III. POINT
Considérez comment vous vous comportez envers Dieu dans vos peines et dans vos souffrances.
1. C’estune vertu propre des chrétiens de rendre grâces à leur créateur, même dans les adversités, selon le conseil de l’Apôtre. Cette vertu est fort excellente, dit saint Jérôme, de remercier Dieu au milieu des dangers et des misères, et de dire en tout temps : Dieu soit béni; je sais bien que je souffre moins que je ne mérite ; tout ceci est peu de chose en comparaison de mes péchés ; on ne me punit pas selon mes démérites. C’est là véritablement avoir l'esprit du christianisme, c’est porter sa croix et suivre le Sauveur du monde. Rien n’égale la sainteté d’une âme qui bénit Dieu dans les afflictions; elle n’est en rien différente de celle des martyrs ; elles méritent l’une et l’autre une même couronne. Êtesvous animé de cet esprit (1)?
2. Auriez-vous bien le courage de prier Notre-Seigneur d'augmenter vos souffrances, et de dire avec saint François Xavier : Encore plus, Seigneur, encore plus, ou bien avec David : Éprouvez-moi, Seigneur, et sondez-moi,; mettez mes reins et mon cœur à l'épreuve du feu (2). Saint Laurent Justinien dit que ce généreux désir de souffrir est comme un diamant plus pur que le marteau qu’on doit poser pour fondement de tout l'édifice spirituel (3); qu'il fortifie l'esprit, qu’il rend les peines légères, qu’il donne la persévérance, qu’il élève l’âme à la sainteté, qu'il l’égale aux martyrs, et qu'il la rend digne du ciel.