‹ Le guide de l'ame en retraiteChapitre 151 sur 193 · I. POINT · texte numérisé non relu

I. POINT

Considérez que la sagesse de Jésus est élevée au dessus de toutes les lumières de la nature. I] y a dans notre esprit cinq sortes de lumières fondées sur cinq sortes de vie : vie végétale, vie sensitive, vie civile, vie raisonnable, vie céleste et

surnaturelle. La première lumière qui est fondée sur la vie végétale, nous montre le bien utile et les commodités nécessaires à la nourriture du corps. La seconde, qui est fondée sur la vie sensitive, nous découvre le bien délectable et le contentement des sens qui ne vivent que de plaisir. La troisième, qui est fondée sur la vie civile, nous fait voir le bien honorable et l'avantage qu’il y a d’être dans l'estime des hommes. La quatrième, qui est fondée sur la vie raisonnable, nous met devant les yeux le bien de la vertu purement morale, qui ne passe pas les bornes de la nature et de la raison humaine. La cinquième, qui est fondée sur la vie de la grâce, vie céleste, vie toute surnaturelle, nous propose les vertus théologales et les vertus infuses, avec les dons du Saint-Esprit, dont l'exercice et la pratique sont nécessaires au chrélien pour parvenir à sa fin et au salut éternel. Car de croire que Dieu nous récompense dans le ciel, pour le soin qu’on a eu d’amasser des richesses, de satisfaire les sens et d'acquérir de l'honneur ou des vertus purement morales et naturelles, ce serait une illusion. Ce n’est point ce que le Fils de Dieu, qui est la sagesse incarnée, nous est venu apprendre par ses paroles et ses exemples. Il n’a point recherché l'honneur du monde, ni les plaisirs, ni les richesses de la terre ; ilne nous a point appris à les chercher ; il n’a jamais eu en vue que la plus grande gloire de son Père céleste et le salut de nos âmes; il ne nous a jamais recommandé que ces deux choses, dans la poursuite desquelles consiste toute la sagesse chrétienne, qui n'est autre chose qu’une divine habitude qui dispose notre entendement à choisir, et notre volonté à poursuivre en toutes choses ce qui est plus pour la gloire de Dieu, pour l’accomplissement de sa sainte volonté, et pour notre salut, et quiles détourne de toutes les autres considérations et affections mondaines et sensuelles ou simplement humaines, chose qui surpasse toutes les forces de la nature. C’est à vous, Ô mon trèsaimable Sauveur, que nous en sommes uniquement redeva-

liée.

bles ; c’est vous qui nous avez apporté ce riche don du ciel ; c'est vous qui en êtes la source ; c’est en vous que je l’adore et le révère.

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