‹ Le guide des égarés; (volume 4)Chapitre 6 sur 80 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Ce cinquième corps, qui est la sphère céleste, doit nécessairement être, ou bien quelque chose qui naît et périt [et il en sera de mème du mouvement], ou bien quelque chose qui ne naît ni ne périt, comme le dit l’adversaire ®. Or, si la sphère céleste est une chose qui naît et périt, ce qui la fait exister après le non-être, c’est Dieu [que son nom soit glorifié!]|; c’est là une notion première, car tout ce qui existe après ne pas avoir existé suppose nécessairement quelque chose qui Pait appe'é à l'existence, et il est inadmissible qu'il se soit fait exister lui-même. Si, au contraire, cette sphère n'a jamais cessé et ne cessera jamais de se mouvoir ainsi par un mouvement perpétuel et éternel, il faut, en vertu des propositions qui précèdent, que ce qui lui imprime le mouvement éternel ne soit ni un corps, ni une force dans un corps; et ce sera encore Dieu [que son nom soit glorifié!]. Il est donc clair que l'existence de Dieu [être nécessaire, sans cause, et dont l'existence est en elle-même exempte de toute possibilité] est démontrée par des preuves décisives et certaines), n'importe que le monde soit une création ex nihilo,

(4) C'est-à-dire, celle qui est basée sur la création ex nihilo, et que l’auteur exposera plus loin , après avoir donné des détails sur les sphères célestes et les intelligences.

(2) Voy. ci-dessus, pag. 35, note 4.

(3) Ainsi que le fait observer ici le commentateur Ephodi, il ne peut y avoir, pour l'existence de Dieu, de démonstration rigoureuse, basée sur des prémisses bien définies, puisque, comme l’auteur la dit ailleurs, Dieu wa pas de causes antérieures et ne saurait être défini. Les preuves qu’on allègue pour existence de Dieu sont donc de celles qui sont basées sur des définitions imparfaites, où l’antérieur est défini par le postérieur. Voy. le t. I de cet ouvrage, pag. 190, et ibid., notes 3 et 4. Cf. Mélanges de philosophie juive ct arabe, pag. 192 et 193.

ou qu'il ne le soit pas. De même, il est établi par des démonstrations qu'il (Dieu) est un et incorporel, comme nous l’avons dit précédemment : car la démonstration de son unité et de son incorporalité reste établie, n'importe que le monde soit, ou non, une création ex mihilo, comme nous l’avons exposé dans la troisième des méthodes philosophiques (), et comme (ensuite) nous avons exposé (à part) l’incorporalité et l’unité par des méthodes philosophiques 0)

Il m’a paru bon d'achever les théories des philosophes en exposant leurs preuves pour l’existence des intelligences séparées, et de montrer qu’ils sont d'accord, en cela Ë), avec les principes de notre religion : je veux parler de l'existence des anges. Après avoir achevé ce sujet, je reviendrai à l’argumentation que j'ai promise sur la nouveauté du monde : car nos principales preuves là-dessus ne seront solides et claires qu'après qu’on aura connu l’existence des intelligences séparées et les preuves sur lesquelles elle s'appuie @). Mais, avant tout cela, il faut que je fasse une

(1) Voy. le chap. précédent, à la fin de la 3° spéculation, où l’auteur a montré que, l'existence de l’étre nécessaire étant établie, il est facile de démontrer que cet être est un et incorporel.

(2) L'auteur veut dire que les preuves alléguées à la fin du chap. IL, pour établir l'unité et l’incorporalité de Dieu, sont également indépendantes de la théorie de léternité du monde et conservent toute leur force, même avec la doctrine de la création. — Un seul de nos mss., et c’est le moins correct, porte : HNDDISN +53 Pan +5 ND NDS); Jbn-Tibbon a également lu les mots "3h #5, qu’il a rendus par #52.

(8) Tous les mss. portent 5% AD2RUD , la conformilé de cela. L’édition princeps de la version d’Ibn- Tbbon rend ces mots par 950 (pour nt ND); les autres éditions, ainsi que plusieurs mss., substituent bnNnwn. Al Harizi : P3pn nt INT PR.

(4) Litléralement : el comment on a prouvé leur existence; c.-à-d. et après qu’on aura su comment les philosophes s’y sont pris pour prouver l'existence de ces intelligences. Le verbe bnpn doit être prononcé comme prétérit passif él EAN Ibn-Tibbon l’a pris, par erreur, pour un futur actif (OA et il a traduit FN RY3R TNT, ce comment prouverai-je? ce qui a embarrassé les commentateurs. Al-Harîzi a bien

observation préliminaire, qui sera un flambeau pour éclaircir les obscurités de ce traité tout entier, tant des chapitres qui ont précédé que de ceux qui suivront, et cette observation, la voici :

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