A PROPOS DE L’'ADAPTATION
en lumière colorée
Que l’on procède à une extraction de projectile sous le contrôle direct de l’écran (avec alternance de lumière êt d’obscurité) où grâce aux indications données par un observateur (radiographe coiffé d’un fluoroscope), il y a nécessité à ce qu'entre les intervalles d'émission de rayons X le ou les observateurs ne perdent pas le bénéfice de l'adaptation qu'ils possèdent pour bien observer l’image donnée par . l'écran. Dans ce cas le mode d’éclairage à adopter jouera donc un grand rôle.
Aussi, pour arriver au résultat voulu (garder une bonne adaptalion et même l’acquérir au besoin), différents procédés ont été proposés et utilisés; on ne pouvait songer à réduire beaucoup un éclairage en lumière blanche dans la plupart des cas, aussi ona tenté de tourner la difficulté en substituant à la lumière blanche un éclairage coloré, monochromatique même, du champ opératoire, soit encore, en substituant à l’écran un verre teinté pour que, dans les intervalles d'observation, le radiographe puisse
y voir tout en gardant une bonne adaptation vis-àvis de l’écran.
Mais, ici, les avis se partagent lorsqu'il s’agit de se prononcer en faveur” de telle ou telle couleur à adopter : les uns la veulent violette ou bleue, et c’est la majorité, certains ont employé la lumière verte réduite, d’autres, enfin, l’exigent rouge. Les partisans du violet ou du bleu foncé soutiennent qu’en tel éclairage l’adaptation est aussi bonne qu’en pleine obseurité. Le rouge (Bergonié en particulier) ne serait-il pas, au contraire, préférable si la lumière de l’écran est verte? Dans ce dernier cas on tenterait de réaliser un effet maximum de contraste (le rouge et le vert étant couleurs complémentaires).
Il nous a paru intéressant de faire quelques recherches à ce sujet et voici les résultats que nous avons pu obtenir’avec les moyens mis à notre disposition :
La lumière de l'écran est-elle verte ou blanche ? Une première analyse faite avec un spectroscope à réseau de Rowland la montre constituée par une étroite bande verte, sensiblement encadrée par les deux bandes vertes données par la flamme d’alcool boriqué ; par la suite nous avons réalisé des mesures plus précises avec un spectroscope à prisme muni d’un micromètre, et avons mesuré, par la même occasion, quelques verres Ou écrans colorés employés sur différents types de fluorcscopes. Voici les résultats constatés : | |
Écran fluorescent au platinocyanure de Baryunm (illumination brillante par proximité du focus et passage de 5.millis dans l’ampoule).
Bande lumineuse verte comprise entre les divisions 100 et 150 du micromètre.
Correspondance approchée en unités Angstrôm : de 5.500 à 5.100 A.
(A noter que, suivant la provenance de l'écran, il peut y avoir de petites variations faibles dans la situation spectroscopique de la lumière émise.)
Gélatine teintée en violet (écran du manudiascope).
Tout le spectre passe. Une bande d'absorption s'étend de la division 52 à la division 140 du micromètre:
Correspondance approchée en unités Angstrôm de cette bande : 6.200 à 5100 unités À.
(La raie rouge du lithium est très visible à travers l'écran.)
Verre bleu cobalt (bleu électrique). |
Tout le spectre passe, sauf deux bandes d'absorption situées :
Première bande : de 20 à 85 au micromètre (6 800 à 1.700 unités A). |
Deuxième bande: de 100 à 160 au micromètre (5.500 à 4.800 unités A). ù À
(La raie rouge du lithtate n'est pee visible à travers le verre.) |
Verre rouge rubis photographique.
Le rouge et l’orangé passent. Absorption de tout le reste du spectre.
Gélatine colorée à l’éosine (2 épaisseurs).
Tout le spectre passe sauf une bande s'étendant ‘entre 8otet 215 au micromètre (5.700 à 4.500 unités A).
D’après ces constatations ilrésulte quéles différents verres ou écrans sélecteurs adaptés aux quelques types de fluoroscopes étudiés ne répondent pas entièrement au but théorique proposé (excepté cependant le verre rouge rubis). Les sélecteurs bleus
ou violets laissent aussi filtrer du rouge, voire même du vert.
Pour étudier les: vitesses et valeurs d'adaptation
en lumières monochromatiques différentes il nous
Spectre normal
Fur 5 gauche]
| Spectre de l'écran
4 äu Platine -cœanure
Filtre violet en
gélatine teinlee
filtre bleu
(er! Neu elec rique)
Ftre ; OS | en
gélatine Este: à L'ecine
HR un
Fig. 25
Ces différents spectres sont orientés : le Rouge à gauche le Violet à droite.
en II. — La bande lumineuse est située dans le vert.
en LI. — Absorption du jaune et du vert. ;
en IV. — Il passe : l'exirême rouge, une bande verte, le bleu et le violet.
en V. — Absorption du vert, du bleu et de l'indigo.
manquait ainsi des filtres efficaces pour obtenir la. couleur voulue à l'état pur. D'ailleurs la difficulté de se procurer de Lels écrans colorés monochromatiques est grande, sans compter qu’il faudrait également
procéder à des comparaisons photométriques de
Ed couleurs différentes, avec un photomètre à scintillation, par exemple, pour éliminer la grandeur: quan- .tité de lumière, et n’avoir à s'occuper que de /la caractéristique hauteur vibratoire de la radiation. étudiée.
Mais, en ce qui concerne la pratique, nous avons constaté l'effet suivant : l'adaptation paraît faible et très lente dans le rouge, l'intérêt de cette couleur est qu’elle conserve bien une adaptation acquise au préalable (De Keating-Hart).
Pour le violét ou le bleu, ladaptation est excellente, s’acquiert presque aussi rapidement qu'à l’obscurité et le gain réalisé persiste naturellement’; dans ce dernier cas, le résultat constaté est-il dû seulement à la couleur employée, ou simplement à la réduction lumineuse globale, où aux deux à la fois? . Ne pouvant nous prononcer, nous en resterons sur cêtie conclusion empitique,mais pratique: la lumière violette semble être plus avantageuse que !a lumière
rouge.