NEUTRALISATION
Suivant que l'on veut, soit déterminer le taux en anticorps d'un sérum donné, soit typer une souche de virus en présence
de sérums connus, deux techniques peuvent être utilisées :
1° On étudie la neutralisation d'une quantité fixe (en général 100XID. 50) de virus connu, par des dilutions variables du
sérum étudié.
2° On détermine le titre de la souche étudiée qui est neutralisé par une dose constante de sérum de référence pris le plus :
souvent pur ou au 1/5 (192).
Les sérums peuvent être inactivés par chauffage à 60° pen-
4 he
dant 20 minutes, pour éliminer les facteurs non spécifiques thermolabiles (7). En effet, MELNICK et LEDINKO ont montré que les anticoros neutralisants étaient stables à 65° pendant 30 minutes et que seul un chauffage à 80° pendant 30 minutes pouvait les détruire. Le taux de neutralisation n'est pas influencé par la présence de complément. Les mêmes auteurs ont prouvé que le complexe virus-anticorps était stable pendant au moins 3 heures à la température du laboratoire et pendant 14 jours à — 20°, la congélation n'ayant aucune action. Par contre, le complexe peut être en partie dissocié par simple dilution, mais
une certaine quantité de virus demeure irréversiblement neutra-
lisée (195).
Bien au'il ait été prouvé que la neutralisation est totale au bout de 10 minutes (195), les mélanges à parties égales de sérum et de virus sont laissés une heure à la température du laboratoire, après quoi ils sont inoculés à des groupes d'animaux de moins de 48 heures, préalablement mélangés puis redistribués (279). Nous employons en général des groupes de 5 souriceaux, pour faciliter le calcul de la dose infectieuse 50 % (ID. 50) par la méthode de REED et MUENCH (232).
PROTECTION CROÏISEE CHEZ LES SOURICEAUX NES DE MERES IMMUNISEES
MELNICK, CLARKE et KRAFT (196), ont montré que des souris adultes immunisées par des injections parentérales de virus C, transmettaient cette immunité à leur descendance par le lait. L'étude n’a pu démontrer si les anticorps étaient transmis éga-
lement, comme ils le sont chez l'homme, par voie placentaire.
Cette immunité étant strictement spécifique, permet de déter-
miner le type d'un virus donné, par son pouvoir d'infecter ou
non, des souriceaux nés de mères immunisées par des types de
virus connus.
DEVIATION DU COMPLEMENT
La plupart des auteurs ont utilisé la technique classique, selon la méthode de KoLMER modifiée, avec des résultats satisfaisants. Cependant, les quantités relativement élevées de sérums de référence et d'antigènes, difficiles à préparer, que cette méthode nécessite, rendent son emploi peu pratique. MELNICK et ses collaborateurs (142, 143) ont appliqué aux virus € le test décrit par FULTON et DuMBELL pour le virus Grippal (86), qui en utilisant des micro-gouttes distribuées sur des plaques de matière plastique, a l'avantage de ne demander que des doses minimes
d'antigène et de sérum.
Nous avons contribué à mettre au point dans le service du Professeur P. LÉPINE à l'Institut Pasteur, une méthode dérivée de la précédente et dont les modifications tendent à simplifier la technique pour la rendre utilisable avec un matériel et un personnel réduits, tout en gardant un degré de précision suffisant (162).
C'est par cette méthode que nous avons pu pratiquer une enquête sérologique portant environ sur 240 sérums, dont nous verrons le détail en abordant l'épidémiologie et rechercher la présence d'anticorps dans le sérum des malades que nous avons étudiés. Pour tous ces examens, nous avons utilisé un antigène préparé suivant la méthode à la Protamine-Ether (69) que nous avons mise au point dans le service du Professeur P. LÉPINE.
ConTRERAS et MELNICK (36) ont étudié tout récemment la génèse des anticorps déviant le complément chez la souris en voie d'immunisation avec les virus Conn. 5 (antig. comparable à Albany B, type 1) et Easton 2 (antig. comparable à Albany À, type 1). Ces anticorps apparurent rapidement après la première
inoculation et atteignirent leur taux maximum deux ou trois semaines après la dernière. Ce taux diminua environ de moitié en 3 mois mais était encore décelable après 7 mois; parallèlement, des anticorps neutralisants apparurent en même temps que les anticorps déviant le complément, mais leur taux ne subit aucune modification pendant la même période de 7 mois. Quand le matériel immunisant fut injecté avec des substances adjuvantes, ARLACEL À. et BayoL EF. (245), le taux des anticorps déviant le complément resta plus longtemps élevé. Il a été possible de débarrasser les sérums immuns de substances thermolabiles non spécifiques, qui donnent de fausses réactions avec les antigènes normaux insuffisamment purifiés : ces substances qui résistent à 56°, disparaissent après un chauffage à 60° qui
n'altère pas les anticorps spécifiques déviant le complément.
Contrairement à ce que l'on observe chez l'homme et le chimpanzé, aucune réponse anamnestique hétéro-typique n'a été observée au cours d'immunisation ultérieure de souris déjà
travaillées.
IDENTIFICATION ET CLASSIFICATION DES VIRUS C PAR LES METHODES IMMUNOLOGIQUES
Les différentes méthodes précédemment citées, ont permis à ConTRERAS et ses collaborateurs (34) d'identifier et de classer 232 souches de virus C. isolées dans des endroits très différents et provenant de sources diverses, en 16 types immunologiques distincts. La classification a surtout été faite en utilisant les souches inconnues comme antigènes dans le test de déviation du complément, en présence d'immuns sérums de référence préparés avec les souches déjà identifiées. Les résultats obtenus ont été vérifiés par le test de neutralisation et sont résumés dans
le tableau suivant (Tableau IT) :
A5 ee
TaBLEau II | FRineel D) NC (Lépine) Connecticut 5| Groupe B, type 1 Ohio 1 Groupe B, type 2 | Nancy Groupe B, type 3 brexasl Groupe À, type 4|Type 4 (HOWITT) Texas 12 | Texas 13 Groupe B, type 4 Texas 14 Texas 15 Groupe À, type 7 | Easton 2 Groupe À, type 1|Type 1 (HowiTT)| 50-328 | Easton 10 Groupe À, type 8[H. 2 (HUEBNER) Easton 14 Groupe À, type 5[H. 1 (HUEBNER) | Type 2 Groupe À, type 2|Type 2 (HowiTT)| 50-358 Type 3 Groupe À, type 3 Alaska 5 Groupe À, type 10|H. 3 (HuEBNER) Israël 7 Groupe À, type 6[H. 4 (HUEBNER) | Boston Ste À, Lie 91
Des réactions croisées légères ont été observées entre certains types standards mais aucune souche n'a été trouvée portant une composition antigénique d'une complexité telle qu'elle puisse réagir fortement avec 2 ou plusieurs types.
Nous avons déjà vu les inconvénients que présentait la classification des virus € d'après les caractéristiques des lésions anatomo-pathologiques expérimentales, Il est impossible, nous le verrons plus loin, d'établir une classification d'après leur pouvoir pathogène chez l'hemme. Il semble donc que la classification sérologique soit actuellement la plus valable, mais il n'est pas douteux que la liste déjà longue des types immunologiques distincts de virus € se trouve encore augmentée lorsque seront typées toutes les souches déjà isolées dans le monde.
CHAPMREN