‹ Le guide des égarés; (volume 4)Chapitre 61 sur 80 · MAT · texte numérisé non relu

MAT

et tel qui leur farent donnés, tout cela eut lieu dans une vision prophétique. Enelffet, dès qu’on a déclaré que ce ne sont là que des paraboles, iln’y a plus lieu de soupçonner qu’un détail quelconque y ait eu de la réalité (1), à moins qu'on ne nous applique ce qui a été dit @): Et toute vision est pour vous comme les paroles d’un livre scellé (Isaïe, XXIX, 11). — De même, il me semble que ce qu’on raconte, au sujet de Gédéon, de la foison et d'autre chose (miraculeuse) 6), n’eut lieu que dans une vision. Cependant, je n’appellerai pas cela une vision prophétique, dans le sens absolu ; car Gédéon n’était pas parvenu au rang des:pro-

(1) Littéralement : la chose ne reste plus enveloppée, de manière (à faire supposer) que quelque chose de cela ait eu de la réalité. Cette phrase ne se rapporte pas seulement à l’exemple tiré d'Hosée, mais aussi aux exemples précédents. L'auteur veut dire : dès qu’il est clair que l’ensemble de ces visions a un sens parabolique et qu'il ne s’y agit point de faits réels, il n’y a plus lieu d’avoir des doutes sur aucun détail et de supposer qu’un seul de ces faits particuliers ait eu lieu en réalité; à moins, continue l’auteur, que nous ne soyons complétement incapables de comprendre les visions prophétiques, de manière qu’elles soient pour nous un livre scellé, comme dit Isaïe.

(2) Littéralement : si ce n’est lorsqu'il aurait été dit de nous ; c’est-à-dire nous ne pourrions tomber dans de semblables erreurs, à moins que ce ne soit à nous que s'appliquent ces paroles d’Isaïe : Et toute vision eic.— Nous avons adopté la leçon de la grande majorité des mss., qui portent: N°5 DD ND 73 NON; Ibn-Tibbon a : Da NS NN; il a donc lu pp au lieu de K35. Le ms. de Leyde, n° 18, a n°5 au singulier; mais cette leçon, comme celle d’Ibn-Tibbon, nous paraît offrir plus de difficultés que la nôtre. Le ms. du supplément hébreu de la Bibliothèque impériale, n° 63, écrit de la main de R. Saadia ibn-Danan, porte: 9 5 19 p NÔN, si ce n’est pour celui dont il a été dit; c’est-à-dire, il ne peut y avoir doute à cet égard que pour ceux dont a parlé Isaïe dans le passage cité. Cette leçon, à la vérité, offre un sens plus simple; mais c’est précisément à cause de cela qu’elle nous paraît suspecte, et que nous ne pouvons y voir qu'une Correction arbitraire du texte primitif. Dans le ms. de la version d’Al-Harizi toute cette phrase manque.

(3) Voy. Juges, chap. VI, v. 21, 87 et suiv.

phètes, et comment doncserait-il allé jusqu’à faire des miracles (1)? Son plus grand mérite fut d’être compris parmi les juges d’Israel ? [car ils (les docteurs) l'ont même mis au nombre des hommes les moins considérables du monde G)], comme nous l’avons exposé (#). Mais tout cela n’eut lieu que dans un songe, semblable au songe de Laban et (à celui) d’Abimélech, dont nous avons parlé ®). — De même encore (6), ce que dit Zacharie : Je fis paître les brebis deshinées au carnage, certes, les plus pauvres des brebis, et je pris deux houlettes (Zach., XI, 7)0), ainsi que la suite du récit, à savoir : le salaire demandé avec douceur, l'acceptation du salaire, l'argent compté qui est jeté

(1) Littéralement : et comment donc (serait-il parvenu) au rang des miracles ?

(2) La version trop littérale d’Ibn-Tibbon, SNL HD NU, n’est pas assez claire, et les éditeurs ont complétement altéré le sens, en écrivant 55% au lieu de W5%w3. AlHarizi a mieux traduit : | SN VDO 705 me Nnbph MbSn.

(3) Voy. Talmud de Babylone, traité Rôsch ha-Schanä, fol. 25 a, b, où il est dit que, dans un verset du premier livre de Samuel, chap. XI, vers. 11, on a opposé trois hommes des moins importants du monde (o5y ‘5p), Jérubbaal (Gédéon), Bedân (Samson) et Jephté, aux troi hommes les plus importants du monde (D5y *19n), qui sont Moïse, Aaron et Samuel, mentionnés ensemble au Psaume XCIX, v. 6.

(4) L'auteur fait allusion probablement à ce qu’il a dit, dans le chapitre précédent (1° degré), au sujet des juges d’Israel, qu’il place dans un rang de beaucoup inférieur à celui des véritables prophètes.

(5) Voy. ci-dessus, chap. XLI, p. 317.

(6) L’exemple de Zacharie que l’auteur va citer fait suite à ce que l’auteur a dit au sujet des détails rapportés dans certaines visions des prophètes Ézéchiel, Isaïe, Jérémie et Hosée; car le passage relatif à Gédéon n’est qu’une observation que l’auteur a intercalée ici en passant, parce que Gédéon aussi, dans une espèce de vision ou de songe, croyait voir certains faits particuliers qui n’eurent lieu que dans son imagination.

(7) Selon l’auteur, ce n’est pas Dieu qui est présenté ici sous l’image du pasteur, comme le croient la plupart des commentateurs, mais c’est le prophète Zacharie, qui, dans une vision prophétique, prend les deux houlettes et fait les actions symboliques dont on parle dans Ja suite.

dans le trésor (1bid., v. 12 et 15), tout cela, 1l lui semblait, dans une vision prophétique, qu’on lui ordonnait de le faire, et il le fit dans la vision prophétique ou dans le songe prophétique. C’est là une chose dont on ne saurait douter, et qui ne peut être ignorée que par celui qui confond ensemble le possible et l’impossible.

De ce que j’ai cité, tu pourras conclure sur ce que je n’ai pas cité, tout est d'une même espèce et d’une même méthode, tout est vision prophétique. Toutes les fois donc qu'on dit que, dans telle vision, il agit (), ou il entendit, ou il sortit, ou il entra, ou il dit, ouil Jui fut dit, ou il se leva, ou il s’assit, ou 1l monta, ou il descendit, ou 1l voyagea, ou il interrogea, ou 1l fut interrogé, le tout (a eu lieu) dans la vision prophétique. Quand même les actions désignées auraient duré longtemps et se rattacheraient à certaines époques, à tels individus indiqués et à de certains lieux, dès qu'il sera clair pour toi que telle action est une parabole &), tu sauras d’une manière certaine qu'elle a eu lieu dans la vision prophétique.

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