CHAPITRE XLV
Après avoir exposé préalablement le vrai sens de la prophétie, selon ce qu'exige la spéculation (combinée) avec ce qui a été exposé dans notre Loi, il faut que je t'énumère les degrés (*) de la prophétie selon ces deux bases (-K Si je les appelle degrés de la prophétie, ce n'est pas que celui qui en occupe un degré quelconque soit prophète ; car, au contraire, le premier et le deuxième degrés ne sont que des marches (pour arriver) à la prophétie , et celui qui est arrivé à l'une de ces marches n'est pas compté au nombre des prophètes dont on a parlé précédemment. Si parfois il est appelé prophète , ce n'est que par une espèce de généralisation, parce qu'il est très près des prophètes.
Il ne faut pas te laisser induire en erreur au sujet de ces degrés, si lu trouves dans les livres prophétiques qu'un prophète (3) a été inspiré sous la forme de l'un de ces degrés, et qu'ensuite on déclare de ce même prophète qu'il a eu une révélation sous la forme d'un autre degré; car il se peut que tel prophète, après avoir eu une révélation sous la forme de l'un des degrés que je
(1) Abravanel (Commentaire sur le More, Iî, fol. 42 b) subtilise sur le mot rfibyfâ qu'ont iei plusieurs mss. de la version d'Ibn-Tibbon , et qui , selon lui, aurait été employé ici avec intention, parce que les degrés sont énumérés par l'auteur dans une progression ascendante; mais l'observation d' Abravanel ne peut s'adapter ni au mot 2HN1E, qu'a le texte arabe, ni au mot nWÎ)Û qu'ont les éditions de la version d'Ibn- Tibbon.
(2) C'est-à-dire, selon la spéculation philosophique et la loi religieuse.
(3) Dans la version d'Ibn-Tibbon il faut lire nvjj nNÏ3Jn ^SD3, comme l'ont les mss.; le mot n^Q^n manque dans toutes les éditions.
vais énumérer (*), ait ensuite, dans un autre moment, une autre révélation , à un degré inférieur à celui de la première révélation (2). En effet, de même que le prophète ne prophétise pas pendant toute sa vie, sans interruption, et qu'au contraire, après avoir prophétisé dans un moment, l'inspiration prophétique l'abandonne dans d'autres moments , de même il se peut'3) qu'il prophétise dans un certain moment sous la forme d'un degré supérieur, et qu'ensuite, dans un autre moment, il prophétise sous la forme d'un degré inférieur au premier. Il se peut donc qu'il n'atteigne ce degré supérieur qu'une seule fois dans sa vie, et qu'ensuite il en soit privé (pour toujours) (*) , comme il se peut aussi qu'il conserve un degré inférieur (d'inspiration) , jusqu'au moment où son inspiration prophétique cesse complètement ; car l'inspiration prophétique abandonne nécessairement tous les prophètes (5) plus ou moins de temps avant leur mort, comme on l'a déclaré à l'égard de Jérémie , en disant : Quand laparole de l'Éternel eut cessé (de sortir) de la bouche de Jérémie
(1) Mot à mot : car, quant à ces degrés que je vais énumérer, il se peut que la révélation de tel prophète lui arrive en partie sous une certaine forme d'entre eux; c'est-à-dire, sous la forme de l'un de ces degrés. Ibn-Tibbon supplée le mot nnN, en rendant les mots Nn:E fTHS 2Dm, qu'ont tous lesmss. ar., par DHD nn« mi S ^b-
(2) Selon Abravanel (l. c), l'auteur ferait allusion à Samuel et à Jérémie, qui, l'un et l'autre, après avoir parlé et écrit sous l'inspiration prophétique, ont aussi laissé des écrits qui ont été classés parmi les Hagiographes, auxquels on n'attribue qu'un degré inférieur d'inspiration, appelée esprit saint (lîHpn mi)- Ce fut sous cette inspiration que Samuel écrivit le livre de Ruth et Jérémie ses Lamentations.
(3) Ce membre de phrase se trouve sous l'influence de la particule 1p, quelquefois, souvent, placé après ^2, et qu'il aurait été plus logique de placer après -ibiD- La version d' Ibn-Tibbon ne rend pas cette nuance.
(4) L'auteur ne s'est pas exprimé ici avec toute la précision désirable; car il veut dire évidemment : et qu ensuite il soit privé, pour toujours, du don de prophétie.
(5) Le mot TND a ici le sens de tous; cf. ci-dessus, p. 318, note 5.
(Ezra, I, 1) W, et comme on l'a déclaré à l'égard de David, en disant : Voici les dernières paroles de David (II Sam., XX1I1, 1), Et de là on peut conclure pour tous (les autres).
Après avoir fait l'observation préliminaire qui précède (2), je commence à énumérer les degrés en question (3), et je dis :
I. Premier degré : Le premier pas vers la prophétie, c'est quand un secours divin accompagne l'individu, lequel il met en mouvement et qu'il encourage pour une action vertueuse, grande et d'une haute importance (*), comme, par exemple, de délivrer une société d'hommes vertueux d'une société de méchants, ou de sauver un grand homme vertueux , ou de répandre le bien sur une multitude de gens, de sorte que (cet individu) trouve en lui-même quelque chose qui le pousse et qui l'invite à agir. C'est là ce qu'on appelle l'esprit de l'Éternel, et on dit de l'individu qui se trouve dans cet état : que l'esprit de l'Eternel a pénétré dans lui (5), ou que l'esprit de V Eternel l'a revêtu (6), ou que l'esprit de l'Eternel repose sur lui (7), ou l'Etemel est avec lui (8), et
(1) L'auteur a détourné ces mots de leur vrai sens, qui est celui-ci : pour accomplir la parole de ï Eternel (annoncée) par la bouche de Jérémie.
(2) Littéralement : Après avoir fait précéder cette observation préliminaire et l'avoir donnée comme pièparation.
(3) L'auteur va énumérer onze degrés, dont les deux premiers ne sont qu'un acheminement vers la prophétie et caractérisent Y esprit saint; les cinq degrés suivants appartiennent au songe prophétique, et les quatre derniers à la vision prophétique.
(4) Les mots Ylp n , qui se trouvent dans tous les mss. du texte arabe, ont été omis dans les deux versions hébraïques.
(5) Voy. Juges, ch. XIV, v. 6 et 19 ; I Samuel, ch. X, v. 6 ; ch. XVJ, v. 13, etpassim. L'expression ^y nb2 signifie proprement fondre sur, envahir, survenir.
(6) Voy. Juges, ch. VI, v. 34; I Chron., ch. XII, v. 18 ; II Chron., ch. XXIV, v.20.
(7) Voy. Nombres, ch. XI, v. 25 et 26 ; Isaïe, ch. XI, v. 2.
(8) Voy. Juges, ch. II, v. 18; I Samuel, ch. III, v. 19; ch. XVIII, v. 12.
d'autres expressions (*) semblables. Tel fut le degré de tous les juges d'Israël , dont il a été dit en général : Et quand l'Eternel leur établissait des juges, l'Eternel était avec le juge, et les délivrait etc. (Juges, II, 18); et tel fut aussi le degré de tous les rois (2) vertueux d'Israël. Gela a été déclaré particulièrement à l'égard de plusieurs juges et rois, p. ex. : Et l'esprit de l'Eternel fut sur Jephté (ibid., XI, 29); de Samson on dit : V esprit de V Eternel pénétra dans lui (ibid., XIV, 19) ; on a dit encore : Et l'esprit de Dieu pénétra dans Saûl lorsqu'il entendit ces paroles (ISam., XI, 6); de même enfin on a dit d'Amasa, mû par l'esprit saint pour aller au secours de David : Et V esprit revêtit Amasaï, le principal des capitaines; à toi (dit-il), ô David! et avec toi, fils d'Isaï, la paix! etc. (I Chron., XII, 18) (3). — Sache que ce genre de force restait inséparable de Moïse, depuis le moment où il avait atteint l'âge viril (4); c'est pourquoi il se sentit porté à tuer l'Égyptien et à repousser celui des deux querelleurs qui avait tort (3). Cette force était tellement violente en lui que (6), même après avoir eu peur et avoir pris la fuite , lorsque, arrivé C7) à Midian étranger et craintif, il vit quel-
(1) Le texte dit : et d'autres noms ; ainsi que nous l'avons déjà fait observer (t. I, p. 6, note 1), l'auteur entend par nom, non-seulement les substantifs et les adjectifs, mais aussi les infinitifs des verbes.
(2) Tous les mss. du texte arabe ont ici le mot hébreu WWDj oints, c.-à-d. rois; la version d'Ibn-Tibbon a substitué le mot itfyv, conseillers, et celle d'Al-'Harîzi, le mot iity, princes.
(3) Amasa, quoiqu'il ne fût ni juge, ni roi, a été cité ici parce qu'il sauva un grand homme vertueux, le roi David.
(4) Littéralement : la limite des hommes.
(5) Voy. Exode, ch. II, v. 11 à 13.
(6) Au lieu de nyn mN Tin, quelques mss. portent nyn Tin, en omettant le mot rttN ; c'est cette leçon que paraît exprimer la version d'Al-'Harîzi, qui porte : irmi Hnfî njNÊO l^ÔK "Q WK 11371 m^TTDI, « cette force étant encore restée grande en lui , môme au moment de sa peur et de sa fuite. »
(7) Dans les éditions de la version d'Ibn-Tibbon, on lit ly^m, ce qui est une faute ; il faut lire ly^rQi comme l'ont quelques mss., et comme l'a aussi la version d'Al-'Harîzi. Tous nos mss. ar. portent n^lSA my.
quo injustice, il ne put gagner sur lui-même de ne pas la faire cesser et n'eut pas la force de la supporter, comme il est dit : Et Moïse se leva et les secourut (Exode , II, 17). De même encore, une force semblable s'était attachée à David depuis qu'il avait été oint de l'huile d'onction, comme dit l'Écriture : Et l'esprit de l'Éternel pénétra David, depuis ce jour-là (I Sam., XVI, 15); c'est pourquoi il aborda courageusement le lion , Tours et le Philistin. Mais un semblable esprit de l'Eternel n'inspira jamais, à aucun de ceux-là, une parole (prophétique) quelconque; cette force, au contraire, n'aboutit qu'à pousser l'homme fortifié à une certaine action , non pas à quelque action que ce soit, mais à secourir un opprimé, soit un grand individu, soit une société, ou du moins (elle pousse) à ce qui conduit à cela. Car, de même que tous ceux qui font un songe vrai ne sont pas pour cela prophètes, de même on ne saurait dire de chacun de ceux qu'un secours (divin) assiste pour une chose quelconque, comme, par exemple, pour acquérir une fortune, ou pour atteindre un but personnel, que l'esprit de l'Eternel l'accompagne, ou que l'Éternel est avec lui, et que c'est par Y esprit saint qu'il a fait ce qu'il a fait. Nous ne disons cela, au contraire, que de celui qui a accompli une œuvre noble, d'une haute importance (*), ou du moins (qui a fait) ce qui peut y conduire, comme, par exemple, Yaction prospère W de Joseph dans la maison de l'Égyptien, laquelle fut la première cause des événements importants qui arrivèrent ensuite, comme cela est évident.
II. Le deuxième degré, c'est quand il semble à un individu que quelque chose a pénétré dans lui et qu'il lui est survenu une force nouvelle qui le fait parler, de sorte qu'il prononce des
(1) Au lieu de D>Êy -pip T)h> quelques mss. ont DEy nb- lbn-Tibbon traduit succinctement : "ino ^TO yi& 7W)}V *>ft2', Al-'Harîzi :
(2) L'auteur se sert ici du nom d'action hébreu nn^H, par allusion au verbe pp^n, prospérer, dont se sert l'Écriture en parlant des services de Joseph dans la maison de Putiphar. Voy. Genèse, ch. XXXIX, v. 2.
t. il. v 22
maximes de sagesse, ou une louange (de Dieu) (*), ou des avertissements salutaires, ou des discours relatifs au régime politique ou à la métaphysique , et tout cela dans l'état de veille , lorsque les sens fonctionnent selon leur coutume. C'est d'un tel homme qu'on dit qu'il parle par l'esprit saint. Ce fut par celte sorte d'esprit saint que David composa les Psaumes et que Sa!omon composa les Proverbes, TEcclésiaste et le Cantique des Cantiques. De même, ce fut par cette sorte d'esprit saint que furent composés Daniel, Job, les Chroniques et les autres Hagiographes ; c'est pourquoi on les appelle Kethoubîm (Hagiographes), voulant dire qu'ils sont écrits au moyen de l'esprit saint. On a dit expressément : « Le livre d'Esther a été dicté par l'esprit saint (2). » C'est en parlant de cette sorte d'esprit saint que David a dit : V esprit de l'Eternel a parlé dans moi, et sa parole est sur ma langue (II Sam., XXIII, 2), ce qui veut dire que c'est lui qui lui a fait prononcer ces paroles. De cette classe furent aussi les soixante-dix anciens, dont il est dit : Et quand l'esprit reposa sur eux , ils prophétisèrent , mais ils ne continuèrent point (Nombres, XI, 25); et de même Eldad et Médad (Ibid., v. 26). De même, tout grand prêtre, interrogé au moyen des Ourîm et Tummîm (3), appartient à cette classe, c'est-à-dire — comme s'expriment les docteurs — : « la majesté divine repose sur lui, et il parle par l'esprit saint (4). » De cette classe est aussi Jahaziel, fils de Zacharie, dont il est dit dans les Chro-
(1) Tous les mss. ar. ont rP2Dn2 au singulier; Ibn-Tibbon a le mot mrûtJTÛ, qui, dans l'hébreu rabbinique, ne s'emploie guère qu'au pluriel.
(2) Voy. Talmud de Babylone, traité Meghillâ, fol. 7 a. L'auteur veut dire que ce qui est dit expressément du livre d'Esther s'applique aussi à tous les autres hagiographes.
(3) On sait que tel est le nom du sort sacré que consultait le grand prêtre et qui était placé dans le pectoral. Voy., sur cet oracle des anciens Hébreux, mon Histoire de la Palestine, p. 176.
(4) Voy. Talmud de Babylone, traité Yôma, fol. 73 b : IJtW JH3 b3
niques : V esprit de l'Eternel fut sur lui, au milieu de rassemblée. Et il dit: soyez attentifs, vous tous (hommes) de Juda et habitants de Jérusalem et toi, roi Josaphat ! Ainsi vous parle l'Éternel, etc. (Il Chron., XX, 14 et 15). De même, Zacharie, fils de Jehoïada, le prêtre, appartient à cette classe; car il est dit de lui : Et l'esprit de Dieu revêtit Zacharie, fils de Jehoïada le prêtre, et il se tint debout au-dessus du peuple , et leur dit : Ainsi a dit Dieu etc. (Ibid., XXIV, 20). De même, Azaria, fils d'Oded, dont il est dit : « L'esprit de Dieu fut sur Azaria, fils d'Oded; et il sortit au-devant d'Asa, etc. (Ibid., XV, 1-2). Il en est de même de tous ceux sur lesquels on s'exprime de la même manière. Il faut savoir que Bileam aussi , tant qu'il était pieux, appartenait à cette catégorie. C'est ce qu'on a voulu indiquer par ces mots : Et l'Étemel mit une parole dans la bouche de Bileam (Nombres, XXIII, 5), car c'est comme si on avait dit qu'il parlait par l'esprit de l'Eternel; et c'est dans ce sens qu'il dit de lui-même : celui qui entend les paroles de Dieu (lbid., XXIV, 4). — Ce que nous devons faire observer, c'est que David, Salomon et Daniel sont aussi de cette classe et qu'ils n'appartiennent pas à la classe d'Isaïe, de Jérémie, du prophète Nathan, d'Ahia îe Silonite (1\ et de leurs semblables; car ceux-là, je veux dire David, Salomon et Daniel, ne parlaient et ne disaient tout ce qu'ils disaient que par l'esprit sainte. Quant à ces paroles de David : le Dieu d'Israël a dit , le rocher disraèî m'a parlé (IISam.,XXllI, 5), il faut les entendre dans ce sens qu'il lui avait fait des promesses par un prophète, soit par Nathan, soit par un autre ; il en est comme de ce passage : Et l'Éternel lui dit (Genèse, XXV, 26 (3)), et comme de cet autre passage : Et l'Etemel dit à Salomon : puisque tu pensais ainsi et que tu n'as pas observé mon alliance (I Rois, XI, 11), ce qui indubitablement est
(1) Ahia, ou Alriyya, était un prophète contemporain de Salomon. Voy. IRois, ch. XI, v. 29.
(2) C'est-à-dire : ils n'étaient inspirés que par Y esprit saint et n'avaient pas de véritable inspiration prophétique.
(3) Voy. ci-dessus, ch. XLI, p. 318.
une menace qui lui fut adressée par l'intermédiaire d'Ahia le Silonite, ou d'un aulre prophète De même, quand il est dit au sujet de Salomon : A Gabaon, V Eternel apparut à Salomon dans un songe de la nuit, et Dieu dit, etc. (Ibid., III, o), il «e s'agit pas là d'une vraie prophétie. Il n'en est point comme de ce passage : La parole de C Eternel fut à Abrâm dans une vision (Genèse. XV, 1), ni comme de cet autre : Et Dieu dit à Israël dans les visions de la nuit (Jbid.y XLVI, 2), ni comme des prophéties d'Isaïe et de Jérémie ; car, bien que ce fût par un songe que chacun de ceux-là (*) eût sa révélation, cette révélation elle-même lui fit savoir qu'il s'agissait d'une prophétie et qu'il lui était venu une révélation (de Dieu). Mais, dans ce récit sur Salomon, on dit (expressément) à la tin : Salomon s'éveilla, et c'était un songe (ï Rois, III 5 15); et de même, on dit dans le second récit : Et V Eternel apparut à Salomon une seconde fois, comme il lui était apparu à Gabaon (Ibid., IX, 2), où on avait dit expressément que c'était un songe. C'est là un degré inférieur à celui dont il est dit : Je lui parle dans un songe (Nombres, XII, 6); car ceux qui ont une (véritable) inspiration prophétique dans un songe n'appellent nullement un songe celui dans lequel la prophétie leur est arrivée, mais déclarent positivement que c'était une révélation (divine). C'est dans ce sens que s'est exprimé notre père Jacob; car, après s'être éveillé de son songe prophétique, il ne dit point que c'était un songe, mais déclara positivement : Vraiment, V Etemel est dans ce lieu etc. (Genèse, XXVIII, 16), et (plus loin) il dit: Le Dieu tout-puissant m'est apparu à Lut,, dans le pays de Chanaan (IbicL, XLVIU , 5), déclarant ainsi que c'était une révélation, tandis qu'à l'égard de Salomon, on dit : Salomon s éveilla, et c'était un songe. Et de même, tu vois Daniel déclarer simplement'-) qu'il a eu des songes;
(1) L'auteur veut parler d'Abraham et d'Israël, ou Jacob.
(2) Littéralement : solvere, dimittere scrmoncm , c'est-à-dire parler dans un sens absolu. Ibn-Tibbon traduit trop littéralement les mots Vip^N pb& par ICNOn TTO, au lieu de dire dS/TOU "1D1X-
et, bien qu'il y eût vu un ange dont il avait entendu les paroles, il les appelait des songes, même après y avoir puisé les (hautes) instructions qu'il avait reçues : Alors, dit-il, le secret fut révélé à Daniel dans une vision de la nuit (Dan. , II, 19). Plus loin il dit : Alors il écrivit le songe, etc. J'ai vu dans ma vision pendant la nuit etc. (lbid., VII, 1,2); Et ces visions de ma tête me troublèrent (Ibid., v. 15); et il dit encore : J'étais étonné de la vision, que personne ne comprenait (IbicL, VIII, 27). C'est là indubitablement un degré inférieur aux degrés de ceux dont il est dit : Je lui parle dans un songe (Nombres, XII, 6). C'est pourquoi on s'est accordé (*), dans notre communion, à' ranger le livre de Daniel parmi les Hagiographes, et non parmi les Prophètes. J'ai donc dû te faire observer que, bien que dans cette sorte de vision prophétique qu'eurent Daniel et Salomon ils vissent (2) un ange dans un songe, ils ne la prirent pas cependant eux-mêmes pour une vraie prophétie, mais pour un songe qui devait faire connaître la vérité de certaines choses , ce qui rentre dans la catégorie de ceux qui parlent par Y esprit saint, et forme le deuxième degré. C'est ainsi que, dans le classement des Hagiographes, on ne fait pas de différence entre les Proverbes, l'Ecclésiaste, Daniel, les Psaumes, et les livres de Ruth et d'Esther, qui tous ont été écrits au moyen de l'esprit saint et (dont les auteurs) s'appellent tous prophètes par un terme général.
III. Le troisième degré [qui est le premier degré de ceux qui disent : La parole de l'Éternel me fut adressée, ou qui se servent
(1) Presque tous les mss. ont ici le nom d'action yNJOJN; littéral, la convention de la nation (a été) de ranger etc. Ibn-Tibbon a le prétérit HO'ODn. L'un des mss. de Leyde (n° 221) porte : NO^p^N yoJN, les savants sont convenus.
(2) Les mss. arabes ont ,wi, verbe qu'il faut considérer comme prétérit passif et prononcer ^j ou mieux jj; c'est-à-dire: bien que.... il ait été vu un ange etc. Ibn-Tibbon a substitué le pluriel du prétérit actif: in IIP fî"];"N. Al-'Harîzi a HNItr, au singulier actif, ce qui est inexact.
d'autres expressions ayant un sens analogue], c'est lorsque le prophète voit une parabole dans un songe, avec toutes les conditions qui ont été posées précédemment pour la véritable prophétie , et que dans ce même songe prophétique on lui explique le sens qu'on a voulu indiquer par la parabole, comme cela a lieu pour la plupart des paraboles de Zacharie W.
IV. Le quatrième degré , c'est quand il entend, dans un songe prophétique , des paroles claires et distinctes, sans voir celui qui les prononce; ce qui arriva à Samuel lorsqu'il eut sa première révélation, comme nous l'avons exposé à son sujet (2).
V. Le cinquième degré , c'est quand un personnage lui parle dans un songe, comme il est dit dans l'une des prophéties d'Ézéchiel : Et ce personnage me dit: Fils de l'homme, etc. (Ézéch., XL, 4) (3).
VI. Le sixième degré , c'est quand un ange lui parle dans un songe ; et telle est la condition de la plupart des prophètes, comme il est dit : Et l'ange de Dieu me dit dans un songe, etc. (Genèse, XXXI, 11) (*).
VII. Le septième degré, c'est quand il lui semble, dans un songe prophétique, que Dieu lui parlée), comme lorsqu'Isaïe dit: Je vis l'Éternel etc., et il dit: Qui enverrai-je? etc. (Isaïe, VI, 1 et 8}W, et comme lorsque Michaïahou, fils de Yimla, dit: J'aivu l'Eternel etc. (IRois, XXII, 19; II Chron., XVIII, 18).
VIII. Le huitième degré , c'est lorsqu'il a une révélation dans
(1) Voy. ci-dessus, ch. XLIII, p. 325.
(2) Voy. ci-dessus, ch. XL1V, p. 332.
(3) Voy. ci-dessus, ch. XLIV, p. 330.
(4) Voy. ibid., p. 330.
(5) Voy. ci-dessus, chap. XL1, p. 3Uet315, chap. XLII, p. 320, chap. XLIV, p. 330, et ibid., note 1.
(6) Nous avons reproduit la leçon qu'on trouve dans presque tous les mss., où ces deux versets sont cités inexactement; c'est l'auteur luimôme, à ce qu'il paraît, qui a fait ici une erreur de mémoire, en écrivant TPtn, au lieu de Î1N1N1 , et ionv), au lieu de bip HN yiûttWl
ion in».
une vision prophétique et qu'il voit des paraboles, comme, par exemple, Abraham dans la vision entre les morceaux (des animaux dépecés) (*) ; car ces visions paraboliques eurent lien pendant le jour (2), comme on l'a déclaré (3).
IX. Le neuvième degré, c'est quand il entend des paroles dans une vision, comme on a dit au sujet d'Abraham : Et voilà que lui arriva la parole de l'Éternel en disant : Celui-ci n héritera pas de toi (Genèse, XV, 4).
X. Le dixième degré , c'est quand, dans une vision prophétique, il voit un personnage qui lui parle , comme , par exemple, Abraham aux Chênes de Mamré, et Josué à Jéricho (4).
XI. Le onzième degré, c'est quand, dans une vision, il voit un ange qui lui parle, comme, par exemple, Abraham au moment du sacrifice d'Isaac. C'est ici, selon moi, le plus haut degré qu'aient atteint les prophètes proclamés par les livres (saints) (5), pourvu qu'on pose en fait, comme on l'a établi, la perfection des qualités rationnelles de l'individu obtenue par la spéculation , et
(1) Voy. Genèse, ch. XV, v. 9 et 10.
(2) Littéralement : car ces paraboles furent dans une vision (qui eut lieu) pendant le jour. Le mot rtfrOES manque dans quelque -i mss. arabes, ainsi que dans la version d'Al-'Harîzi.
(3) C'est-à-dire , comme Ta déclaré le texte biblique lui-même, en disant: le soleil était près de se coucher (Genèse, XV, 12), d'où il s'ensuit qu'il faisait encore jour. Si, dans un passage antérieur (v. 5), Dieu dit à Abraham de compter les étoiles, il ne faut pas en conclure qu'il faisait nuit; car il ne faut pas oublier qu'il ne s'agit point ici de la réalité, mais d'une vision, dans laquelle il pouvait sembler à Abraham qu'il faisait nuit et qu'on voyait les étoiles. Cette vision se compose de deux actes, dont le second, signalé par le profond sommeil du. voyant, constitue une vision parabolique qui forme le huitième degré, et dont le premier, comme on va le voir, constitue un degré supérieur, sans parabole, qui est le neuvième. Voy. ci-dessus, ch. XLI, p. 3U, et cf. le Commentaire d'Abravanel sur la Genèse, ch. XV, au commencement.
(4) Voy. ci-dessus, ch. XLU, p. 320-322.
(5) Littéralement: le plus haut des degrés des prophètes , dont les livres (saints) attestent Vélat.
qu'on excepte de la règle commune Moïse, notre maître C!). Quant à (la question de savoir) s'il est possible que, dans la vision prophétique aussi, le prophète croie entendre la parole de Dieu W, (j'avoue que) selon moi, c'est là quelque chose d'invraisemblable, et la force d'action de la faculté Imaginative (3) ne va pas jusque-là; en effet, nous n'avons point rencontré cet état de
(1) Littéralement : après avoir établi ce qui a été établi de la perfection des qualités rationnelles de ïindividu selon ce qua pour résultat la spéculation , et après avoir statué une exception pour Moïse, notre maître. L'auteur veut dire que ce onzième degré est le degré le plus élevé auquel le prophète puisse parvenir, mais que pour ce degré, comme pour tous les autres, il faut avant tout supposer dans la personne du prophète des dispositions naturelles cultivées par la spéculation et par l'exercice des qualités morales, comme cela a élé établi plus haut (voir ch. XXXII, troisième opinion) ; en outre, ajoute l'auteur, il faut qu'on sache bien qu'en disant que c'est ici le degré le plus élevé qu'aient atteint les prophètes, il entend établir une exception pour Moïse qui n'est compris dans aucune des catégories qu'on vient d'énumérer et qui forme une catégorie à part (voir ci-dessus, ch. XXXV). Pour les mots Tipn NJÛ T"ïpn, le ms. de Leyde, n° 221, porte en marge la variante Dlpn NO D'Hpn ; c'est cette dernière leçon que paraît exprimer la version d'Aj-'Harîzi, qui porte y^n1? uNIt? HD ny^îl in«. Les mots NjnnDNbtf -|ym, qui signifient et après avoir excepté ou établi une exception , sont rendus dans la version d'Ibn-Tibbon par mi"inn TINT, et après avoir posé une condition. Al-'Harîzi traduit plus exactement : ^NJnn }ft N*2£W 'HnNI
iam WD.
(2) Littéralement : le prophète croie que Dieu lui parle. L'auteur se demande s'il ne faudrait pas établir, pour la vision, encore un degré supérieur, qui serait analogue au septième degré, relatif au songe; et il répond d'une manière négative.
(3) Tous les mss. portent ri^-HE^ t>>*fî fîip , ce qu'Ibn-Tibbon rend par ntnDn nm tys, et Al-'Harîzi, parnQWriDn rOH rfyiTi il y a dans ces versions une légère inexactitude, et il aurait fallu dire : nonon b)}B rO- — L'auteur veut dire que la faculté Imaginative, telle qu'elle agit dans la vision, ne va pas jusqu'à Faire croire au prophète que la Divinité elle-même lui adresse la parole, tandis que dans le songe, où l'imagination est troublée par toute sorte de fantômes, le prophète peut croire que c'est Dieu lui-même qui lui parle.
choses chez les prophètes ordinaires lf). C'est pourquoi on a dit expressément dans le Penlateuque : Je me fais connaître à lui dans une vision, je lui parle dans un songe (Nombres, XII, 6) ; on a donc placé la parole clans le songe seulement , tandis qu'on a placé dans la vision l'union f2) et l'épanchement de l'intellect (actif), ce qu'on a exprimé par y-nnN, je me fais connaître, qui est un verbe réfléchi (3) (dérivé) de yv, connaître, savoir W. Mais on n'a point dit clairement que, dans la vision, on puisse entendre & des paroles venant de Dieu.
Ayant trouvé des textes qui rendent témoignage des paroles ([lie le prophète aurait entendues et où (néanmoins) il est clair qu'il s'agit d'une vision, j'ai dit, par simple conjecture^), que peut-être, là où on dit que des paroles peuvent être entendues (seulement) dans un songe et qu'il ne saurait en être de même
(t) Littéralement : chez les autres prophètes. L'auteur veut dire : chez les prophètes autres que Moïse ; car ce dernier voyait Dieu face à face et Dieu lui parlait, bouche à bouche, ce qui veut dire que Dieu se manifestait clairement à son intelligence, sans l'intermédiaire de l'imagination.
(2) Sur le sens du mot ^N^nfct i union, cf. le t. I, p. 37, note 1.
(3) Le texte arabe dit ^Nyn£N , terme qui désigne la VIIIe forme des verbes arabes, et que les rabbins arabes emploient improprement pour désigner le hithpa'el des verbes hébreux. Yoy. mon édition du Commentaire de R. Tanlwum de Jérusalem, sur le livre de 'Habakkouk (dans le t. XII de la Bible de M. S. Cahen), p. 94, note 3.
(4) L'auteur veut dire que ce verbe indique qu'il s'agit ici d'une perception intellectuelle qui, bien que sous l'action de la faculté Imaginative, conserve cependant assez de clarté et n'est point dominée par les fantômes d'une imagination confuse.
(5) Littéralement : il y ait audition d'un discours de la part de Dieu. Ibn-Tibbon a traduit les mots DN^S ]}W2D littéralement par "un j;D$; les éditeurs ont substitué au substantif y£ïT le verbe yoty\
(6) Le mot Din ((j**X>) désigne une opinion fondée sur une simple conjecture, et c'est avec raison qulbn-Falaquéra a critiqué ici la version d'Ibn-Tibbon, qui porte rDtî'non 12£ b)ï- Selon Ibn-Falaquéra, il faudrait traduire l^l^n "îîi b]!- Voy. Appendice du More ha-Morc, p. 156, et cf. ci-dessus, p. 296, note 1.
dans une vision, c'est (dans l'hypothèse) que ce soit Dieu luimême qu'il (le prophète) s'imagine lui adresser la parole (*); et tout cela (je l'ai dit) en m'attachant au sens littéral (2). Cependant, on pourrait dire que toute vision où il est question de paroles entendues était en effet, de prime abord, une vision, mais qu'ensuite elle aboutissait à un profond assoupissement et devenait un songe, comme nous l'avons exposé au sujet de ces mots : Et un profond assoupissement pesa sur ^4 ^>mm (Genèse, XV ,12)(3\dontiIs
(1) En d'autres termes : c'est dans l'hypothèse que le prophète s'imagine que c'est Dieu lui-même qui lui adresse la parole. — Ce passage, qui est assez obscur, notamment dans la version hébraïque, a embarrassé les commentateurs. Voici quel en est évidemment le sens : L'auteur, après avoir déclaré invraisemblable que le prophète, dans une vision, puisse croire entendre la parole de Dieu, va au-devant d'une objection qu'on pourrait lui faire, en se fondant sur certains passages bibliques , où évidemment il est question de la parole divine adressée au prophète dans une vision, comme par exemple Genèse, ch, XV, v. 1 et 1. Il répond que, selon son opinion purement conjecturale, il ne s'agit dans ces passages que de la parole divine adressée au prophète par l'intermédiaire d'une voix inconnue, d'un personnage ou d'un ange (ce qui constitue les IXe, Xe et XIe degrés), tandis que dans le passage des Nombres, XII, 6, il s'agit de la parole immédiate de Dieu que le prophète croit entendre, ce qui ne peut avoir lieu que dans le songe. Cependant, continue l'auteur ensuite, il serait permis aussi de prêter au passage des Nombres un sens plus général ; car il se peut que ce passage veuille dire que dans la vision on n'entend jamais aucune parole de quelque nature qu'elle soit, et qu'on y voit seulement des paraboles; de sorte qu'il faudrait admettre que, partout où il est question de paroles dans une vision, il s'agit d'une révélation qui, après avoir commencé par une vision, finit par un songe. Dans ce cas, dit l'auteur en terminant, il n'y aurait que huit degrés de prophétie ; car les différents degrés de la vision se réduiraient à un seul, à savoir le huitième, où l'intellect divin agit sur le prophète, dans l'état de veille, par des visions paraboliques.
(2) L'auteur veut dire que le sens littéral ("inNtb^O du passage des Nombres favorise l'interprétation qu'il en a donnée, à savoir qu'on n'y exclut de la vision que la parole immédiate de Dieu que le prophète peut croire entendre dans le songe.
(3) Voy. ci-dessus, ch. XLI, p. 311.
(les docteurs) ont dit : « C'est l'assoupissemenhde la prophétie (l). » Toutes les fois donc qu'on entendait des paroles, n'importe de quelle manière , c'était dans un songe, comme dit le texte : Je lui parle dans un songe (Nombres, XII, 6), tandis que dans la vision prophétique , on ne percevait que des paraboles, ou des communications de l'intellect (2) faisant connaître des choses scientifiques semblables à celles qu'on obtient au moyen de la spéculation, comme nous l'avons exposé, et c'est là ce qu'on aurait voulu dire (par les mots) je me fais connaître à lui dans une vision (ibid.). Selon cette dernière interprétation donc, les degrés de la prophétie seraient au nombre de huit W, dont le plus élevé et le plus parfait serait celui, en général, où le prophète est inspiré par une vision, quand même ce ne serait qu'un personnage qui lui parlerait W, comme il a été dit.
Tu me feras peut-être une objection en me disant : « Tu as compté, parmi les degrés de la prophétie, celui où le prophète entendrait des paroles qui lui seraient adressées (directement)
(1) Voy. Berêschîtli rabbâ, sect. 17 (fol. 14, col. 4), et sect. 44 (fol. 39, col. 2 et 3).
(2) Mot à mot : ou des unions intelligibles, c'est-à-dire des révélations provenant de l'union de l'intellect actif universel avec l'intelligence du prophète. — Ibn-Tibbon rend ici le mot nN^NïJnN, unions, par nWÎ"!, perceptions , ce qui est inexact.
(3) Tous les mss. ont ]Nfth ; mais, à l'état construit, il est plus correct d'écrire ^NDH.
(4) C'est-à-dire : lors même que, dans la relation de la vision, il serait question d'un personnage qui aurait parlé au prophète, ce qui, selon ce qui a été dit auparavant, ne constituerait pas encore le degré le plus élevé de la prophétie, mais seulement Y avant-dernier degré (le Xe). L'auteur veut dire que, selon cette dernière interprétation, la vision ne formerait qu'un seul degré général, celui de la révélation parabolique, dans lequel on n'aurait plus d'autres gradations à établir, comme on l'a fait pour le songe ; car, si dans la vision parabolique on parle aussi quelquefois de paroles adressées au prophète par un personnage ou un ange, ce ne peut être que par une simple allégorie, ou pour indiquer que la vision a fini par devenir un songe.
par Dieu, comme, par exemple, Isaïe et Michaïahou. Mais, comment cela peut-il être, puisque nous avons pour principe que tout prophète n'entend la parole (de Dieu) que par l'intermédiaire d'un ange, à l'exception de Moïse, notre maître, dont il a été dit : Je lui parle bouche à bouche (Nombres, XII, 8)? » Sache donc qu'il en est ainsi en effet, et que ce qui sert ici d'intermédiaire, c'est la faculté imaginative; car ce n'est que dans le songe prophétique que le prophète entend Dieu qui lui parle (1), tandis que Moïse, notre maître, l'entendait de dessus le propitiatoire, d'entre les deux chérubins (Exode, XXV, 22) (2\ sans se servir de la faculté imaginative. Nous avons déjà exposé dans le Mischné Tôrâ les différences de cette prophétie (de Moïse), et nous avons expliqué le sens des mots bouche à bouche (Nombres, XII, 8), des mots comme un homme parle à son prochain (Exode, XXXIII, 1!), et d'autres expressions (3). C'est donc là que lu peux en puiser l'intelligence , et il n'est pas nécessaire de répéter ce qui déjà a été dit.