‹ Le guide des égarés; (volume 4)Chapitre 7 sur 80 · OBSERVATION PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

OBSERVATION PRÉLIMINAIRE

Sache que, dans ce traité, je n’ai pas eu pour but de composer (un ouvrage) sur la science physique, pas plus que d'analyser d’après certains systèmes les sujets de la science métaphysique, ou de reproduire les démonstrations dont ils ont été l’objet(t), Je n’y ai pas eu non plus pour but de résumer et d’abréger (la science de) la disposition des sphères célestes, ni de faire connaître le nombre de ces dernières; car les livres qui ont été composés sur tout cela sont suffisants, et dussent-ils ne pas l'être pour un sujet quelconque, ce que je pourrais dire, moi, sur ce sujet ne vaudrait pas mieux que tout ce qui à été dit. Mon but dans ce traité n’a été autre que celui que je t’ai fait connaitre dans son introduction ®); à savoir, d'expliquer les obscurités de la loi et de manifester les vrais sens de ses allégories, qui sont au-dessus des intelligences vulgaires. C’est pourquoi, quand tu me verras parler de l'existence &) et du nombre des Jntelligences séparées, ou du nombre des sphères et des causes de leurs mouvements, ou de la véritable idée de la matière et de la forme, ou de ce qu’il faut entendre par l’épanchement divin &), ou d’autres choses semblables, il ne faudra pas que tu croies un seul instant ®) que

rendu le sens en traduisant : NT 3N997 NY, et comment ils ont prouvé.

(1) Littéralement : ou de démontrer ce qui a été démontré d'eux, c.-à-d. de ces sujets métaphysiques.

(2) L'auteur veut parler de l'introduction générale placée en tête de la [re partie.

(3) Littéralement : de l'affirmation, c.-à-d. de la doctrine qui affirme l'existence des Intelligences séparées.

(4) Sur le mot yo (uaas), voy. t. I, pag. 244, note 1, et ci-après, chap. XIL.

(5) Littéralement : que tu croies, ni qu'il te vienne à l'idée.

j'aie eu uniquement pour but d'examiner ce sujet philosophique; car ces sujets ont été traités dans beaucoup de livres, et on en a, pour la plupart, démontré la vérité. Mais j'ai seulement pour but de rapporter ce dont l’intelligence peut servir à éclaircir certaines obseurités de la Loi, et d'exposer brièvement tel sujet par la connaissance duquel beaucoup de difficultés peuvent être résolues (1). Tu sais déjà, par FPintroduetion de ce traité, qu’il roule principalement ® sur l'explication de ce qu’il est possible de comprendre du Ma’asé beréschîth (récit de la Création} et du Mu asé mercabä (récit du char céleste) %), et sur l’éclaircissement des obscurités inhérentes à la prophétie et à la connaissance de Dieu. Toutes les fois que, dans un chapitre queleonque, tu me verras aborder lexplieation d’un sujet qui déjà a été démontré soit dans la seience physique, soit dans la science métaphysique, ou qui seulement a été présenté comme ce qu’il y a de plus admissible, où un sujet qui se rattache à ce qui a été exposé dans les mathématiques, — tu sauras que ee sujet est nécessairement une clef pour comprendre une certaine chose des livres prophétiques, je veux dire de leurs allégories et de leurs mystères, et que c'est pour eela que je l’ai mentionné et clairement exposé, comme étant utile soit pour la connaissance du Ma’asé mercabä et du Maasé beréschüth, soit pour l'explication d’un principe relatif au prophétisme ou à une opinion vraie quekonque qu'on doit admettre dans les croyances religteuses.

Après cette observation préliminaire, je reviens accomplir la tâche que je m'étais imposée (4).

(1) Tel me paraît être le sens de la phrase arabe, irrégulièrement construite et qui signifie mot à mot : et beaucoup de difficultés seront résolues par la connaissance de ce sujel que je résumerai.

(2) Littéralement : que son pôle tourne seulement sur, etc.

(3) Voy. let. I, pag. 9, note 2.

(4) Littéralement : je reviens achever ce à quoi je m'étais attaché, où ce dans quoi je m'élais engagé.

Sache que les opinions qu'émet Aristote sur les causes du mouvement des sphères , et dont il a conclu qu'il existe des Jntelligences séparées, quoique ce soient des hypothèses non susceptibles d’une démonstration, sont cependant, d’entre les opinions qu’on peut énoncer, celles qui sont le moins sujettes au doute et qui se présentent avec le plus de méthode (1), comme le dit Alexandre dans (son traité) les Principes de toutes choses @). Ce sont aussi des énoncés, qui, comme je l’exposerai, sont d’accord avec beaucoup d’entre ceux de la Loi, surtout selon l’explication des Midraschim les plus célèbres, qui , sans doute, appartiennent à nos sages. C'est pourquoi, je citerai ses opinions () et ses preuves, afin d’en choisir ce qui est d’accord avec la Loi et conforme aux énoncés des sages [que leur mémoire soit bénie !].

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