‹ Le guide de l'ame en retraiteChapitre 26 sur 193 · SUR LES EXERCICES SPIRITUELS DE S. IGNACE. XXIX · texte numérisé non relu

SUR LES EXERCICES SPIRITUELS DE S. IGNACE. XXIX

dération et le désir de la gloire de Dieu, la plus grande qui se pourra.

Et parce que cette droiture de cœur et cette parfaite pureté d'intention trouve souvent de grandes répugnances dans la nature corrompue, il lui donne un avis très-important, que, lorsqu'elle sent quelque affection contraire au renoncement effectif de ses biens (de même que pour les autres inelinations vicieuses), «il » est fort utile, pour l’étouffer, de demander à Dieu, non- » obstant la résistance que la chair y apporte, qu'il nous choisisse » pour embrasser cette pauvreté, ne laissant pas de garder la » liberté de prendre le parti qui sera le plus convenable au » service de Dieu. » Car par ce moyen elle se maintiendra mieux dans cette assiette d'esprit si nécessaire en toute délibération qui regarde avec indifférence toutes les choses créées, et ne les fuit ni ne les recherche que par rapport à sa dernière fin, prenant pour règle de toutes ses affections le seul bon plaisir de Dieu.

Enfin, pour la porter jusqu’au plus haut point de la vie illuminative, il lui met devant les yeux trois degrés d’humilité et de soumission à la volonté de Dieu, qui joignent par un merveilleux lien la vie illuminative à la vie purgative dans leur plus grande perfection. Le premier consiste dans une résolution ferme et constante de ne commettre jamais aucun péché qui soit mortel, pour aucun bien que ce soit, ni pour la crainte d'aucun mal qui puisse arriver, quelque grand qu’il soit. Le second consiste dans un ferme propos de ne commettre jamais de propos délibéré un seul péché, même véniel, quelques offres de plus grandes félicités humaines, et quelques menaces de mort qu’on nous puisse faire, et d’être également porté aux richesses et à la pauvreté, à l'honneur et à l’ignominie, à la longue et à la courte vie, quand l’occasion d’y louer Dieu et de nous y sauver sera égale. Le troisième, auquel il faut aspirer après avoir acquis les deux premiers, consiste à choisir plutôt et embrasser la pauvreté, le mépris et la réputation de la folie, que les riches-

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