INCIDENCE PAR AGE
Il faut insister ici sur le fait que le nombre d'essais d’isolement à partir d'enfants, est beaucoup plus élevé qu'à partir des adultes chez tous les auteurs. CURNEN, sur 56 isolements, a trouvé 57 % au-dessous de 10 ans, et 86 % au-dessous de 20 ans. Le plus vieux malade avait 60 ans et le plus jeune 2 mois. Ceci correspond entièrement aux travaux de DALLDORF et GIFFORD (57) et de CoLE et ses collaborateurs (33).
DISSEMINATION
Comme pour le virus poliomyélitique, nous connaissons mieux la façon dont le virus sort de l'organisme que la façon dont il y rentre. L'infection à virus C. est, pour la plupart des auteurs, essentiellement une infection de contact humain.
Le virus peut être présent dans les sécrétions pharyngées pendant des jours et peut être excrété dans les selles pendant de nombreuses semaines. Alors qu'au stade aigu de la maladie, une infection isolée est toujours concevable, l'extension de l'infection en période de convalescence résulte de la transmission à partir des selles.
La résistance extraordinaire de ces virus en dehors de l'hôte qui les nourrit, ainsi qu'à l'action de divers produits chimiques, favorise leur dissémination. S'il est vrai que l'homme lui-même est la source, le réservoir et le transporteur principal de l'infection, tout permet de supposer qu'elle est aussi propagée indirectement par la contamination de l'eau et des aliments.
Bien qu'aucune preuve n'en ait été rapportée, la réalité d'une virémie dans l'infection à virus C. permet l'hypothèse d'une
transmission par insectes hématophages.
Enfin, en 1952, FREUDENBERG, ROULET et NICOLE ont décrit un cas d'infection congénitale (85) : il s'agissait d’un nourrisson de 2 jours présentant une fracture du fémur droit et une luxation de la hanche gauche, lésions anciennes, manifestement survenues in utero. Une biopsie pratiquée 7 mois et demi après, révéla une myosite des adducteurs gauches ressemblant en tous points à celle que produit expérimentalement le virus C. D'ailleurs un virus fut isolé des selles et du muscle de l'enfant. Fait curieux, le pouvoir neutralisant des sérums de l'enfant et de la mère, s'avéra extrêmement faible sinon nul. Les auteurs concluent : « Le virus n'a pu pénétrer chez le fœtus que par voie
sanguine ou placentaire. Ainsi une telle infection est une preuve
formelle de l'existence d'une virémie lors des infections à
virus CS
Il est certain que si cette observation venait à être confirmée, cela ouvrirait des vues nouvelles sur bon nombre de malfor-
mations congénitales d'étiologie encore indéterminée.
ETENDUE DES EPIDEMIES
Les cas d'infection par virus C. peuvent se produire aussi bien parmi les membres d'une même famille (5, 71, 112, 116, 123, 192, 254) ou d'une communauté (9, 116, 123, 137), que dans des groupes étendus de la population (9, 39, 40, 71, 137, 150, 282).