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C. —— Action du gui sur l’appareil digestii et toxicité du gui.
Nous avons vu que les anciens auteurs attribuaient au gui une action purgative manifeste. Brassavolus et Pline, en particulier, en firent mention. Plus près de nous, Lemery considère cette action comme très violente, entraînant une inflammation considérable au niveau de la muqueuse stomacale et intestinale. Le Docteur Cazin doute cependant de cette
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action drastique, et il invoque comme preuve qu'il avale impunément une quinzaine de baies de gui. Il faut cependant reconnaître l’existence de cette action, comme le prouvent :
une ancienne coutume des paysans des Vosges — ceux-ci donnent, en effet, du gui à manger à leurs animaux malades, pour les purger —, les expériences de Dossin et Îles
accidents légers (très rares) que l'on peut observer au cours du traitement par le gui.
En ce qui concerne la toxicité du gui, il semble que lon doit la considérer comme assez faible, si du moins l’absorption en est faite par les voies digestives. Tel n’est cependant pas l'avis des premiers auteurs (Nicander, Dioscoride et Paulus Eginète, en particulier), qui considéraient le gui comme violemment toxique. Pour Gerrard, «la glu est si acide et brûlante qu'elle enflamme et brûle les intestins comme le feu, et sa viscosité les agglutine tellement entre eux que les matières excrémentilielles ne peuvent plus être expulsées ». Dixon a signalé -un cas d’empoisonnement par le gui; le sujet avait, semble-t-il, avalé un nombre considérable de baies. René Gaultier ne réussit pas à empoisonner ses animaux par la voie digestive. Dossin fut plus heureux; il faut cependant considérer qu'il introduisit la drogue directement dans le duodénum. Certains de ses animaux sont morts rapidement après la manifestation de diarrhée profuse et de convulsions. L’autopsie révéla des phénomènes congestifs et inflammatoires très importants tout le long du tractus digestif.
Par contre, si on s'adresse à la voie intraveineuse, la toxicité du gui paraît beaucoup plus grande. Il est encore intéressant de signaler que le pouvoir toxique varie suivant l'hôte du gui, et on aurait ainsi une preuve de l'affirmation — longtemps mise en doute — que la nature de l'arbre, ou, plus exactement, la sève nourricière de ce dernier, aurait une influence sur les qualités biologiques du gui. Bonnamour et Niquet ont signalé ce fait, et Bardier et Martin Sans ont démontré expérimentalement cette variation de toxicité,
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L'intoxication par le gui se produirait ainsi : d’abord, apparition de troubles respiratoires (ralentissement et dyspnée), bientôt suivis de contractions intestinales violentes S'accompagnant d'émission d'urine et de matières fécales. Puis, après une période de malaise, l'animal tombe dans un véritable état de «pseudo-narcose ». Le cœur devient plus ou moins arythmique et la pupille se rétrécit, La respiration s'arrête peu après, tandis que des convulsions cloniques apparaissent. Enfin, la mort survient après une accélération considérable des battements cardiaques.
Nous sommes obligé de reconnaître que tels étaient les symptômes des accidents que Dixon observa chez son empoisonné. Antonini et Fubini rapportent, dans leur travail sur l’action pharmacologique du gui, quelques faits du même ordre que nous n hésitons pas à mettre sur le compte de la toxicité particulière du gui de peuplier. Il semble, en effet, à l’examen du tableau des résultats obtenus au cours des expériences de Bardier que ce serait Justement le gui de peuplier qui posséderait le plus grand pouvoir toxique. Ce point particulier est très important à connaître au point de vue pratique, car il montre qu'il faut tenir compte de l'hôte pour la posologie de l'extrait. i