III. POINT
Notre- Seigneur ne pouvait craindre la colère de Dieu pour Sa personne; mais il la craignait pour nous durant sa vie mortelle ; et il est encore sur nos autels en état de suppliant pour l’apaiser. Quand le corps est menacé de quelque mal, les membres tremblent naturellement pour la tête; mais ici Notre-Seigneur, qui est notre chef, tremble pour nous qui sommes ses membres. Il voit, dans cette pauvre âme, une mauvaise habitude qui la perdra, si elle ne s’en corrige. Il voit l'éternité du bonheur ou du malheur qui nous attend, et celte vue qui le tenait dans un grand tremblement durant sa vie, le tient encore dans un état d'humiliation, jusqu’à la fin du monde dans la divine Eucharistie, pour le grand amour qu’il nous porte. Hé! mon Dieu, je suis entre le paradis et l'enfer, entre le ciel et l’abîme, entre l'éternité bienheureuse et malheureuse; est-il possible que ce danger ne fasse aucune impression sur mon esprit? Le Fils de Dieu ne tremblait pas pour lui, mais pour nous. Pourquoi ne craindrons-nous pas nous-mêmes, puisqu'il y va de notre intérêt ? Crains Dieu, mon âme; cette crainte ne trouble point le cœur qui est rempli d'amour. Elle le calme, elle l’affermit dans le bien, elle le rend en quelque façon impeccable, et enfin elle le fait courir à grands pas à la perfection.
DU TROISIÈME JOUR
L'esprit de Jésus est un esprit de mortification.
« Jechâtie mon corps, et jele réduis en servitude, » PICOR 9027