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était le désir qu’elle avait de souffrir pour son amour. Ainsi Notre-Seigneur demandant au bienheureux Jean-de-la-Croix ce qu’il désirait pour récompense de ses services, lui répondit qu'il ne désirait: autre chose que la grâce de souffrir et d'être méprisé pour l’amour de lui. Leur désir est de jouir de Dieu, et ce désir les fait languir et souhaiter la mort- avec plus d’ardeur que les mondains ne souhaitent la vie. Ainsi saint Paul disait : Je désire la mort pour voir mon Sauveur et jouir de sa présence (1). Ainsi David soupirait fort tendrement, et disait: Mon âme brûle d’une soif ardente de jouir de Dieu, quand irai-je paraître devant la face de mon Dieu (2) ? Ainsi l'épouse priait qu'on lui donnât des fruits et des fleurs pour l’appuyer et soulager sa langueur, parce que le désir de voir Dieu s’augmente souvent de telle sorte, que non-seulement les saints sentent leurs forces corporelles s’affaiblir et défaillir, mais ils se trouvent quelquefois en danger de perdre la vie. Leur désir est de s'unir à Dieu par l’oraison continuelle et par la sainte communion qu'ils regardent comme le paradis de la terre. Ils y vont avec une faïm indicible, et ils n’en sortent que comme les bienheureux sortent du ciel avec le désir d'y retourner. Tôf, tôt, disait sainte Catherine de Gênes, apportez-mot le pain de la vie. Les eaux ne sortent de la mer qu’avec peine et par de petites veines, mais elles y retournent en foule avec une grande rapidité; ainsi les âmes saintes vont à l’oraison et à la sainte table avec avidité, et si quelquefois elles sont obligées de quitter Dieu pour Dieu, ou s'il se cache pour les éprouver, hélas ! avec quel souci et avec.quelles amoureuses inquiétudes le cherchent-elles, avec quels soupirs le rappellent-elles, avec quels désirs disentelles : Venez, Seigneur, venez au plus tôt, ou comme l'épouse: Venez, mon bien-aimé, cherchons {a solilude, quittons les conversations mondaines, sorions du malin-avant que nous
(13 Phil., 4. — (2) Ps. 44, 3.
soyons empêchés et embarrassés dans les affaires (1). Ah! quand sera-ce que je serai tout à vous, et que vous serez tout à moi. Ou bien, comme dit David, qui me donnera les ailes de la colombe pour m’éloigner des créatures et reposer en Dieu? Ah! que c’est une chose dure que d’avoir à traiter avec les créatures, disait sainte Thérèse, pleurant tendrement et s’affligeant sensiblement, lorsqu'elle se voyait divertie de la présence de son époux par les personnes du monde. O Seigneur ! le souvenir de votre nom est tout le désir de mon ême. Mon dme soupire après vous durant la nuit, et le matin à mon réveil mon cœur se tourne vers vous et ne peut penser qu’à vous (2). Enfin, leur désir est de servir Dieu, de louer Dieu, de parler de Dieu, de lui gagner des âmes, et d’avancer sa gloire et son honneur. Elles ne veulent vivre que pour servir et aider le prochain ; et l’on sait que l’Apôtre désirait d'être anathème pour ses frères, afin de les attirer à Jésus- Christ. Oh! combien font-elles de pénitences, combien versent-elles de larmes, combien trouvent-elles &’inventions, combien de vœux adressent-elles à Dieu pour la conversion des pécheurs !
Ii, POINT.
Imitez ces grands serviteurs de Dieu, et tâchez d'allumer ces vives flammes dans votre cœur. Souvenez-vous qu'un bien infini mérite des désirs infinis; qu'on ne le possède qu’à proportion qu’on le désire, mais qu’on ne le désire jamais parfaitement, que lorsqu'on en jouit parfaitement, et qu’on en peut avoir une jouissance parfaite, qu'on n'en ait en même temps un désir parfait (3). Considérez qu'il n’y a rien qui purifie mieux notre âme et qui efface si bien
(4) Cant, 7. 11.— (2) Is. 26, 8, — (3) S.. Bern., serm, 2 omnium sanctorum,
les taches qui la souillent, ni qui la rende mieux disposée à recevoir Jésus-Christ, qu'un saint désir de le servir, qui est le feu qui doit précéder sa venue (1); que c’est le charme qui l’attire et qui obtient de sa bonté tout ce qu'on demande ; que c’est ce qui lui rend toutes nos bonnes œuvres el nos prières agréables ; que Dieu ne révéla pas ses secrets à Daniel à cause de ses jeûnes, mais à cause de la ferveur de ses désirs (2), et enfin qu’il n’y a rien de plus utile pour la perfection, de plus nécessaire pour le salut, ni de plus propre pour adoucir toutes les difficultés et toutes les peines qu'il faut souffrir dans la poursuite de la vertu ; que c’est le fondement de la vie spirituelle, le progrès et la fin ; que c’est ce qui donne la persévérance, ce qui consomme les saints, et ce qui fait les martyrs sans les faire souffrir le martyre, puisque c’est le plus doux lénitif de leurs souffrances (3).
DU SEPTIÈME JOUR
L'esprit de Jésus ne craint point le mépris.
« N'est-ce pas le fils d’un charpentier ? » MarrH, 13, 55,