‹ Le guide des égarés; (volume 4)Chapitre 55 sur 80 · MIT · texte numérisé non relu

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ferme un profond mystère (1). Je dis de même que, dans l’histoire de Jacob, quand on dit : Et un homme lutta avec lui (ibid., XXXI!, 25), il s'agit d’une révélation prophétique, puisqu'on dit clairement à la fin (versets 29 et suiv.) que c’était un ange. Il en est exactement comme de l’histoire d'Abraham, où l’on raconte d’abord sommairement que Dieu lui apparut etc., et ensuite on commence à expliquer comment cela se passa. De même, au sujet de Jacob, on dit (d’abord) : Des anges de Dieu le rencontrèrent (1bid., v. 2); ensuite on commence à exposer ce qui se passa jusqu’au moment où 4s le rencontrérent, et on dit qu’il envoya des messagers (à Esaü), et qu'après avoir agi et avoir fait (telle et telle chose), Jacob resta seul etc. (ibid., v. 25); car ici il s'agit de ces mêmes anges de Dieu dont on a dit d'abord des anges de Dieu le rencontrèrent®}, et cette lutte, ainsi que tout

sant évidemment la seconde opinion, il s’ensuit que, selon lui, tous les détails racontés à partir du verset 2 sont une vision prophétique, au même titre que l’apparition de Dieu au verset 1, qui ne ferait que résumer l’ensemble des détails qui suivent. — Sans doute, c’est expliquer avec trop de subtilité les simples paroles de R. ’Hayya; mais c’est conforme à la manière dont Maimonide, en général, intefprète les paroles souvent si naïves des anciens docteurs.

(4) Littéralement : car il est un mystère d’entre les mystères. La version d’Ibn-Tibbon porte : n50n 79 MD; au lieu de 103 (mss. 103), il faut lire D Nm ‘9, comme a la version d’Al-Harizi., — Le mystère dont l’auteur veut parler, c’est que tous les détails racontés au ch. XVIII de la Genèse, le repas que firent les trois hommes, les paroles qu’ils adressèrent à Sara, etc., n’arrivèrent pas réellement et ne se passèrent que dans l'imagination d'Abraham, c.-à-d. dans une vision prophétique. Il en est de même, comme l’auteur va le dire, de la lutte de l'ange avec Jacob, de ce qui arriva à Bileam avec son ânesse, de l’ange qui apparut à Josué devant Jéricho, et de beaucoup d’autres récits bibliques, qui doivent être considérés comme des visions prophétiques. Cette opinion, comme on le pense bien, a trouvé, parmi les théologiens juifs, de nombreux contradicteurs. Voy. notamment la polémique de R. Moïse ben- Na’hman, dans son commentaire sur la Genèse, au ch. XVIII.

(2) L'auteur veut dire qu’au verset 25, où l’on dit : Jacob étant resté seul, un homme lutlla avec lui, il faut voir, dans l’homme qui lutta, Vun des anges de Dieu dont parle le verset 2. |

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le dialogue (qui suit), eut lieu dans une vision prophétique. De méme, tout ce qui se passa avec Bileam sur le chemin (Nombres, XXII, 22 et suiv.), ainsi que le discours de l’ânesse, (tout cela, dis-je,) eut lieu dans une vision prophétique(!), puisqu'on dit expressément à la fin (verset 32) que l'ange de l'Éternel lui parla (®. De même encore, au sujet de ces paroles (du livre) de Josué (V, 13), il leva ses yeux et vit qu'un HOMME se tenait en face de lui, je dis que cela eut lieu dans la vision prophétique, puisqu'il est clairement dit ensuite (v. 14 et 15) que c'était un prince de l’armée de l'Eternel. —[Quant à ce passage Et un MALAKH (messager) de l’Eternel monta de Guilgal etc. Et lorsque le MALAKH de l'Eternel dit ces paroles à tout Israël (Juges, II, À et 4), les docteurs ont écrit que le mMALAKH de l’Eternel dont on parle ici est Pinehas; ils s'expriment ainsi : «c’est Pinehas, qui, au moment où la majesté divine reposait sur lui, ressemblait à un malakh (ange) de l'Éternel 6). » Nous avons déjà exposé que le nom de malakh est homonyme, et que le prophète aussi est appelé malakh 4), comme, par exemple, dans les passages suivants : Îl envoya un MALAKH et nous fit sortir d'Egypte (Nomb., XX, 16); Et”Haggaï, le MaLaAKn de l'Eternel, dit, suivant un message de l’Eternel (Hag., 1,18); Et ils se raillaient des MALAKHIM (messagers) de Dieu (Il Chron., XXXVI, 16).]—Quand

(1) Il faut rappeler ici que, selon les anciens docteurs juifs, le don de prophétie était accordé aussi à certains sages païens, qui avaient pour mission de prédire la fortune du peuple d'Israël. Voy. ce qui est dit, au sujet de Bileam, dans le Midrasch du Lévitique ou Wayyikra rabb4, sect. 1 (fol. 147, col. 1), et dans le Midrasch du Cantique, ou Schir haschirim rabbà, au ch. IF, v. 3 (fol. 9, col. 4).

(2) Ge qui, comme le dit l’auteur au commencement de ce chapitre, indique un songe, ou une vision prophétique.

(3) Cette citation n’est pas textuelle; car l’auteur paraît avoir en vue le passage suivant du Wayyikra rabbâ, sect. 1 (fol. 146, col. 1) : JON NON ND IN ND 100) MDN NM mn AND 9) DITES Nip 35 vby “ee LA NN NA YA DNS V2

(4) Voy. ci-dessus, ch. VI, p. 68, et cf. Wayyikra rabbà (L. c.).

Daniel dit: Æt Gabriel, ce personnage que j'avais vu d’abord dans une vision, arriva à moi d’un vol rapide, vers le temps de l’oblation du soir (Dan., IX, 21), tout cela aussi eut lieu dans une vision prophétique; et il ne doit point te venir à l’idée qu’on ait pu voir un ange, ou entendre les paroles d’un ange, autrement que dans une vision prophétique où dans un songe prophétique, comme il a été posé en principe (dans ce passage) : Je me fais connaître à lui dans une vision, je lui parle dans un songe (Nomb., XIL, 6). De ce que j'ai cité, tu tireras la preuve pour d’autres passages que je n'ai pas cités.

Par ce que nous avons dit précédemment de la nécessité d'une préparation pour la prophétie (1), et par ce que nous avons dit de l’homonymie du nom de malakh, tu sauras que l'Égyptienne Hagar n’était pas une prophétesse, et que Manoah et sa femme n'étaient pas non plus prophètes ®); car la parole qu'ils entendirent, ou qui frappa leur esprit, était quelque chose de semblable à ce son de voix dont les docteurs parlent constamment et qui désigne une certaine situation dans laquelle peut se trouver une personne non préparée (8). Ce qui a donné lieu à se tromper là-dessus, c’est uniquement l’homony-

(4) Voy. ci-dessus, ch. XXXII, troisième opinion.

(2) L’auteur veut expliquer ici ce qu’il faut entendre par l’ange qui apparut à Hagar (Genèse, XVI, 7 et suiv.; XXI, 17), et par celui que virent Manoah et sa femme (Juges, XXII, 3 et 11).

(3) L'auteur veut indiquer ici que la voix céleste dont il est souvent question dans les écrits des anciens rabbins (cf. Évangile de Matthieu, Il, 17), et qu'ils appellent 55 n2, fille de voix, son de voix, écho, n’est autre chose que le produit d’une imagination exaltée, par laquelle certaines personnes, qui ne possèdent aucune des qualités nécessaires pour les visions prophétiques, croient entendre des paroles qui leur sont adressées du ciel. Souvent même ces personnes croient voir des apparitions célestes, mais ce ne sont là que des fantômes de leur imagina-

tion ; et c’est ce qui arriva à Hagar, ainsi qu’à Manoah et à sa femme.

mie (1); mais c'est là (précisément) le principe qui lève @) la plupart des difficultés du Pentateuque. — Remarque bien que , l'expression : Æt l'ange la trouva (nntoY) près de la source d'eau etc. (Genèse, XVI, 7) ressemble à celle employée au sujet de Joseph : Et un homme le trouva (num) errant dans la campagne (ibid., XXXVIF, 15), où tous les Midraschim disent que c'était un ange W).

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