‹ Le guide de l'ame en retraiteChapitre 106 sur 193 · III. POINT · texte numérisé non relu

III. POINT

Considérez que l'utilité de cet examen dépend de la pratique constante des points suivants.

4. Du choix de la vertu ou du vice qui doit servir de matière à l'examen; sur quoi vous remarquerez qu’il faut ordinairement commencer par les vices qui paraissent à l’extérieur, et qui peuvent mal édifier le prochain, puis attaquer les vices qui causent plus de désordre dans votre intérieur, et enfin passez aux vertus qui vous sont plus nécessaires; mais pour ne vous point tromper en ce point, il est bon de consulter votre directeur, vu principalement que la première chose dont vous lui devez rendre compte, c’est votre examen particulier.

9. Du désir efficace et constant d'acquérir une exeellente pureté de cœur pour la gloire de Dieu. Car si ce désir se

trouve faible en vous, il répandra sa langueur et sa tiédeur dans votre examen à votre grand préjudice.

3. De la ferveur avec laquelle vous prenez votre résolution dès le matin. Car si elle est grande, elle étendra sa vigueur à toutes les parties du jour, vous rendant plus vigilant, plus attentif et plus soigneux d'éviter les fautes que vous pourrez commettre. Au contraire, si elle est peu considérable, vous ferez beaucoup d’imperfections sans y faire réflexion, ou sans en avoir un assez sensible regret.

4. De l'exactitude avec laquelle vous faites la recherche de vos fautes, et vous en marquez le nombre.

Saint Ignace, qui conseille cette pratique, la garda si constamment, que, le jour même qu’il mourut, il marqua sur la ligne qu'il avait tirée le nombre des omissions qu’il avait faites des actes de la vertu qu’il s'était proposée.

Le père Dupont assure qu'un religieux de sa compagnie garda la même fidélité jusqu’au jour qui précéda sa mort, tenant à grand honneur d’imiter en cela son saint fondateur, qui avait fait la méme chose; ce sont ses termes (1). L'exemple du père Jean de Cannas, qui mourut au collége de Malaca, en l’année 1596, est fort remarquable en ce point; car on trouva après sa mort un journal, où il avait marqué exactement jour pour jour les fautes de son examen particulier, qu'il avait fait l'espace de trente ans, sans y manquer un seul jour, comme témoigne le père Lancicius dans un de ses opuscules.

5. Du soin que vous apportez à veiller sur vous, de peur de tomber dans le vice dont vous voulez vous défaire, et de la grandeur de la douleur que vous concevez à chaque fois que vous vous apercevez d'y être tombé, frappant secrètement votre poitrine à l'heure même, et demandant pardon à Dieu. Car ce vif sentiment de douleur lui plaît extrêmement,

(4) Joannes Ortunius apud P. Dupont in vita P. Balthazas, c. 30,

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