AVERTISSEMENT
Nous accomplissons le désir d^ Godefroid Kurth en publiant, comme son testament patriotique, les dernières pages qu'il ait écrites. Lorsque la mort le surprit, le 4 janvier 1916, il avait entièrement achevé les cinq preniiers chapitres du Guet-apens prussien en Belgique, et les avait confiés à M. Eug, Bâcha, conservateur des manuscrits à la Bibliothèque Royale.
Dans la pensée de l'auteur, ces cinq chapitres formaient un tout complet se suffisant à luimême. Mais Godefroid Kurth entendait bien y donner une suite.
Il avait réuni et classé des matériaux pour une série d'autres chapitres, dont il avait déjà
tracé le plan et rédigé certaines parties. Ces ébauches portent les sous-titres que voici :
[Chap. VI.] Comment l'Allemagne a calomnié le Gouvernement belge ;
[Chap. VII.] Comment TAllemagne a calomnié la Belgique.
[Chap. VIII.] Comment l'Allemagne a traité la Belgique.
[Chap. IX.] La légende des francs-tireurs.
[Chap. X.J Comment l'Allemagne calomnie les femmes belges.
[Chap. XI.] Cynisme et résipiscence.
Nous avons cru devoir ajouter en appendice les trois premiers de ces chapitres, dont le premier était entièrement rédigé et les deux suivants relativement fort avancés.
Si éloignés soient-ils encore de la forme que Fauteur s'apprêtait à leur donner, ils contiennent des pages qui méritent d'être sauvées de l'oubli.
L'étude sur Aerschot, qui termine le volume, est une monographie indépendante, un épisode des événements qui font le sujet de l'appendice II. L'auteur Ta rédigée après une enquête personnelle et sur des témoignages
écrits, qui composent un volumineux dossier du plus poignant intérêt.
Godefroid Kurth a apporté dans ces pages son émotion d'homme, son cœur de patriote et sa critique d'historien. La vue claire du passé qu'il devait à ses veilles laborieuses lui permettait de la transporter jusque dans l'avenir, et, en 4915, il n'hésitait pas à écrire en parlant de l'Allemagne : Aujourd'hui, vaincue, humiliée... (1). Il pressentait, dans la certitude de son génie, la débâcle finale.
Ainsi est mort Godefroid Kurth, les yeux fixés sur la Victoire qu'il voyait s'avancer, et il n'est plus là pour assister à nos lendemains de paix, mais son nom et son œuvre continueront d'élargir leur lumière sur la terre patriale qui fut la sienne et en l'avenir de laquelle, il avait une foi invincible.
Les Éditeurs,
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