‹ Le guide de l'ame en retraiteChapitre 157 sur 193 · I. POINT · texte numérisé non relu

I. POINT

Jésus, dans le sein de son Père, est un Verbe dominant, et en cette qualité il est l’objet de notre obéissance. Le propre du sage est d’ordonner, et Jésus est la sagesse incréée. Il est le bras du Père, avec lequel il a fait toutes choses. Sa toutepuissance lui donne donc le droit de commander et de régner sur toutes choses. Il est la parole du Père, qui se fait entendre jusque dans le néant (1). Il faut donc que les vivants l’écoutent, puisque les morts mêmes lui obéisseni. Le Père éternel nous le commande. C’est la loi éternelle, il faut que tout le monde la reçoive. C’est le Fils bien-aimé, il faut lui rendre son obéissance (2), comme à notre roi légilime qui a commis son autorité à nos supérieurs, et qui nous déclare ses volontés par leur organe: Qui vous écoute m’écoute (3).

(1) Rom, 4, 17. — (2) Math. 3, 47. — (3) Luc, 10. 16,

Paroles saintes, qui nous apprennent quatre maximes importantes.

La première, qu'il ne faut pas regarder dans le supérieur, ni sa prudence, ni sa vertu, ni son crédit, ni sa faveur, mais seulement la personne de Jésus-Christ qu’il représente.

La seconde, qu'il ne faut point établir et appuyer notre obéissance sur notre intérêt, ou sur notre goût, ou sur notre jugement, ni obéir par complaisance, ou par crainte, ou par amitié, ou par respect humain, mais seulement par le motif du pur amour que nous avons pour Jésus-Christ.

La troisième, qu’on doit prendre la volonté du supérieur comine la volonté de Dieu, non parce que sa conduite est douce , charitable, juste et désintéressée, ni parce qu’il est grand serviteur de Dieu, mais parce qu’il est son interprète, et que c’est par lui qu’il nous parle.

La quatrième, que l’action d’obéissance ne tire pas son prix ni de l'éclat et du succès qu’elle peut avoir, ni de son importance, ni de son utilité, mais de ce que c’est la volonté de Dieu, sans laquelle les plus grandes actions ne sont rien, et avec laquelle les plus petites sont très-considérables.

Examinez-vous sérieusement là-dessus, et voyez si vous réglez votre obéissance sur ces maximes. Si vous étiez près de rendre l'esprit, pourriez-vous dire : Je n’ai jamais fait ma propre volonté, ou bien ce que disait l'abbé Zozime: Depuis cinquante-deux ans que je suis en religion, je ne me souviens pas d'avoir rompu aucune règle.

If. POINT.

Jésus, dans le sein de sa mère, est un verbe anéanti, et . en celte qualité il est le modèle de notre obéissance. Il nous a voulu tracer en toutes les actions de sa vie un parfait exemple de celte vertu, et nous apprendre qu’elle doit être:

CD

1. Prompte et ponctuelle dans l'exécution, sans différer, sans rien négliger, sans rien omettre.

2. Amoureuse dans l’acquiescement et la soumission de notre volonté, sans murmure, sans répugnance et sans réplique.

3. Humble dans la soumission de notre jugement, qui a peine à s’assujettir au sentiment des personnes pour lesquelles nous n’avons pas d’inclination ou d'estime, à moins que d'’avoir bien dompté notre orgueil.

4. Universelle en toutes choses, grandes et petites, faciles et difficiles.

Jetez les yeux sur votre divin modèle, et voyez si toutes ces qualités ne se trouvent pas en un haut degré de perfection dans son obéissance. Il a exécuté de point en point tout ce qui était écrit de lui, et en mourant il a dit: Tout est consommé. Son obéissance pouvait-elle être plus ponctuelle ? Il est allé au-devant de ses ennemis, pour faire connaître à tout le monde la désir qu’ik avait d’obéir à son Père jusqu’à la mort. Son obéissance pouvait-elle être plus amoureuse ? Il s’est soumis à la sentence d’un méchant juge qui prononçait l'arrêt de sa mort, honorant en sa personne le pouvoir qui lui avait été donné du ciel. Son obéissance pouvait-elle être plus humble ? Enfin, il s’est rendu obéissant en toutes choses depuis le premier jusqu’au dernier moment de sa vie, n’ayant jamais été nn seul instant sans la croix, c'est-à-dire sans souffrance et sans douleur. Son obéissance pouvait-elle être plus universelle et de plus grande étendue. Regardez-vous dans ce miroir, vous y verrez ce que vous devez être el peutêtre ce que vous n'êtes pas (1).

(4) Hebr. 5. 8

DEUXIÈME RÉTRAITÉ. 445

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