‹ Le guide des égarés;Chapitre 19 sur 93 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Ézéchiel, après avoir donné la description de la Mercabâ, telle qu'il la donne au commencement du livre, eut une seconde

(1) C'est-à-dire : le prophète reprend la description de ce qu'il n'avait fait qu'indiquer rapidement au verset 4.

(2) L'auteur nous laisse à deviner ce qu'il entend par ces différentes images. Selon Éphôdi et Schem-Tob, le firmament représenterait la neuvième sphère dénuée d'étoiles, ou celle du mouvement diurne, ce qui cadre très-bien avec les idées de Maïmonide. Le trône représenterait la convexité ou la surface de cette même sphère (cf. Samuel ibn-Tibbon, l.c, p. 48), et la figure humaine qui plane au-dessus représenterait l'intelligence de cette sphère, qui est la première des Intelligences séparées. Plus loin, l'auteur déclare qu'il faut se garder de voir dans la figure humaine Dieu lui-même et qu'elle ne saurait représenter qu'un être crée, à savoir la première des Intelligences. Il est vrai qu'au chap. lxx de la I™ partie, l'auteur représente la Divinité elle-même comme trônant sur le ciel 'Arabôth. Mais celle contradiction n'est qu'apparente, comme nous l'avons déjà fait observer ailleurs. Voy. 1. 1, p. 28, note 1. — Selon Moïse de Narbonne, il faut voir dans le trône une sphère supérieure, au-dessus de la sphère diurne, et qui porte le nom de •TOCTl sOB% ciel de la béatitude; mais c'est là une idée des kabbalistes, qu'on ne saurait attribuer à Maïmonide.

fois la même perception, lorsque, dans une vision prophétique, il fut transporté à Jérusalem ; et ici il nous explique des choses qui n'avaient pas été expliquées la première fois. Il substitue par exemple au mot 'hayyôlh (animaux) le mot kheroubîm (chérubins), et nous fait ainsi savoir que les 'hayyôth dont il a parlé d'abord sont aussi des anges, à savoir les chérubins (•). Il dit donc : Quand les chérubins marchaient, /<?« ophannîm marchaient près d'eux, et quand les chérubins levaient leurs ailes pour se soulever au-dessus de la terre, les ophannîm aussi ne se détournaient pas d'auprès deux (Ézéchiel, X, 16); et il confirme ainsi la liaison des deux mouvements, comme nous l'avons dit(*). Ensuite il dit : C'était la 'hayya que j'avais vue sous le Dieu d'Israël, près du fleuve de Chaboras, et je sus que c'étaient des chérubins (v. 20), de sorte que, après avoir décrit de nouveau les mêmes figures et les mômes mouvements, il déclare que les 'hayyôthsonl les chérubins et que les chérubins sont les * hayyôth. 11 expose, dans cette seconde description, encore une aulre idée, à savoir, que les ophannim sont des galgallîm (sphères) (3) : Les ophannîm, dit-il, je les entendis appeler galgal (v. i3). Puis il expose à l'égard des ophannîm une troisième idée, en disant d'eux : car ils marchaient vers l'endroit vers lequel était tournée la tête, ne se détournant pas dans leur marche (v. H); il dit donc clairement que le mouvement forcé des ophannîm se faisait vers l'endroit vers lequel était tournée la tête, c'est à-dire, comme il l'a exposé : là où c'était l'intention (divine) qu'elles

(1) C'est-à-dire : que les sphères sont les êtres chargés par le créateur d'exercer une certaine action sur le monde sublunaire. Voy. la déânilion que l'auteur donne du mot ange au chap. vi de la II* partie de cet ouvrage.

(2) Les chérubins représentent, comme les 'hayyôth, les sphères célestes. Ce verset, selon Maïmonide, indique, comme les versets 19-21 du chapitre I, que le mouvement des éléments dépend de celui des sphères. Voy. ci-dessus, p. 21, et ibid., notes 4 et 5.

(3) Voy ci-dessus, p. 18, note 5.

ullassent *■>. Il ajoute ensuite une quatrième idée au sujet des ophanntm en disant : les ophannîm étaient pleins tfyeux tout autour, leurs quatre opiunnîm (w. 12), ce qu'il n'avait pas dit d'abord <*). Il dit encore dans celte seconde vision, en parlant des ophanntm : leur chair, leur corps , leurs mains et leurs ailes (tM); ainsi, après n'avoir d'abord parlé ni d'une chair des ophanntm, ni de mains, nid'ai/e*, mais simplement de leurs corps, il 6nit par dire qu'ils avaient de la chair, des mains et des ailes P), sans pourtant leur attribuer une figure quelconque (*). En outre, il expose dans celte seconde vision que chaque ophan est en rapport avec un chérubin <5), et il dit : un ophan auprès de chaque chérubin (v. 9). Enfin, il expose encore ici que les quatre 'hayyôth n'en forment qu'une seule , étant attachées les unes aux autres W : C était, dit-il, la 'hayya que f avais vue sous

0) C'est-à-dire , les 'hayyôth, ou les sphères célestes. Selon l'auteur, Ézéchiel ferait allusion, dans le passage cité, au mouvement circulaire que les éléments font forcément en suivant le mouvement de la sphère céleste, désignée ici par le mot téle, chose que le prophète n'avait pas suffisamment expliquée dans la première vision. Voy. ci-dessus, p. 21, noie 4.

(2) Dans la première vision (ebap. I, vers. 18), le prophète avait dit: Orp niN^O onixn* Iturt dos, ou, selon noire auteur, leurs corps, étaient pleins d'yeux, tandis qu'ici il attribue les yeux à toutes les parties des ophanntm, à leur chair, à leurs mains, à leurs ailes, voulant dire que non-seulement les corps des éléments, mais toutes les parties de ces corps, leurs mélanges et leurs transformations, sont pleins d'yeux. Sot le sens du mot yeux, l'auteur s'est expliqué au chapitre précédent. Voy. p. 19 et les notes 3 et suivantes.

(3) L'auteur parait vouloir dire que dans la première vision le prophète ne parle que du corps élémentaire en général , tandis qu'ici il fait aliasion au mélange des éléments et à leurs différentes transformations*

(4) Voy. ci-dessus, p. 18, note 2.

(5) C'est- à dire: que chacun des quatre éléments se trouve sous l'influence spéciale de l'une des quatres sphères. Voy. le t. If, chap. x, p. 86-87.

(6) Toutes les sphères ensemble ne forment qu'une seule substance, appelée cinquième corps. Voy. 1. 1, chap. lxxii, p. 356-357, et cf. cidessus, p. 18, note 6.

le Dieu a" Israël, près du fleuve de Chaboras (v. 20). C'est ainsi qu'il désigne les ophannîm par ces mois : et voici il y avait un ophan sur la terre (I, 15), quoiqu'il y eût, comme il le dit *), quatre ophannîm (I, 16; X, 9); (et cela) parce qu'ils étaient attachés les uns aux autres , et que tous les quatre avaient une même ressemblance (I, 16) Telles sont les explications qu'il ajoute , dans celle seconde vision au sujet de la forme des 'hayyâth et des ophannîm.

Page 1