville comm champs, fùt-il même malade, avant que les fanfares 1 du matin n'aient sonné pour les choses et les gens 1 du réveil. Peu à peu, Alexis, qui avait toujours eu