II. - RÉACTIONS SÉROLOGIQUES
GENERALITES
L'infection par les virus C. provoque chez l'homme et l'animal l'apparition de deux types d'anticorps : Neutralisants et déviant le complément. Les premiers ont été rapidement mis en évidence dès la publication princeps de DALLDORF (43, 44), et ont servi à différencier antigéniquement les premiers virus isolés (190, 252). C'est CASALS et ses collaborateurs (24) qui recherchant une réaction in vitro pour l'identification de ces virus, essayèrent l'hémagglutination et la déviation du complément. La première de ces réactions fut et demeure actuellement malgré toutes les recherches, impossible à réaliser, alors que la seconde, devenue classique est d'un très grand secours par sa relative simplicité dans le diagnostic des infections à virus C. aussi bien que dans la
classification des souches et dans les enquêtes épidémiologiques.
Même si l'infection demeure cliniquement inapparente, elle provoque chez l'homme et chez certains animaux l'apparition d'anticorps (10, 11, 24, 118, 142, 144 à 146, 186). Ces anticorps sont spécifiques de groupe et de type. Il n'y a pas d'immunité croisée avec les virus poliomyélitiques, Columbia S.K., MM. EM.C. Newcastle, Oreillons, Herpès, Looping Ill, Encéphalite équine type Vénézuéla et de la maladie de Theiler (39/40 100):
La preuve de l'existence de différents types immunologiques distincts a été apportée par différentes méthodes : Neutralisation croisée chez le souriceau (195, 252), réactions croisées de déviation du complément (24, 34, 142), protection croisée chez le
souriceau né de mère vaccinée (196) et protection croisée chez le
UT Fe |
chimpanzé (192) ; toutes ces méthodes ont donné des résultats comparables.
Une nouvelle preuve de la spécificité des anticorps, a été donnée lors de la contamination accidentelle de travailleurs de laboratoire : dans le sérum de ces sujets, apparurent des anti-
corps spécifiques pour le type de virus avec lequel ils s'étaient
infectés (79, 250).
Pour certains types de virus, les anticorps neutralisants apparaissent dès le premier jour de la maladie (Ohio 1, antigéniquement comparable à Albany B, type 2), alors que les anticorps déviant le complément n'apparaissent que le 5° jour (194). Pour la souche À, type 1, il semble que ce soit le contraire (142). En général, les deux types d'anticorps apparaissent à peu près en même temps et sont à leur taux maximum dès la troisième semaine (195, 146). Par contre les anticorps neutralisants persistent plus longtemps et sont décelables deux ans après la
maladie alors que les seconds le sont rarement après 6 mois.
KRAFT et MELNICK (145, 204, 206), ont montré que chez le chimpanzé comme chez l'homme, une infection par un type donné de virus pouvait à côté de l'augmentation ou de l'apparition d'anticorps déviant le complément, de type homologue, provoquer à un taux plus faible, l'apparition ou l'augmentation d'anticorps de type hétérologue. Il pourrait s'agir d'un rappel anamnestique d'infections passées par des virus de types correspondants. Nous avons pu observer ces phénomènes lors d'enquêtes
épidémiologiques pratiquées en France.
IMMUNS SERUMS
La souris blanche est l'animal le plus couramment utilisé pour la préparation d'immuns sérums de référence. La technique d'immunisation dont les détails varient avec les différents auteurs, consiste le nlus souvent en 3 inoculations intra-
péritonéales par semaine pendant 3 semaines, de broyats de
RES ue
souriceaux infectés, rendus bactériologiquement stériles par
l'adjonction d'’antibiotiques.
Chez le lapin, avec les souches France 50-328 et 50-358, nous avons obtenu des immuns sérums satisfaisants pour le test de neutralisation ; par contre, ils sont inemployables, car fortement antisouris, dans la déviation du complément où ils réagissent avec les antigènes préparés à partir de souriceaux normaux. Voici la technique que nous avons employée : 3 injections par semaine, de 10 cc. d'émulsion au 1/10 sont pratiquées par voie intra-péritonéale pendant un mois. Après 10 jours de repos, les animaux reçoivent une injection de rappel de 10 cc. précédée une demi-heure avant pour éviter le choc, d'une injection de
2 cc. de Néoantergan mélangés à 5 cc. d'émulsion à 10-.
MELNICK et ses collaborateurs ont obtenu des résultats satisfaisants avec des singes de différentes espèces inoculés par voie
parentérale et avec le Cynomolgus par voie orale (192, 195).