SUR LES EXERCICES SPIRITUELS DE S. IGNACE. XXVII
de sainteté qu’elle doit embrasser. Car d’abord « par un ad- » mirable artifice du Saint-Esprit, elle est tellement excitée à la » perfection, qu’elle va la cherchant et remarquant dans les » méditations suivantes de l’Incarnation, de la Nativité, et des » autres mystères de la vie de Jésus-Christ. Et ainsi les se- » mences de la perfection qu’elle jette dans cette contempla- » tion fondamentale, vont croissant secrètement dans les autres, » jusques à ce qu’elles produisent à la fin leur fruit au temps » de l'élection (1). » C’est pour cela que cet excellent maître de la vie spirituelle, ayant mis l'âme dans cette disposition générale de suivre son roi le plus près qu’elle pourra, ne lui suggère point ce qu’elle doit faire en particulier ; mais il lui propose seulement la vie de Jésus-Christ depuis son incarnation jusqu’à sa mort, afin que montant peu à peules degrés de cette échelle mystique, elle recçoive d’en-haut les lumières et les attraits qu’il plaira au Saint-Esprit lui communiquer, tant sur l'état de sa vie, que sur son avancement dans la perfection, et qu’elle « demande à Dieu, selon l'affection qu’elle sentira en elle-même, tout ce qui l’aidera à imiter plus parfaitement Jésus- Christ. » Car tandis qu’elle conservera dans sa vigueur cette généreuse résolution de le suivre partout, il ne peut se faire qu’elle ne tire un profit considérable de la méditation de tous les mystères de sa vie.
Pour donc la maintenir dans ce désir, contre tous les efforts de Satan qui la pourraient affaiblir, il lui propose la méditation « des deux étendards, l’un de Jésus-Christ, notre très-bon roi, » et l’autre, de Lucifer, notre capital ennemi, » dans laquelle il lui représente, d’un côté les piéges et les artifices malicieux dont l'esprit de ténèbres se sert pour attirer les hommes, premièrement à l'amour des richesses, puis à l'estime et au désir déréglé de l’honneur mondain, et enfin à l’orgueil, qui est un superbe sentiment qu’on a de soi-même, d’où lon est aisé-
(4) Director. c. 19, n. 2.