‹ Le guidage pour l'extraction des projectiles: Contribution à l'étude de quelques instruments utilisés pendant la guerre de 1914-1916Chapitre 32 sur 33 · INDICATIONS · texte numérisé non relu

INDICATIONS

D’après cette étude relative à quelques-uns des instruments employés pour le guidage, on voit qu'il est possible, pour le chirurgien et le radiologiste, de faire un choix aussi bien dans les méthodes que dans les instruments ; mais, avant de se prononcer, une . question se pose : est-il nécessaire d'user de guidage ? En toute rigueur, la réponse est affirmative pour tous les cas quels qu'ils soient si l'on veut mettre de son côté le maximum des chances de suc. cès, mais c'est là un point de vue par trop théorique dont l’adoption aveugle, par principe, aboutirait souvent à des pertes detemps et à des inutilités pratiques.

À côté des indications, y a-t-il donc des contreindications du guidage ? D'une façon formelle, prohi-

bitive, non, car il n’y a aucun danger ou inconvénient tenant au guidage, proprement dit. Abstention veut donc, seulement, dire inutilité et, dans ce genre, les cas rentrent nombreux : ils sont constitués par des projectiles superficiels, gros ou assez gros, mobilisables par exemple par palpation tégumentaire et dont la taille ne descend pas, en moyenne, au-dessous de la grosseur d’un grain de maïs ou d'une len-

ASE) A NS

tille ; plus volumineux, mais plus profonds déjà, leur extraction ÿe fera également sans instruments spéciaux s'ils sont bien définis par un repérage exact, géométrique, doublé d'indications claires de situation anatomique. Tous ces cas constituent la majorité où la complication opératoire n’est pas de mise et ne donnerait pas une sécurité tellement plus considérable qu’elle serait par là même justifiée. |

Mais, pour les cas plus difficiles, l'intérêt du guidage reprend ses droits et, dans les circonstances extrêmes, devient même indispensable : il s’agit de projectile petits (grain de blé) profondément situés ou placés dans une région où il est nécessaire de ne pas tâtonner, cou par exemple, ou bien encore c'est : affaire d'inclusion intra-osseuse du métal et la trépa- - nation préalable doit être faite juste à l'endroit voulu : à quel guidage s’adressera-t-on alors ? L’un d'eux sera-t-il à préférer uniquement aux autres ? Nous ne le croyons pas,car chaque méthode possède certains avantages, mais a des inconvénients ou une impuissance partielle qui lui retire la palme de la perfection. Ro

Une des supériorités du guidage mécanique est qu'il peut s’adressser aux, projectiles les plus divers . quant à leur nature métallique :-leur extrême petitesse seule ou leur mobilité en restreindront l'emploi. qui deviendrait un peu aléatoire ; la proximité de. plusieurs éclats devient enfin gênante ici du fait des nombreux points de repère cutanés qui voisinent et où il devient difficile de s'y reconnaître ; mais ces

PPT

restrictions ou ces gènes ne diminuent qu’assez peu les possibilités d'application d’un compas,si bien que la sûreté et la généralité du guidage mécanique lui donnent une avantage certain.

Les méthodes électriques (sonnerie ou sonde de Hedley), séduisantes, laissent, malgré leurs ‘récents perfectionnements, {POP d'aléas pour les voir utiliser systématiquement et seules ; elles seront plutôt d’excellenis et précieux adjuvants combinés avec une autre méthode où l’entre-aide sera mutuelle (avec le contrôle sous écran en particulier) ; elles peuvent être, en outre, utiles comme moyen de contrôle indiquant la nature d’un corps étranger trouvé dans la profondeur et dont on ne continuerait l'extraction opératoire qu'une fois cetie nature bien déterminée.

L’écoute à distance par téléphone serait presque la perfection, son champ assez limité mis à part, mais elle comporte un vice irrémédiable ou presque : c'est d’être indifférente vis-à-vis des métaux paramagnétiques ; ces métaux sont heureusement assez rares dans la moyenne des projectiles,ce qui rachète beaucoup l’imperfection des instruments.

Nous en dirons autant de la méthode électromagnétique vibratoire, elle est liée au ferromagnétisme du projectile,c'est à peu près son seul inconvénient, racheté en grande partie par sa rapidité très grande d'investigation.

Reste enfin la méthode d'extraction par guidage radioscopique ; s'adressant à n'importe quel métal, tout comme le guidage mécanique, elle va plus loin

equier

en souplesse, permettant de mieux choisir la voie d’abord optima, très indirecte, s’il le faut, poussant moins à « percer un tunnel ». Mais surtout sa puis-. sance va très loin contre les minuscules fragments de métal qui risquent d'échapper ou échappent même aux autres méthodes et, cela, quelle que soit la profondeur ; après une pratique radiologique de guerre assez longue, c'est encore à elle que nous donnerions la préférence, mais, en n’oubliant pas ses dangers possibles pour les opérateurs, nous associant à l’a vis suivant qui met bien en relief la supériorité du contrôle par l'écran: «avec cette technique, sauf indication opératoire mal posée obligeant à arrêter la recherche devant un obstacle physiologiquement insurmontable, anomalie anatomique ou accident impossible à prévoir, telle qu'alerte anesthésique grave,.on ne conçoit pas la possibilité de manquer le but, puisque l'opérateur pourra redemander la bonne voie aussi souvent qu’il laura perdue. Guidé pas à pas, quels que soient la situation, la nature et le volume du projectile qu'il a décidé d’attaquer, il est certain de l’extraire, et la confiance morale que donne cette certitude est loin d’être négligeable » (L. Ombredanne et R. Leroux-Lebard).

Page 1