‹ Le guide des égarés; (volume 2)Chapitre 18 sur 117 · CHAPITRE If · texte numérisé non relu

CHAPITRE If

Il (le prophète) raconte avoir vu quatre ’nayyôTu (figures d’animaux) dont chacune avait quatre faces, quatre ailes, et deux mains; l'ensemble de la configuration de chaque ’hayyd était une figure d'homme, comme il dit : elles avaient une ressemblance

placement par la face de chérubin. Au lieu de AN Ibn-Tibbon parait avoir lu fn, Car iltraduit (mss. et édit. princeps) : y 939 n59 D30N); les éditeurs, ayant trouvé cette version un peu obscure, ont ajouté avant n5 le verbe sx. Cependant le mot arabe fn ne s'emploie que dans le sens de lettre ou particule, et n’aurait pu être employé ici pour désigner l'expression w 5. Al-Harizi traduit plus exactement : NE 09 91519 stp ON.

(4) Voy. t. IE, chap. xt, p. 327, où l’auteur dit que les prophètes en nommant un objet qui leur a apparu dans une vision font quelquefois allusion à un autre objet qui porte un nom analogue. L'auteur ne dit pas de quelle étymologie il veut parler ici. Peut-être veut-il dire que le mot sw (bœuf) a été remplacé par chérubin, désignant un jeune homme, pour indiquer l’idée de contemplation que renferme la racine hébraïque \w et qui ne peut s'appliquer qu’à un être humain. Cf. le commentaire d'Éphôdi.

(2) Littéralement : ce par quoi nous avons commencé l'explication ; c’est-à-dire, ce que nous avons cru devoir expliquer préalablement avant d’entrer dans les détails de la vision d'Ézéchiel. La version d’Ibn- Tibbon, 1829 55m nm, n’est pas exacte; il faudrait traduire : VNNY23 NNAE ND.

humaine (Ézéchiel, 1, 5) (0). I dit également que les mains étaient des mains d'homme (v. 8), car on sait que les mains de l’homme sont formées de manière à pouvoir faire des ouvrages d'art, ce dont on ne saurait douter ®). Ensuite, il dit que leurs pieds étaient droits, ce qui veut dire qu’ils n’avaient pas d’articulations; telest le sens littéral des mots pieds droits (v. T) (). Les docteurs disent également : « Leurs pieds étaient des pieds droits; cela veut dire que les êtres supérieurs ne s’asseyent pas (®, » Il faut aussi te bien pénétrer de cela. — Il dit encore que les plantes des pieds, organes de la marche, n'étaient pas comme (celles) d’un pied d'homme; les mains seules ressemblaient aux mains de l’homme, mais les pieds étaient arrondis comme la plante d'un pied de veau (v. T7) ®), Puis il dit qu'entre chaque couple (6 de ces quatre ’hayyôth il n'y avait ni interstice, ni espace, et qu’au contraire elles étaient appliquées les

(1) Les quatre ’hayyôth représentent, selon Maïmonide, les quatre sphères, comme nous l’avons dit plus haut, p.7, note 1. On a vu ce que signifie leur figure humaine ; le symbole des quatre ailes a été expliqué ailleurs, et on a vu que, selon notre auteur, elles représentent les quatre causes du mouvement des sphères. Vov. t. I, p. 179, et üibid., note 2; t. II, p. 88, et 1bid., note 1.

(2) Les deux mains représentent la double action des forces émanées des sphères célestes et dont l’auteur a parlé au chap. X de la Ile partie (t. IT, p. 89); cette double action consiste à donner naissance à toute chose, et à conserver ce qui est né. A l’endroit que nous venons d’indiquer, l’auteur compare également cette action à celle de l’art ou de la faculté artistique de l’homme (xnxgl)).

(3) Les pieds ou les jambes sans articulations indiquent, selon l’auteur, le mouvement perpétuel des sphères, car celui qui veut s’asseoir pour se reposer de sa marche a besoin d’articulations.

(4) Voy. Beréschith rabbà. sect. 65 (fol. 58, col. 3): bit ‘7 DN Mb) 07 pa mes 521 mb son np) nou PA.

(5) L'auteur voit dans ces mots une allusion au mouvement circulaire des sphères; le mot by, veau, rappelle le mot by, rond. Cf. t. IE, à la fin des chap. xx1x et XLIHr.

(6) La plupart des mss. portent Rtn32, au duel, ce qui veut dire : entre les ‘hayyôth, prises deux à deux.

unes sur les autres, comme il est dit : attachées l’une à l’autre (v. 9) 4), Mais, ajoute-t-il, quoiqu’elles fussent appliquées les unes sur les autres ®), leurs faces et leurs ailes étaient séparées en haut, comme il est dit : leurs faces et leurs ailes étaient séparées par en haut (v. 11). Remarque bien l'expression par en haut ; car les corps seuls étaient appliqués les uns sur les autres, tandis que leurs faces et leurs ailes étaient séparées, mais seulement par en haut (%). C’est pourquoi il dit : pm5351 Dn351

(4) Il faut se rappeler ce que l’auteur dit ailleurs des sphères célestes, étroitement emboîtées les unes dans les autres, sans laisser aucun vide. Voy.t. I, chap. LxxIT, p. 357.

(2) Tous les mss. portent NEtRSnY DAN2 ph, ce qui est incorrect, car les règles grammaticales demandaient PIN on Nn312 1. Je crois

qu’il faut prononcer dornbnb, au duel masculin, et que l’auteur, oubliant les ’hayyôth, a pensé aux sphères qu’elles représentent, car le mot si, sphère, est du genre masculin; il considère ici les sphères deux à deux, attachées l’une à l’autre. J’ai donc cru, pour obtenir une leçon entièrement correcte, devoir écrire Sn32, avec le suffixe duel, au lieu de Dn35 qu'ont les mss.

(3) On a déjà vu que les faces et les ailes représentent, selon l’auteur, les causes du mouvement des sphères. Parmi ces causes, trois sont inhérentes à chaque sphère, à savoir : sa sphéricité, son âme et son intellect; la quatrième est l’Intelligence supérieure, objet du désir de chaque sphère. Cette quatrième cause est une Intelligence séparée de la sphère, et les différentes Intelligences séparées sont aussi distinctes entre elles, en ce qu’elles sont les causes et les effets les unes des autres. (Voy. t. IT, Introduction, seizième proposition, et ibid., p. 31, note 2.) C’est pourquoi le prophète dit que les faces et les ailes étaient séparées par en haut, ce qui veut dire que les causes supérieures du mouvement sont séparées de leurs sphères respectives et distinctes entre elles. Tel parait être le sens des paroles obscures de Maïmonide; mais il ne nous donne aucune indication sur la manière dont il entend la suite du verset 11 : MMNNA DR NIDDD DIN ON MIDI D'nE No. Peut-être faut-il, d’après Maïmonide, traduire ainsi ces mots : deux (ailes) élaient attachées à chacune (des ‘hayyôth) et deux couvraient leurs corps, c’est-à-dire deux des causes motrices, à savoir la sphéricité et l’âme, sont inhérentes à chaque sphère, tandis que les deux autres planent en quelque sorte

noybn n1995 D. Il dit encore qu'elles étaient brillantes comme la surface de l’airain poli (v. T), et enfin qu'elles étaient aussi lumineuses, comme il est dit : leur aspect était comme des charbons de feu (v. 13) @). C’est là en somme ce qu'il dit de la configuration des ’hayyôth, à savoir, de leur figure, de leur substance (3), de leur forme, de leurs ailes, de leurs mains et de leurs pieds.

Commençant ensuite à décrire de quelle manière sont les mouvements de ces ’hayyôth, il s'exprime à cet égard de la manière suivante : Dans les mouvements des ’hayyôth, dit-il, il n’y avait ni détour, ni déviation, ni courbure ; c'était, au contraire, un mouvement uniforme, comme il dit: Elles ne se détournaient pas dans leur marche (v. 12) 4. — TI dit ensuite que chacune des ’hayyôth suivait la direction de sa face, ce qu'il exprime par ces mots : chacune marchait du côté de sa face (v. 9). Aüïnsi, il dit clairement que chaque ’hayyä ne marchait que (du

au-dessus d'elle ; car l’Intelligence séparée, objet du désir de la sphère, se trouve en dehors d’elle, et l’intellect qui conçoit cet objet désiré est dans un intime rapport avec lui.

(1) Cette dernière phrase, qui se trouve dans plusieurs mss. arabes, a été supprimée dans les deux versions hébraïques, comme répétition inulile,

(2) L'auteur fait allusion d’une part aux sphères elles-mêmes, et d'autre part aux astres qu’elles renferment ; celles-là ont une matière pure et transparente, mais qui ne donne pas de lumière; ceux-ci, au contraire, sont lumineux sans être transparents. Voy. t. Il, chap. x1x, p. 159-160.

(3) Au lieu de RnmMŸ, Ibn-Tibbon paraît avoir lu RÂN, car sa version porte 0293, de leurs faces; Al-Harizi a DV, de leur subslance.

(4) Voy.t.1, chap. zxxit, p. 357, où l’auteur dit en parlant des sphères : «Elles ont toutes un mouvement circulaire égal, et-dans aucune d'elles il n’y a ni précipitation, ni ralentissement, je veux dire qu'aucune de ces sphères ne se meut tantôt rapidement, tantôt lentement, mais que chacune, pour sa vitesse et sa manière de se mouvoir, reste soumise à sa loi naturelle. »

côlé) où était dirigée sa face (1); mais puissé-je savoir de quelle face il s’agit, puisque chaque ’hayyä avait plusieurs faces ©)! Quoi qu’il en soit, les quatre ne marchaient pas du même côté, car sans cela il n'aurait pas attribué à chacune un mouvement particulier en disant : chacune marchait du côté de sa face ©). — ]] dit encore que la manière de se mouvoir de ces ’hayyôth était une course (rapide), et que c'était également par une course qu’elles revenaient sur leurs pas (@). C’est là ce qu'il ex-

(4) L'auteur fait allusion au désir qu’a chaque sphère de s’approcher de sa cause prochaine, ou de l’Intelligence séparée qui lui préside, et qui détermine son mouvement.

(2) L'auteur veut indiquer, ce me semble, qu’il peut rester quelques doutes sur le sens qu’il attribue au mot face, et qu'il n’est pas prouvé d'une manière indubitable qu’il s'agisse du désir qui entraîne chaque sphère vers son Intelligence séparée. En effet, le mot face est équivoque, puisque le prophète attribue à chaque ’hayyä quatre faces. Selon Schem-

Tob, l’auteur ferait ici allusion à l’objection qu’il a faite aux philosophes, .

au chap. xix de la Ie partie (p. 162), en disant qu’on ne saurait attribuer aux Intelligences séparées une position de lieu et qu’on ne peut dire qu’elles soient à lorient ou à l'occident.

(3) En tous cas, dit l’auteur, il est certain qu’il s’agit ici du mouvement des sphères, qui s'effectue en divers sens, car les unes se dirigent d’occident en orient et les autres d’orient en occident. Voy. t. I, p.357, et t. IT, p. 151 et p. 158. L'auteur n’a pu ici vouloir faire allusion à la sphère supérieure appelée la sphère diurne, et qui se meut d’orient en occident ; car, d’après lui, la sphère diurne est sans étoiles et ne compte pas au nombre des quatre sphères représentées par les quatre ‘hayyôth. Ces dernières, comme on l’a déjà vu, p. 7, note 1, sont : la sphère de la lune, celle du soleil, celle qui embrasse les sphères des cinq planètes, et enfin celle des étoiles fixes. Le mouvement propre de toutes ces sphères se fait de l’occident à lorient; si donc l’auteur fait allusion ici à un mouvement opposé d’orient en occident, il n’a pu avoir en vue que les sphères des nœuds des planètes, ainsi que nous l’avons fait observer au chap. x1x de la Ile partie, p. 158, note 2.

(4) Je crois que l’auteur veut encore parler ici des deux mouvements opposés des sphères, à savoir de leur mouvement périodique de l’occ1dent à l’orient et du mouvement diurne de lorient à l’occident qui leur est imprimé par la sphère supérieure, ou la sphère diurne. Voy. 1: IF,

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