‹ Le guidage pour l'extraction des projectiles: Contribution à l'étude de quelques instruments utilisés pendant la guerre de 1914-1916Chapitre 6 sur 33 · LE COMPAS DE HIRTZ · texte numérisé non relu

LE COMPAS DE HIRTZ

La très bonne description donnée par l’auteur peut se résumer ainsi: Trois branches métalliques pivotant autour d’un centre O peuvent être bloquées dans des situations angulaires variables par un écrou à oreilles situé sous l’axe. Sur chacune de ces branches, immobilisables par vis de pression, coulisse à frottement

ZLISTOUNE

doux une pièce métallique munie d’une tige perpendiculaire au plan des branches et qui elle aussi s’immobilise à volonté par une vis ; chaque tige présente un méplat gradué millimétriquement sur toute la longueur.

Fig. x

Compas de Hirtz

L’axe O perforé, ainsi que l’écrou à oreilles, laisse passer à frottement une sonde munie d’une butée fixe D limitant la descente de cette sonde : celle-ci étant à fond de course et les trois tiges au zéro, un plan passant par trois points contient également la quatrième. | |

Primitivement le compas était tel; mais, depuis, une heureuse modification y a été apportée par

RDS L'US l’adjonction d’un arc de cercle portant également un bloc coulissant à course réglable ; on peut ainsi à volonté laisser la sonde à son emplacement primitif ou bien l’adapter dans le bloc de l’arc métallique.

L’instrument une fois réglé (par la méthode radiographique qui lui est spéciaie et que nous ne décrirons pas, bien connue qu'elle est), une fois stérilisé par flambage, est appliqué sur la région opératoire où se trouvent marqués trois points de repères cutanés fixés de façon durable au moment de la prise du cliché à double image qui a servi à faire la localisation ; on amène les pointes des tiges au contact des points qui leur correspondent ; la sonde laissée en place, ou disposée sur l'arc, orientée au gré du chirurgien, le mène, en direction et profondeur, sur le corps étranger qui apparaît contre la pointe de la sonde lorsqu'elle butte à fond de course.

Ce compas, extrêmement précis dans ses indications, permet, comme on le voit, d’ahorder facilement un projectile directement ou indirectement : directement par le point situé exactement au-dessus de lui, indirectement (grâce à l’arc) par un poini latéral quelconque situé à l’intérieur. ou à la périphérie d’un cône dont le projectile occupe le sommet. |

De plus, sans compter une vérification de justesse de localisation par une deuxième radiographie, il permet de s’assurer de l’exactitude du réglage et du repérage : les trois pointes du trépied doivent coïncider exactement avec les repères cutanés (Hirtz).

PPT Mes

Les résultats signalés sont d’ailleurs là pour montrer la valeur du compas ; entre les mains de son auteur, les succès atteignent 97 à 98 0/0 (sur 7.000 extractions, 1915); 90 localisations, 88 succès (Ménard, fév. 1915) ; 32 localisations, 32 succès (Desplas et Chevalier,nov. 1Y15), ces derniers ajoutent même: « grâce au compas l'extraction devient un exercice de médecine opératoire avec des repères mathématiques inflexibles qui échappent aux anomalies anatomiques trop fréquentes ». Auvray (1915) vante les avantages du compas de Hirtz (à noter que cet auteur se sert d’un arc plus long).

Le support guide de Hirtz. — L'auteur a décrit, en juillet 1916, un accessoire de grande utilité pour l'extraction des projectiles intracérébraux; il consiste en une petite tablette mobile, orientable; le simple examen de la figure suffit à faire comprendre

Fig, 2 Support-guide de Hirtz

le mécanisme de ce guide, il permet grâce aux indications objectives de la sonde du compas de disposer dans le plan du projectile la surface mobile du guide. La tête dn blessé étant mise en bonne position et

Hg calée, le guide approché d’une zône de trépanation réalisée auparavant, l’orientation exacte déterminée par l'application du compas, il suffit de faire glisser une pince sur le plan de la tablette, pour, sans sortir du plan défini, aller chercher sous contrôle d’écran

le métal à enlever.

LE REPÉREUR MARION-DANION

L'appareil imaginé par les Dr: Marion et Danion comprend, en réalité, deux parties bien distinctes : un repéreur à proprement parler, et un compas qui s'adapte sur le bâti du repéreur et se règle d’après la localisation presque matérialisée, pourrait-on dire, par la technique employée (La localisation, réalisée grâce à une radiographie double, se fait au moyen d’une croisée de fils indiquant dans l’espace la situation du projectile par rapport au plan du cliché). Le compas proprement dit est fait d’un support courbe demi rond aux extrémités duquel se détachent deux règles carrées dirigées à l’intérieur du compas (ces réglettes sont graduées). Un curseur immobilisable à volonté glisse sur chacune de ces réglettes, chaque curseur supporte uné tige verticale mobile que l’on peut fixer à la longueur voulue (elles constituent des tiges repères). En un point de la périphérie de l’arc se détache une tige horizontale mobile qui maintient, par l'intermédiaire d’une rotule, une tige pointue glissant dans un tube, la

Hz

descente de cette tige est d’ailleurs limitable par une butée mobile; c'est cette dernière tige qui sert de guide dans la recherche du projectile ; son mode de

Fig. 3 Répéreur Marion-Danion (d’après Marion)

fixation, comme on le voit, permet une très grande. facilité d'orientation. Les deux tiges-repère sont réglées, de leur côté, pour venir reposer sur deux points de repère cutanés déterminés et marqués au moment de la prise du cliché radiographiqüe.

Dans certains cas, il y a intérêt à adjoindre au compas une troisième tige-repère mobile qui donne - plus destabilité à l'instrument et plus de précision au guidage, ce qui est surtout intéressant pour l’extraction des projectiles intracérébraux.

Fig. 4 Compas de Marion isolé

La réputation du compas de Marion-Danion n’est plus à faire. L’instrument a donné toute satisfaction, dans de nombreuses formations, à ceux qui l’emploient. Les statistiques des succès sont très bonnes: déjà, dès le début de. la guerre, l’auteur signalait 53 succès d'emblée sur 58 projectiles repérés : et, dans le nombre des extractions négatives, faut-il encore tenir compte de trois projectiles dont la recherche a été abandonnée pour difficultés opératoires pures ou causes anatomiques.

Ajoutons, pour terminer, que l'appareil se prête

fort bien au contrôle d’exactitude du repérage: ce J. Pierquin E 2

Page 1