‹ Le guide des égarés; (volume 2)Chapitre 23 sur 117 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Sache que ce sujet grave et important qu'Ézéchiel a entrepris de nous enseigner en décrivant la Mercabà (ou le char céleste), l'inspiration prophétique l’ayant poussé à nous l’enseigner, ce” même sujet Isaïe aussi nous l’a enseigné sommairement, sans croire nécessaire d’entrer dans les mêmes détails. Je vis le Seigneur, dit-il, assis sur un trône haut et élevé, dont les bords remplissaient le temple; des séraphins se tenaient au-dessus de lui (Isaïe, VI, 1, 2). Déjà les docteurs nous ont exposé tout cela, et nous ont fait la même remarque en disant que la perception qu’eut Ézéchiel était absolument la même que celle qu’eut [saïe. Ils ont comparé la chose à deux hommes, l’un citadin et l’autre campagnard, qui ont vu () le souverain monté à cheval : le citadin, sachant que les habitants de la cité connaissent la manière dont le souverain monte à cheval, se dispense de la décrire, et dit seulement : J'ai vu le souverain; l’autre, voulant en faire la description aux gens de la campagne, qui ne connaissent absolament rien de son équipage, leur expose en détail la manière dont il monte à cheval, l’état de ses troupes ), de ses serviteurs et de ceux () qui font exécuter ses ordres. C’est là une observaion extrêmement utile. Voici comment ils s'expriment dans

(1) Tous nos mss. ont NN, au pluriel; nous avons écrit plus correctement N°N7 (LE), au duel.

(2) Pour le mot RAIN, la version d’Ibn-Tibbon a les deux mots nbsp 93, ses fantassins et ses troupes. Mais au licu de 53, quelques mss. ont Y5j7 (avec daleth), ses drapeaux, et cette leçon est préférable. ï

(3) Presque tous les mss. ont DSSN), avec le copulalif; un seul (ms. de la Biblioth. imp., ancien fonds hébreu, 19230) a ÿ"5R, sans \, et cette leçon est aussi celle @Ibn-Tibbon, qui a She 127 wp..

# TROISIÈME ÉPARTIE. Fe CHAPS VIN UN EE 4 39 4 Haghigà () : « Tout ce qu'Ézéchiel a vu, Isaïe aussi l’a vu; mais Isaïe ressemble à un citadin qui a vu le roi, tandis qu'Ézéchiel ressemble à un villageois qui a vu le roi. » L'auteur de ce texte l’a peut-être entendu @) comme je l’ai dit au commencement (du chapitre), c’est-à-dire, que les contemporains d’[saïe n'avaient pas besoin qu’on leur exposàt tous ces détails, et qu’il lui suffisait de leur dire : Je vis le Seigneur etc., tandis que les gens de l’exil avaient besoin de ces détails. Mais il se peut aussi que l’auteur ait voulu dire qu’Isaïe était plus parfait qu'Ézéchiel, et que cette perception, qui troublait Ézéchiel et qui lui paraissait si effrayante, était pour Isaïe une chose si connue, qu’elle ne demandait pas à être racontée d’une manière extraordinaire, élant une chose que les hommes parfaits connaissent bien ().

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