‹ Le guide des égarés; (volume 2)Chapitre 19 sur 117 · PRE · texte numérisé non relu

PRE

prime par les mots : Et les ’hayyôth couraient et revenaient , er sus (v. 14); car sv est l’infinitif du verbe y, ü courut, et sw, est l’infinitif du verbe at, il revint. 11 n’emploie pas les verbes 832 nn, aller et venir, mais il dit que leur mouvement était une course et un retour sur leurs pas, ce qu'il explique par une image en disant : comme l'aspect de l'éclair, BAZAK (ibid.), car baxak a le même sens que barak (éclair). 1 dit donc : semblables à l'éclair, dont le mouvement semble le plus rapide qu’il y ait et qui s'étend avec rapidité en s’élançant d’un certain endroit, et ensuite coup sur coup se retire et retourne avec la même rapidité à son point de départ. Jonathan ben Uziel explique les mots couraient et revenaient en ces termes : « Elles faisaient le tour du monde, et revenaient (sur leurs pas), comme une seule créature (1), rapides comme l'aspect de l'éclair. » Il (le prophète) ajoute ensuite que, si la ’hayyä accomplit ce mouvement de course (en avant) et en arrière vers un certain côté, c’est là un mouvement ®) qui ne vient pas d'’elle-

p. 151, note 3. — Moïse de Narbonne et Schem-Tob, trompés par la traduction d’Ibn-Tibbon, qui porte: 06 notn nn), et elles tournaient circulairement, ont pensé qu’il s’agit ici du mouvement circulaire, par lequel les sphères reviennent toujours à.leur point de départ; mais si tel était le sens, la comparaison avec le mouvement de l'éclair serait mal choisie. Les mots arabes NTANDUN 5 ApiNS m signifient: ec elles revenaient sur leurs pas, et c’est dans ce sens que traduit Al-Harizi : ALI DMNID 2) NIINN DM.

(1) Au lieu de Sn NY2, nos éditions du Targoum portent : N°73 RNA, de sorte qu’il faudrait traduire : et les créatures (les ”"hayyôth) revenaient ensemble, etc. Quelques mss. du Targoum ont Rn NN, et d’autres Sn n19; dans le commentaire d’Abravanel sur ce verset, la citation du Targoum est conforme à celle de Maimonide. Les éditions du Targoum ajoutent encore après pie) le mot 7020); qui ne se trouve pas dans les mss. |

(2) Au lieu de A5n no", le ms. de Leyde, n°18, porte N72nn nD°5 (c’est-à-dire : LS;S), et c’est peut-être cette leçon qu'avait Ibn-Tibbon, qui traduit Huy nnyÿ12n YN. D’autres mss. portent ñ51n nos, ce qui est encore moins correct. La version d’Al-Harizi, nÿ1n APR nDEV , est conforme à la leçon que nous avons adoptée.

même, mais d'autre chose, je veux dire de l'intention divine. Il dit donc que le côté vers lequel, selon l'intention divine, la ’hayyà devait se mouvoir, était celui () vers lequel elle accomplissait ce mouvement rapide désigné par les mots couraient et revenaent. C’est là ce qu'il dit en parlant des ‘hayyôth : Là où c'elaut l'intention (divine), Ha-rou4’4, qu’elles allassent, elles allaient, sans se détourner de leur marche (v. 12). Le mot rouAH (ny) ne signifie pas ici le vent, mais a le sens d'intention, comme nous l’avons exposé au sujet du mot RouA’H ®). Ainsi, il veut dire que la ’hayyä suivait dans sa course la direction que lui donnait l'intention divine ®). C’est dans le même sens que Jona-

(1) Littéralement : que le côté vers lequel c'était l'intention divine que la ‘’hayyà se müût, vers ce même côté elle accomplissait etc. Les mots nid -0n SN, vers ce même côlé, ne sont pas rendus dans la version d’Ibn-Tibbon. Celle d’Al-Harizi porte : HY3n2 PYINN NN MN big JW NS NY n5p. Au lieu de yyÿtnn qu'ont ici nos éditions de la version d’Ibn-Tibbon et celle d’Al-"Harizi, 1l faut écrire yy33nn, comme l'ont en effet les mss. d’Ibn-Tibbon et l’édition princeps.

(2) Voy. t. I, chap. xL, p. 144.

(3) Littéralement : Il dit donc : le côté vers lequel c'élait l'intention divine que la ’hayyà marchät, vers ce côté même courait la ’hayyà. L'auteur se serait exprimé d’une manière à la fois plus simple et plus correcte si, au lieu de Rn°5R Hn5N in AMIS 5h 929, il avait dit +5n V5RE non ‘in Ann. Ibn-Tibbon a reproduit cette espèce de pléonasme, en disant : YÔN nn PIN Nm 02. Al Harizi a: SUR FN'9N 9 995 mnn PEN N37 DU MON MNT N205 MONA PONT NUM. — Selon les commentateurs, l’auteur veut parler ici du désir, qui attire chaque sphère vers son Intelligence respective, cause prochaine de son mouvement. C’est aussi dans ce sens qu’Abravanel entend les paroles de Maïmonide, et il objecte que l’Intelligence séparée n’a pas de licu déterminé pour qu’on puisse dire qu’elle fait mouvoir les sphères vers elle. Voy. Abravanel, commentaire sur Ézéchiel, chap. I, v. 12: by nn wa Jon 195% n555 pin not mn sx SN YbN O7 nv Op 15 PR 52m ND 39 np ip US PYIMW 217 D 636an min 196NNN 12 DN 100 NN NI MIDIDDN 229 ONN Mais c’est là précisément l’objection que Maïmonide a faite lui-même à l’hypothèse des philosophes, afin de montrer que les divers mouvements

than ben Uziel a expliqué ce passage : « Là où c’était la volonté (y) qu'elles allassent, elles allaient, elles ne se détournaient pas dans leur marche. » Mais comme les mots ñ119 sx 5R y min nt, là où c'était l'intention etc. pourraient s'entendre dans ce sens que, dans l’avenir, tantôt Dieu voudra que la "hayyà prenne telle direction, tantôt il voudra qu’elle marche dans telle autre direction, opposée à la première (1), il (Ezéchiel) revient expliquer ce qu'il y a là d’obscur, et il nous fait savoir qu’il n’en est point ainsi, et que (l’aoriste) mm, c’est, ce sera, à ici le sens de nn, c’élait, ce fut, ce qui arrive fréquemment en hébreu. La direction, dit-il, dans laquelle Dieu voulut que la ’hayyä marchät était déterminée, la ’hayyà marchait dans la direction où Dieu avait voulu qu'elle marchàt, et la volonté (divine) était stable à l’égard de cette direction. Pour expliquer celte idée et pour compléter son discours, il dit dans un autre verset : Là où c'était l'intention qu’elles allassent, elles allaient, ET L’INTENTION ÉTAIT (TOUJOURS) QU'ELLES Y ALLASSENT (v. 20). Il faut te bien pénétrer de cette explication remarquable. — Voilà donc comment il décrit la manière de se mouvoir des quatre ’hayyôth, après avoir décrit leurs figures.

Il aborde ensuite une autre description, et il dit qu’il a vu, au-dessous des ’hayyôth, un (autre) corps qui était attaché à celles-ci. Ce corps se joignait à la terre et formait également

des sphères célestes ne sont déterminés que par la volonté libre du créateur agissant avec intention. Voy. t. 11, chap. x1x, p. 162. Évidemment, c’est cette même intention divine que, selon Maïmonide, Ézéchiel aurait désignée ici par le mot nn, esprit, intention.

(4) Plus littéralement : Mais comme les mols elc. pourraient avoir ce sens littéral que tantôt Dieu voudra dans l'avenir qu’elle marche vers un certain côté, et la ’hayyà ira de ce côté, et tantôt il voudra qu'elle marche vers un autre côté, opposé à celui-là, etelle marchera... Au commencement de cette phrase Ibn-Tibbon a un peu modifié la construction. Al-Harizi traduit littéralement : 130 255 man ADD DT SUN SN ONE ND MAD NON) NAN MIND 50% (lis. nya) np2 NL OP 2 TONDA nt DWE AN)

AN NAN NDS nn bn) TOM. II. 2

quatre corçs ayant aussi quatre faces (1). Il ne lui attribue aucune figure, ni figure d’homme, ni figure d’aucun autre animal @); mais il dit seulement que ce sont des corps grands, formidables et effrayants, ne leur attribuant aucune figure et disant que leurs corps sont pleins d’yeux (). Ce sont eux qu’il nomme OPHANNÎM, roues : Je vis les ’hayyôth, dit-il, et voici il y avait un OPHAN (une roue), sur la terre, près des "HAYYÔTH, avec ses quatre faces (v. 15). Il dit donc clairement que c'était un seul corps dont une extrémité était près des ’hayyôth et dont l’autre extrémitlé était sur la terre, et que cet ophan avait quatre faces. Il continue : L'aspect des oPHANNiM et leur façon étaient comme la couleur du TArscHisCH (#), et tous les quatre avaient une même ressemblance (v. 16). Ainsi, après avoir parlé d’un ophan, il parle ensuite de quatre, indiquant clairement par là que les quatre faces qu'avait l’ophan sont les quatre ophannîim ®); et il dit ensuite que les quatre ophannîm avaient une seule et même figure, ce qu’il exprime par les mots : ef tous les quatre avaient une même ressemblance (6). Il déclare ensuite à l'égard de ces

(4) L'auteur veut parler de la matière première sublunaire ou du corps élémentaire qui forme les quatre éléments, dont chacun a une forme spécifique particulière. Cf. t. I, chap. LxxIT, p. 358-359; t. IT, chap. x1x, p. 148, et ibid., notes 1 et 2.

(2) Car les éléments sont des corps inertes qui n’ont pas de mouvement par eux-mêmes, comme en ont les animaux, et qui sont mus par la sphère céleste. Voy. ci-après, p. 21, note 4.

(8) Voy. Ézéchiel, chap. 1, v. 18; l’auteur va dire tout à l'heure ce qu'il entend par les yeux.

(4) Nom d’une pierre précieuse par laquelle, selon l’auteur, Ézéchiel indique la matière première. Voy. plus loin, chap. IV, vers la fin.

(5) C'est-à-dire, que les quatre faces attribuées à la matière première sublunaire représentent les quatre éléments. S'il les appelle oprannîm, ou roues, il faut se rappeler que les éléments forment également des sphères placées les unes dans les autres. Voy. t. I, chap. XxxxvI, p. 134, note 2, et ci-après, chap. III, où l’auteur explique ce verset : Les OPHANNÎM, je les entendis appeler GALGAL (Ézéchiel, X, 13).

(6) C'est-à-dire, la forme corporelle, commune aux quatre éléments.

ophannim qu'ils étaient composés les uns avec les autres (1), ce qu'il exprime par ces mots : leur aspect et leur façon étaient comme si un OPHAN se trouvait dans l’intérieur d'un autre oPHAN (uv. 16). C’est là une expression qui n’est point employée à l'égard des ’hayyôth; car il ne se sert pas, en parlant des ’hayyôth, du mot =n (à l’intérieur), mais (il dit que) celles-ci étaient appliquées ®) les unes aux autres, en se servant de l’expression attachées l’une à l’autre (v. 9); tandis qu'il dit des ophannîim qu'ils étaient composés les uns avec les autres, comme si un OPHAN se trouvait à l’intérieur d’un autre opHan. Quant à ce qu'il dit que le corps tout entier des ophannim était plein d'yeux, il se peut qu'il veuille dire (réellement) qu'ils étaient remplis d’yeux 6). Mais il se peut aussi (que cela signifie) qu'ils ont de nombreuses couleurs, (comme dans ce passage) et sa couleur, my, était comme la couleur du Bdellion (Nombres,

(1) L'auteur fait allusion au mélange des éléments, qui, comme il le dit ailleurs, agissent les uns sur les autres et reçoivent les impressions les uns des autres. Voy. t. I, chap. Lxx11, p. 360.

(2) Voy. ci-dessus, p. 12, note 1.— Les éditions de la version d’Ibn- Tibbon ont ici le mot 2579 et un peu après DNX93 SN DNLEY, ce qui donne un contre-sens. Il faut mettre à la première place -3n et à la seconde 2579, comme l’ont en effet les mss.

(3) Dans la phrase arabe, le suffixe de RM3N ne peut se rapporter qu'aux ophannim, et la version d’Ibn-Tibbon D NG Nm est inexacte. Celle d’'AL-’Harizi porte : D‘y MINoN on 95. Quant au sens, les commentateurs pensent que Maïmonide fait allusion aux nombreuses créatures vivantes composées des éléments et qui toutes ont des yeux. En effet, il serait difficile de trouver un autre sens dans les paroles de Maimonide, et c’est avec raison qu’Abravanel s'élève contre une inlerprétation si peu probable des paroles du prophète (commentaire sur Ézéchiel, 1, 18) :

95 SONT 8 15 NT N9 07 op op by nÔRT DIEM 19p2n 9 222 DNY MINbO OM MIND 9 NNIT WINEA

AN OADU DNANT IRD DNS ND DN 70 ND FMI DU Abravanel, qui voit dans les ’hayyôth les Intelligences séparées et dans les ophannîm les sphères célestes, pense que le prophète désigne par le mot yeux les astres fixés dans les sphères.

XI, 7); ou bien il se peut que (par yeux) il ait voulu dire similitude(), selon l’expression que nous trouvons dans le langage des anciens docteurs (2?) 55% Mp2, Ste PyS, voulant dire semblable à ce qu’on a volé, semblable à ce qu'on a ravi; ou bien enfin cela signifie des circonstances et des qualités variées ), comme dans ce passage : Peut-être Dieu regardera-t-il s5ÿ3, c'est-àdire : mon ctat #), Voilà donc la description qu’il donne de la forme des ophannim.

Quant au mouvement des ophannim, il dit que là aussi il n°y avait mn courbure, ni délour, ni déviation, mais que c’étaient

(1) C'est-à-dire, que les éléments renferment une foule d’images de toutes sortes de créatures. Les commentateurs, trompés par le mot my qu'emploie ici la version d’Ibn-Tibbon, l’ont expliqué dans le sens d'imagination, «car (dit Schem-Tob) des éléments il naît des animaux qui ont de l’imagination » ww Dm ya nn DITOND 9 n27 075. Cette explication est non-seulement trop recherchée, mais ellene peut nullement s’appliquer au mot arabe SS5HR (plurielde 5Rñt), qui n’a jamais le sens d'imagination; et d’ailleurs, elle ne cadre pas non plus avec l'exemple que Maïmonide va citer du Talmud.

(2) Litiéralement : comme nous trouvons que les anciens de la langue s'expriment. Ibn-Tibbon a simplement : PE AT-Harizi traduit plus exactement : pnwôsn ‘2? SIN 92. — Les expressions citées 1c1 par Maimonide se trouvent dans le Talmud de Babylone, traité Baba Kamma , fol. 65 et 66, où il est question de la restitution des choses volées, dont le principal doit être restitué semblable à ce qu'on a volé, c’est-à-dire selon la valeur qu’il avait au moment du vol, mais dont l'amende, c’est-à-dire le double (Exode, XXI, 3, 6), le quadruple ou le quintuple (1bid., XXI, 37), se paye selon la valeur qu’ont les choses volées au moment du jugement.

(3) C'est-à-dire, que le mot yeux a ici le sens de circonstance ou de qualité, car les éléments renferment beaucoup de choses de qualités différentes.

(4) Ce passage est tiré du Ile livre de Samuel, chap. xvr, verset 12, où le kethib porte +33 (pour 3}3), mon affliction, et le keri +133, mon œil, ce que Maimonide explique par mon élat. Cf. le commentaire de David Kim’hi sur ce verset :

12999 1999 d5 pp bit mon 359 79) 19 NE PA 19 YA +199 92

des mouvements droits qui ne variaient pas (1). C’est là ce qu’il dit: En marchant ils se dirigeaient vers leurs quatre côtés ©), sans se détourner dans leur marche (v. 17). Il dit ensuite que ces quatre ophannim ne se mouvaient pas par eux-mêmes, comme les ’hayyôth, et qu'au contraire (3), ils n'avaient en eux aucun autre mouvement que celui qui leur était donné par une impulsion du dehors (4. Il insiste sur la répétition de cette idée et la fait ressortir plusieurs fois. Il déclare que ce qui mettait en mouvement les ophannîim, ce n'élait autre chose que les ’hayyôth ®), de sorte que, pour me servir d’une image, il en était du rapport de l’ophan à la ’hayyä comme quand on attache un corps mort aux pieds de devant ou de derrière d’un animal ; toutes les fois que cet animal sera en mouvement, ce bois

(4) L'auteur fait allusion aux mouvements que font les éléments pour retourner à leur lieu naturel, lorsqu'une cause quelconque les en a fait sortir; ce mouvement se fait en ligne droite: Voy.t. I, chap. Lxx11, p. 358-359.

(2) C'est-à-dire, les ophannim ou les quatre éléments se dirigeaient chacun vers son lieu naturel, la terre vers le centre du monde, le feu vers la circonférence, l’eau et l'air vers des lieux intermédiaires entre le centre et la circonférence.

(3) La particule 55, mais, au contraire, n’a pas été rendue par Ibn- Tibbon, qui a simplement: 43 DA nn NN.

(4) Il faut se rappeler ce que l’auteur dit ailleurs en décrivant les éléments (t. I, p. 358): «Ce sont des corps inanimés qui n’ont ni vie ni perception, et qui ne se meuvent pas par eux-mêmes, mais qui restent en repos dans leurs lieux naturels.» Le mouvement que font les éléments pour sortir de leur lieu naturel n’est jamais spontané, mais est purement accidentel, et leur est imprimé par une force extérieure, comme par exemple le mouvement de la terre et de l’eau vers le haut, et celui du feu et de l’air vers le bas. De même, le mouvement circulaire que font les sphères des éléments, et qui produit le mélange des éléments, a pour cause le mouvement de la sphère céleste. Cf. t. IT, chap. xix, p. 148.

(3) Car à tout mouvement dans le monde sublunaire on peut donner pour cause le mouvement de la sphère céleste, Voy. t. T, p. 361 et suiv.; t. IT, p. 30.

ou cette pierre qu’on a attachés au membre de cet animal sera également en mouvement. Il dit donc : Quand les ‘AAYYOTH marchaient, les ophannim marchaient auprès d'elles, et quand les ’HAYYÔTH s’élevaient de dessus la terre, les opHANNIM aussi s’éle vaient (v. 19); et il dit encore : Et les opHanxiu s’élevaient visà-vis d’elles (v. 20), ce dont il explique la cause en disant : car l'esprit (RoUA’n) de la ’HAYYA était dans les oPHANNIM. Il répète encore cette idée pour la confirmer et pour la mieux faire comprendre, et il dit : Quand elles marchaient, ceux-ci marchaient aussi, et quand elles s'arrétaient ils s’arrétaient (), et quand elles s'élevaient de dessus la terre, les ophannim aussi s’élevaient vis-à-vis d'elles, car l'esprit de la ‘hayy@ était dans les opHanNiu (v. 21). L'ordre de ces mouvements est donc celuici : Les ’hayyôth se mouvaient dans la direction vers laquelle, selon l'intention divine, elles devaient se mouvoir; et par le mouvement des ’hayyôth, les ophannîm aussi étaient mis en mouvement, en les suivant parce qu’ils y étaient attachés, car les ophannim ne se mouvaient pas spontanément vers les ’hayyôth. Cet ordre, il le décrit en disant : Là où c'était l’intention qu’elles allassent, elles allaient, et l'intention était (toujours) qu’elles y allassent; et les opaanNiu s’élevaient vis-à-vis d'elles, car l'esprit (RouA’n) de la ’hayyä était dans les ophannim (v. 20). Je t'ai déjà fait connaître la paraphrase de Jonathan ben Uziel, qui dit : « Là où c’était la volonté (ny) qu’elles allassent etc. »

(1) Nous ne saurions dire comment Maïmonide, dans son système, a entendu les mots et quand elles s'arrétaient ils s'arrétaient, car le mouvement des ’hayyôth, ou des sphères célestes, ne s’arrête jamais. Selon quelques commentateurs, Maimonide aurait entendu ici le verbe 5% dans le sens de durer, subsister (cf. t. I, chap. x11r, p. 63), c’est-à-dire que les ophannîm ne subsistent que par la durée des ’hayyôth. Selon d’autres, il aurait pensé à la station apparente des planètes (voy. t. Il, chap. x, p. 86, note 2), pendant laquelle les forces des astres cesseraient d’agir sur les éléments. Cf. Samuel ibn-Tibbon, Yikkawou ha-maïim, chap. x, p. 53.

Après avoir achevé la description des ’hayyôth, de leurs figures et de leurs mouvements, et après avoir parlé des ophannim qui sont au-dessous des ’hayyôth auxquelles ils sont attachés et dont ils suivent le mouvement, il aborde une troisième perception et revient à une autre description (), à savoir de ce qui est au-dessus des ’hayyôth. Au-dessus des quatre ’hayyôth, dit-il, il y avait un firmament (v. 22); sur ce firmament il y avait la ressemblance d'un trône, et sur le trône quelque chose qui ressemblait à l'aspect d'un homme (v. 26) ().

Tel est l’ensemble de la description qu’il donne de la vision qu'il eut d’abord près du fleuve de Chaboras.

Page 1