CHAPITRE XXIII
Cette histoire de Job admise (comme vraie) , la chose sur laquelle de prime abord (3) les cinq personnages, c'est-à-dire Job et ses amis, furent d'accord, c'était que Dieu avait connaissance de tout ce qui était arrivé à Job, et que c'était Dieu qui l'avait frappé de tous ces malheurs. Tous aussi s'accordaient à reconnaître que Dieu ne saurait être taxé d'injustice et qu'on ne sauce qu'il est possible de faire pour expliquer l'allégorie contenue dans le prologue historique du livre de Job.
(1) Littéralement : aux paroles en dehors de cela; c'est-à-dire, à ce que chacun d'eux a dit en dehors des passages qui seront cités comme preuves de leurs opinions.
(2) L'auteur veut dire que, dans les discours de Job et de ses amis, il y a des passages caractéristiques dans lesquels se dessinent leurs opinions respectives et qui forment le fond de l'allégorie qu'ils ont en vue; le reste n'a pas d'importance pour l'allégorie en elle-même et pour l'idée philosophique qu'elle renferme, et ne sert qu'à achever la peinture au point de vue de l'art poétique. C'est là ce que l'auteur veut dire par les mots nécessitées par l'ordre (ou l'ensemble) du discours. Il renvoie à l'Introduction de son ouvrage, où il a dit que parfois l'ensemble de l'allégorie révèle l'ensemble du sujet représenté, mais qu'à côté il se trouve des passages qui n'ajoutent rien au sujet représenté, et qui servent seulement à l'embellissement de l'allégorie et à la symétrie du discours. Voy. 1. 1, p. 19 et suiv.
(3) Mot à mot: dés qu'elle arriva; c'estrà-dire , l'histoire. Le verbe féminin mi («y^) qu'ont tous les rass. ne peut se rapporter qu'au mot rttp, histoire.
mil lui allribuer d'iniquité. Ce sont là des idées qu'on trouvo souvent répétées même dans les paroles de Job (*). Si Ton considère les paroles que les cinq hommes échangent dans leur dialogue, on serait tenté de croire que ce que dit l'un, tous les autres le disent également, et que les mômes idées se répètent et se croisent. Du côté de Job, elles ne sont interrompues que par la description qu'il fait des violentes douleurs et souffrances qu'il subit malgré sa droiture , par la peinture de sa justice, de son noble caractère et de la bonté de ses actions. Oc leur côté , ses amis mêlent, dans les discours qu'ils lui adressent, des exhortations à la patience, des consolidions et de douces paroles, disant qu'il devait se taire et ne pas lâcher la hride à ses paroles . comme quelqu'un qui se dispute avec son semblable, mais plutôt se soumettre en silence W aux décrets de la Divinité. A quoi il répond que les violentes douleurs empêchent d'être patient et ferme, et de s'exprimer comme il convient. Tous ses amis s'accordent à soutenir que ceux qui font le bien en sont récompensés, et que ceux qui font le mal en sont punis. Si , disent-ils, on voit un pécheur dans le bonheur, on peut être certain que le contraire aura lieu dans l'avenir; il périra, et des malheurs fondront sur lui, sur ses enfants (3) et sur sa race. Si, au contraire, on voit un homme pieux dans l'adversité, celui-ci ne pourra manquer d'obtenir une réparation (*). Cette idée, tu la trouveras
(1) C'est-à-dire, Job lui-même, dans ses plaintes, ne va pas jusqu'à dire que Dieu n'avait aucune connaissance de ce qui lui était arrivé, ni que Dieu était injuste à son égard ; il se borne à protester de son innocence, et à soutenir qu'il n'avait pas mérité ce grave châtiment.
(2) Au lieu de , que je crois être le futur énergique , de dans le sens de s'humilier, plusieurs mss. ont jj?t (u***Sî)» de se soumettre, obéir. Cette dernière leçon est peut-être préférable.
(3) Au lieu de 71*1221 quelques mss. ont nrV221, variante qui s'explique par une copie en caractères arabes ; de même Ibn-Tibbon :
Al-'Harizi : Ijnn "32 tyl rty ibim.
(4) Littéralement: sa fracture sera nécessairement jointe ou remise. Sur
répétée dans les discours d'Éliphaz, de Bildad et de Sophar, el les Irois sont d'accord sur celte opinion. Mais ce n'est pas l i le but de toute cotte histoire, où l'on a eu plutôt en vue de faire connaître ce que chacun d'eux professait en particulier et l'opinion qu'il avait sur un événement où nous voyons l'homme le plus intègre et de la plus parfaite droiture frappé des calamités ies plus grandes et les plus violentes.
Selon l'opinion de Job, cet événement prouvait que l'homme vertueux et l'impie sont égaux devant Dieu, qui méprise l'espèce humaine el l'abandonne O. C'est ainsi qu'il dit entre autres : C'est la même chose; c'est pourquoi je dis : il détruit l'homme intègre et l'impie; si le flot tue subitement, il se rit de la calamité des innocents (Job, IX, 22 23); c'est-à-dire, si le torrent (*) arrive subitement, fait périr et enlève tous ceux qu'il rencontre, i! (Dieu) se rit de la calamité des innocents. Il confirme ensuite celte opinion en disant : L'un meurt dans la plénitude de sa force, tout tranquille et paisible; ses vases sont pleins de lait etc. L'autre meurt l'âme affligée, sans avoir joui du bonheur. Ensemble ils seront couchés dans la poussière, et les vers les couvriront (XXI , 25-26). 11 allègue encore pour preuve l'état prospère des méchants et leur bonheur, et il s'étend beaucoup là-dessus : Quand j'y pense, dit-il, suis effrayé et ma chair est saisie de tremble» ment. Pourquoi les impies vivent-ils, vieillissant et augmentant de force? Leur postérité est debout devant eux etc. (ibid., v. 6-8).
la locution njHi: "Ci, cf. le texte arabe plus loin, ch. xxxvi (fol. 77 b, av. der. 1.), chap. xl (fol. 87 b, 1. i), chap. xli (fol. 91 a, 1. 19), chap. xlix (fol. 114 a, 1. 14), chap. lui (fol. 131 a, dernière ligne).
(1) Mot à mot : par dédain pour l'espèce humaine el par mépi is pour elle. Ibn-Tibbon a omis clans sa version les mots fi5? NnintDNV Al-'Harizi traduit : NTDn ytQ mvm -pj> rxftp
(2) On voit que le mot DiC, qui signifie fléau, est ici pris par Maïmcnidedans le sens de flot, torrent, ce qui ne ressort pas de la version d'Ibn-Tibbon, qui reprodui le mot BIP du lexte de Job. Al-'Harizi traduit mieux : F)D1tf KIT ON.
Après avoir décrit ce bonheur parfail, il dit à ses interlocuteurs : Admettons qu'il en soit comme vous le prétendez, que les enfants de ce mécréant heureux périssent quand il n'est plus et que leur trace disparaisse, quel dommage résulte-t-il pour cet homme heureux de ce qui arrivera à sa famille quand il ne sera plus ? Que lui importe sa famille (qu'il laisse) après lui, quand le nombre de ses mois est accompli (ibid^v, 21)? Ailleurs il déclare qu'il ne faut rien espérer après la mort, de sorte qu'il ne reste pas autre chose à dire, si ce n'est qu'il y a abandon C'î. Il exprime donc son étonnement de ce que Dieu , n'ayant pas négligé , dans le principe, la création de l'individu humain, néglige pourtant de le gouverner (*), et il dit : Ne m as-tu pas coulé comme du lait,
(1) La phrase arabe est très-concise ; en voici le sens : Job déclare qu'il ne faut espérer aucune compensation après la mort, et que par conséquent, si nous voyons l'homme vertueux accablé de souffrances , tandis que l'impie jouit d'un bonheur parfait, nous ne pouvons donner aucune solution de ce problème ; et il ne nous reste autre chose à dire, si ce n'est qu'il y a abandon de la part de Dieu, c'est-à-dire que Dieu ne s'occupe pas des individus humains et les abandonne à leur sort. — Ibn- Tibbon, n'ayant pas bien saisi le sens de cette phrase, l'a ainsi paraphrasée : nnacn mny rw nbnm mNtw p on « il ne
reste donc pas d'espérance, mais il y a là abandon et oubli. » Al-'Harizi traduit plus exactement: NTOÏTO nï^innn HT O 11310 «il résulte donc de ses paroles qu'il y a là insouciance de la part du créateur. »
(2) Littéralement : comment il n'a pas négligé Cœuvre primitivedê la
formation yi-tian) de l'individu humain et sa création^ et a pourtant
négligé de le gouverner. Les mots ro doivent être prononcés
tjy> £jué juol , le principe de l'œuvre de la formation , c'est-à-dire l'œuvre primitive de la formation. Par ces mots, l'auteur fait allusion à la description que donne Job de la formation du fœtus (X, 10 et suiv.). Le mot
npWl a été considéré par Ibn-Tibbon comme un verbe (!&L£) , et il traduit : miN ; mais dans ce cas il eût été plus correct de dire
Xiuii. Je considère ce mot comme un nom d'action (iwà»j), à l'accusatif, comme jJol. C'est dans le même sens qu' Al-'Harizi traduit ce mot, quoique sa traduction soit d'ailleurs très-confuse : morù blTt)
coagulé comme le fromage etc. (X, 10)? — C'est là une des opinions professées sur la Providence (*). Les docteurs, tu le sais, déclarent celte opinion de Job extrêmement blâmable (4^, en so servant d'expressions comme les suivantes : « Poussière sur la bouche de Job (*). — Job voulait renverser le plat sur son bord (5). — Job niait la résurrection des morts. — Job s'était mis à prononcer des blasphèmes. » Si cependant Dieu dit à Élipbaz W : car vous n'ave% pas parlé convenablement de moi comme mon serviteur Job (XLII, 7), les docteurs, pour justifier celaW,
(t) Tous nos mss. ar. ont seulement: îTfcUp^N *fî nipnyobtf, crues ou admises sur la Providence. La version d'Ibn-Tibbon porte :
o^yon nyp mrDan ip*o rimera rmo«an nijnn jo nn«,
«une des opinions énoncées sur la Providence et que certains penseurs
ont admises. » Ai-'Hartzi a : ton nuiCNm mjnn p rra NVI n»r
HTQn nTOTC DrDNïtb. On voit qu'il avait la même leçon que nous ; mais sa traduction manque d'exactitude. L'auteur fait allusion à l'opinion professée par Aristote et d'autres philosophes. Voy. ci-dessus, chap. xvu, * opinion.
(2) Proprement : maladive ; les deux traducteurs hébreux ont :
Vin rrtana.
(3) Voy. Talmud de Babylone, traité Bâba balhra, fol. 16 a.
(*) N1£)?i poussière sur sa bouche, est une locution prover-
biale qui signifie : sa bouche mérite qu'on y lance de la poussière pour la fermer, ou pour la salir.
(5) Autre locution proverbiale, qui signifie : mettre tout sens dessus dessous, professer des opinions subversives.
(6) Ibn-Tibbon ajoute y>yn, et à ses amis, ce qui ne se trouve ni dans le texte arabe, ni dans la version d'Al-'Harizi ; et en effet, dans le texte du livre de Job, xlii, 7, les paroles de Dieu ne s'adressent qu'à Éliphaz seul.
(7) C'est-à-dire , pour justifier cette allocution que Dieu adresse à Éliphaz. Dans la version d'Ibn-Tibbon, les mots onn Drain p S"IT «mt une double traduction des mots arabes -jVi ])} ; les mss. n'ont pas TU ty. La version d'Al-'Harizi porte: ND1T1 71ÎO VTipri ra. ce qui est un pur contre-sens, car l'auteur ne veut pas parler de la justification de Job.
176 THOISlfeME PAHTIE. — CHAP. XXII!.
disent : «< L'homme n'est pas responsable quand il souffre (O *, c'est-à-dire qu'il (Job) était excusable à cause de ses violentes souffrances. Mais de telles paroles ne cadrent pas avec toute cette parabole W. La cause (du discours en queslion) n'est autre que celle que je vais l'exposer ;3) : C'est que Job était revenu de cette opinion extrêmement erronée et en avait lui-môme démontré la fausseté. Ce n'était là qu'une opinion qui surgit de prime abord, surtout chez un homme frappé de malheurs et intimement convaincu de son innocence, et c'est ce que personne ne contestera; c'est pourquoi celle opinion est attribuée à Job. Cependant celui-ci ne proférait tous ces discours que lant qu'il était dans l'ignorance et qu'il ne connaissait Dieu que par tradition, comme le connaît la foule des hommes religieux ; mais dès qu'il eut de Dieu une connaissance certaine, il reconnut que la vraie félicité, qui consiste dans la connaissance de Dieu, est réservée à tous ceux qui le connaissent (*), et qu'aucune de toutes ces calamités ne saurait la troubler chez l'homme. Ces félicités
(1) Talmud, ibidem, fol. 46 b. Selon le Talraud, les paroles que Dieu adresse à Éliphaz auraient ce sens que Job, accablé de douleur, ne pouvait ôtre rendu responsable des plaintes qu'il proférait, tandis que ses amis élaienl coupables pour avoir prétendu justifier Dieu. Job du moins laissait la question intacte; tandis que ses amis prétendaient la résoudre par des argumentations erronées.
(2) C'est-à-dire , ce que les docteurs disent pour expliquer les paroles adressées par Dieu à Éliphaz, ne s'adapte pas bien à l'ensemble de la parabole du livre de Job. En effet, selon Maïmonidc, le personnage de Job a dans cette parabole un rôle philosophique bien déterminé; il ne se borne pas à proférer des plaintes que lui arrache la douleur, mais il professe sur la Providence une opinion bien réfléchie et qui est condamnable au point de vue de la religion. L'auteur cherche donc à expliquer autrement que les docteurs le sens de ces mots : « car vous n'avez pas parlé convenablement de moi comme mon serviteur Job. »
(3) Mot à mot : la cause de cela; c'est-à-dire, la cause du discours adressé par Dieu à Éliphaz.
(4) Le suffixe dans HSI]; se rapporte à nM^N^K, Dieu. Quelques mss. ont incorrectement NH£"iy avec le suffixe féminin, et de même les éditions de la version d'Ibn-Tibbon ont njTPttS tandis que les mss.
imaginaires, comme la santé, la richesse, les enfants, Job les avait considérées comme but, tant qu'il ne connaissait Dieu que par tradition et non par la réflexion ; c'est pourquoi il tomba dans tous ces égarements et proféra ces discours (blâmables). Tel est le sens de ces paroles : Je ri avais fait qu'entendre parler de toi, mais maintenant mon œil t'a vu ; cest pourquoi je rejette (tout cela) et je me repens de la poussière et de la cendre (XLII , 5, 6). Ces mots doivent se compléter ainsi suivant le sens : « C'est pourquoi je méprise tout ce que j'avais désiré autrefois, et je me repens d'avoir été dans la poussière et la cendre (0; » car c'est celte situation qu'on lui attribue (en disant) : Et il était assis dans la cendre{\\, 8). C'est donc à cause de ce discours final, qui indique la perception vraie, qu'il est dit de lui immédiatement après : car vous n'avez pas parlé convenablement de moi comme mon serviteur Job.
L'opinion d'Éliphaz sur cet événement est également une des opinions professées sur la Providence. Selon lui, en effet, tous les malheurs qui avaient frappé Job, il les avait mérités ; car il avait commis des péchés qui lui avaient mérité ce sort (*>. C'est
de cette version ont injjTÎP. Ibn-Tibbon ajoute dans cette phrase les 10018 p£D nb2y sans doute, dont nous ne trouvons l'équivalent dans aucun des mss. arabes. Le mot UQD, à la fin de la phrase, est une simple faute d'impression, et ne se trouve pas dans les mss. Al-'Harizi traduit exactement : inyPtf SD toi rOOÎD NTIff.
(1) C'est-à-dire, de m'être attaché aux choses matérielles de la vie humaine et d'avoir formé là-dessus mon jugement. Moïse de Narbonne et les autres commentateurs pensent avec raison que Maïmonide entend ces paroles de Job dans un sens moral, et que les mots poussière et cendre signifient ici la nature ; il en est de même de ce passage du prologue : « il était assis sur la cendre. Cette explication s'accorde parfaitement avec le sens allégorique que Maïmonide, dans le chapitre précédent, prête à toat le prologue. Cf. Samuel ibn-Tibbon, traité Yikkawou ha-malm, chap. 25, p. 101.
(2) Cette opinion est celle que l'auteur a présentée plus haut comme 1 opinion orthodoxe généralement admise par les prophèîes et les docteurs d'Israël. Voy. ch. xvii, 5e opinion.
toh. m. 12
là ce qu'il dit à Job : Ton impiété ri est-elle pas grande, tes iniquités ne sont-elles pas sans fin (XXII, 5) ? Ailleurs il dit à Job : « Les bonnes actions et la conduite vertueuse sur lesquelles tu le fies <*) ne font pas que lu sois nécessairement un homme parfait devant Dieu, de manière que tu ne puisses être puni : Certes, il ri a pas confiance en ses serviteurs, il trouve des défauts même dans ses anges. Qrien sera-t-il de ceux qui habitent dans des maisons d'argile, qui ont leur fondement dans la poussière (IV, 18-19) ? » Eliphaz ne cesse de répéter cette pensée W ; je veux dire qu'il croit que tout ce qui arrive à l'homme, il a dû le mériter, mais que les fautes par lesquelles nous méritons le châtiment échappent à notre perception, et (que nous ignorons) de quelle manière elles nous ont valu le châtiment.
L'opinion de Bildad le Schouhite sur cette question est celle qui admet la compensation (3). En effet, il dit à Job : « Ces grands malheurs, si toutefois tu es pur et que tu n'aies pas commis de péché, onl pour raison de te faire mériter une récompense d'autant plus grande; et certes tu auras la plus belle compensation (*). Tout cela est donc un bien pour toi , c'est aCn que le bonheur dont tu jouiras à l'avenir soit d'autant plus grand. » Tel est le sens do ces paroles qu'il adresse à Job : Si tu es pur et juste, certes il veillera sur toi et fera prospérer ta demeure de justice; et si ton commencement a été chétif, ton avenir sera très-
(1) Dans la version d'Ibn-Tibbon, les mots jyra im« 3finn nPlKttf vty sont une double traduction du verbe manyn ; Al-'Harizi traduit :
(2) Mot à mot : de tourner en cercle vert ce but, expression qu'Ibn- Tibbon a affaiblie en traduisant ynr\ TO rû^D- Al-'Harizi traduit plus
exactement : pyn HT MD 220b tfî^K bm «bv
(3) Cette opinion, comme on l'a vu au chap. xvu, p. 128 et ib., n. 4, est celle des Mo'tazales et de certains docteurs juifs d'entre les Karaïtes et les gueônim.
(4) La forme verbale pyriD a ici évidemment le sens passif ou neutre, et il aurait été plus régulier de dire jbliH; peut-être faut-il prononcer
jbyûU», pour jjbyâ&w.
prospère (VIII, 6 et 7). Tu sais que cette opinion sur la Providence est très-répandue, et nous l'avons déjà exposée.
L'opinion de Sophar le Naamathite est celle qui admet que lout dépend de la seule volonté de Dieu , qu'il ne faut chercher aucune raison dans les actions divines, et qu'il ne faut point demander pourquoi il a fait telle chose ou telle autre chose (*). C'est pourquoi , dans tout ce que fait Dieu , il ne faut chercher ni une raison de justice, ni une exigence de sa sagesse, car il est de sa grandeur W et de sa véritable essence de faire ce qu'il veut, mais nous sommes incapables de pénétrer dans les secrets de sa sagesse, qui exige qu'il agisse selon sa volonté' et sans aucune autre raison (3). C'est là ce qu'il dit à Job : Puisse Dieu parler et ouvrir ses lèvres pour toi ! Il t'annoncerait les secrets de la sagesse; car il y a là doublement de quoi l'instruire M. Peuxtu trouver l'impénétrable {secret) de la Divinité ? Peux-tu pénétrer la perfection du Tout-Puissant (XI, 5, 6, 7) ?
Tu vois, par conséquent, si tu y réfléchis, comme cette histoire, qui a tant troublé les hommes, a été (sagement) disposée, de manière à amener les différentes opinions sur la Providence
(1) Dans tous les mss. arabes on lit Nin tyfî Nûb «bli ni pourquoi il a fait telle (autre) chose. Ibn-Tibbon traduit inexactement : nû^ï HT n&j? ; la version d'Al-'Harizi renferme la môme inexactitude.
(2) Ibn-Tibbon rend inexactement le mot nnDtiy par imDîty. Al- 'Harîzi tradoit plus exactement : "m M"TV innCNl IDIÎiyn
(3) On reconnaît dans cette opinion celle des Ascharites. Voir chap. xvn, 3« opinion.
(4) Il est difficile de dire dans quel sens Maïmonide interprète les mots n^Bnni O'bSS qui ont élé si diversement expliqués par les commentateurs anciens et modernes, et dont le sens le plus naturel parait être celui-ci : car elle est infiniment plus grande que ta sagesse et ton raisonnement vulgaire. Les anciens commentateurs juifs prennent généralement le mot rPttAH dans le sens de Tora , doctrine ou instruction , et c'est dans ce sens que nous l'avons traduit.
tpie nous avons précédemment exposées (O. On y présente chacune de ces opinions à part (*', et on l'attribue à un des hommes de l'antiquité, célèbres par la vertu et la science (3>, si toutefois c'est une parabole; ou bien même ils ont pu réellement parler ainsi, si c'est une histoire vraie. Ainsi, l'opinion attribuée à Job est conforme à celle d'Aristote; l'opinion d'Eliphaz, à celle de notre religion ; l'opinion de Bildad correspond à la doctrine des Motazales; enfin l'opinion de Sophar correspond à la doctrine des Ascharites.
Ce sont là les opinions anciennes sur la Providence. Tu vois ensuite une nouvelle opinion qui est celle attribuée à Elihou. C'est
(t) Littéralement : vois et réfléchis comment a été établie cette histoire qui a troublé les hommes et les a conduits aux opinions que nous avons précédemment exposées sur la Providence de Dieu à l'égard des créatures.
(2) Mot à mot : on mentionne tout ce qu'exigeait la division ou la classification; c'est-à-dire, on parcourt les différentes opinions qui peuvent exister sur celte question de la Providence. — Le mot "OTi qu'Ibn- Tibbon a considéré comme un nom d'action O^j) et qu'il a traduit par p"Dn, doit être prononcé comme prétérit passif
(3; Ibn-Tibbon a supprimé dans sa version le mot O^V^«1> et la science; selon Ibn-Falaquéra , il l'aurait fait avec intention, parce qu'il est dit au chap. précédent (jp. 163) que Job n'était pas un homme de science. Voy. Append. du Moré ha-Moré, p. 157 : -)D*Off itûD D^CrpD C^l
udq bbv ntyo^ *a ricanai ma^na (lis. ra pisa) pien ma bùsbx '•aiya ïwwo trm npnynno noan nte tdîti noann
D b y b N V Ibn-Falaquéra cherche à justifier Maïmonide de celte contradiction apparente, en disant qu'au chap. précédent on veut parler de la science spéculative que Job ne possédait point , tandis qu'ici il s'agit seulement de la sagesse pratique et de la morale. Cette distinction subtile nous parait superflue; car dans notre passage il s'agit, non-seulement de Job, mais aussi et surtout de ses amis et interlocuteurs, que l'on présente comme des hommes possédant une science réelle. Al-'Harizi ne s'est point arrêté à la difficulté signalée par Ibn-Falaquéra ; il traduit :
Tom oan -m ^ruo imb ^>an laoov
pourquoi (f> ce dernier est réputé supérieur à ceux-là W, et on déclare que, bien qu'il fût le plus jeune parmi eux , il les surpassait en science. Il commence par réprimander (3) Job, qu'il taxe de sottise pour avoir montré de l'orgueil et pour s'être étonné des malheurs qui l'ont frappé, quoiqu'il n'eût fait que le bien ; car il s'était longuement vanté de ses actions. Ensuite il taxe également de radotage W l'opinion des trois amis de Job sur la Providence, et il se sert d'expressions si singulièrement énigraatiques, que le lecteur, en considérant ses paroles, s'étonne d'abord, croyant qu'il n'ajoute absolument rien à ce qu'avaient dilEliphaz, Bildad et Sophar, et qu'au contraire il ne fait que
(1) C'est-à-dire, pour justifier l'intervention de ce nouvel interlocuteur, quand le débat est tellement épuisé que Bildad ne sait plus que répéter quelques lieux communs (ch. xxv) et que Sophar est entièrement réduit au silence.
(2) C'est-à-dire, à Job et à ses trois amis. Les mss. ont généralement : Drn:y bïffî; de même Ibn-Tibbon : d^n n3W, et Al-'Harizi : Orrrya- Le ms. de Leyde, n° 221, a omty bâfî, et c'est dans ce sens que nous avons traduit. Un des mss. de la Bibliotb. irop. (ancien fonds, n° 230) porte: onij; ^>!ifî; suivant celte leçon, qui est peut-être préférable, il faudrait traduire: c'est, pourquoi il est séparé ou distingué feux.
(3) Le verbe arabe est rendu dans la version d' Ibn-Tibbon par les deux verbes "nyaVl mrobî le premier de ces deux verbes, qu'il faut prononcer nlro1?, vient de nn3, I Sam., III, 13.
(4) Le verbe «XJLi signifie avoir Vesprit affaibli par la vieillesse (p^Jî fer* tfî^l <& vjbuàJt y&y «XJuUt... Comment. surHaririf p. 133), et à la IIe forme (<xli) dire que quelqu'un divague par la vieillesse. C'est pourquoi Ibn-Tibbon traduit : onjn VJH nC^P b$ pï
ûrupr an by- Au lieu de («XâO, Ibn-Falaquéra lisait Tp («xi), et il traduit : VT3n rYljn J>3p- Voy. Append. duMoréha-Moré, p. 157. Cette variante s'explique par une copie écrite en caractères arabes. Al-'Harizi avait peut-être la même variante; il traduit : PV)3D 13T pi VJP TWbv» Les mots frioyta *ur te Providence, manquent dans quelques mss., et n'ont été exprimés ni par Ibn-Tibbon, ni par Al- 'Harizi.
répéter leurs idées par d autres termes et avec plus de développement. En effet, il ne fait autre chose que réprimander Job, décrire la justice divine et les merveilles de l'univers et (proclamer) que Dieu n'est affecté ni par la vertu de l'homme pieux, ni par le péché de l'impie (*); mais toutes ces choses, les amis de Job les avaient déjà dites. Cependant, en y réfléchissant, tu comprendras l'idée nouvelle qu'il y a apportée et qui était son but , idée qu'aucun d'eux n'avait exprimée auparavant. Avec cette idée pourtant il a répété tout ce que ceux-là avaient dit , de môme qu'eux tous, Job et ses trois amis, répètent chacun l'idée exprimée par les autres, comme je te l'ai déjà dit ; et cela a pour but de cacher ce que l'opinion personnelle de chacun a de particulier, de manière qu'il semble au vulgaire qu'ils se rencontrent tous dans une seule et môme opinion, quoiqu'il n'en soit pas ainsi. L'idée qu'ajoute Elihou et qu'aucun deux n'avait exprimée, c'est celle qu'il présente allégoriqueroent par l'intercession d'un ange. C'est, dit-il, une chose attestée et bien connue , que lorsqu'un homme est malade à la mort et qu'on désespère de lui, s'il a un ange, n'importe lequel, qui intercède
(1) Au lieu de quelques mss. ont "pin. qui a le même sens; Ibn-Tibbon a encore ici deux mots : myjm ^rDiT Cf. p. 181, n. 3.
(2) C'est-à-dire , que Dieu ne lire aucun avantage de la vertu des hommes, et que leurs péchés ne l'atteignent point. Voy. Job, chap. xxxv, v. 6 et 7 : Si tu pèches, quel mal fais-tu à lui ? Si les crimes sont nombreux, quel mal en reçoit-il ? Si tu es vertueux, que lui donnes-tu, ou que reçoit-il de ta main ? Les mots ^KS1 Hb signifient proprement : il ne fait pas attention ou il ne se préoccupe pas; mais ce n'est pas là ce que l'auteur veut dire, car Élihou admettait au contraire que Dieu se préoccupe des actions humaines, qu'il récompense l'homme pieux et punit le pécheur. C'est donc avec intention, je crois, qu' Ibn-Tibbon traduit ces mots par ttPJT N^ï H ne sent pas ou il ne s'aperçoit pas, c'est-à-dire que le bien ou le mal que fait l'homme n'agissent pas sur l'essence divine. Ibn-Falaquéra, trouvant cette expression trop matérielle (ntmn 'IV )b DrvVl p3i WHt P^re traduire : & rPBP N^î mais ces mots ont l'inconvénient de ne pas rendre exactement la pensée de l'auteur, pas plus que les mots anrP ttV qu'emploie Al-'Harîzi.
pour luit1), l'intercession de ce dernier sera agréée, le malade se rétablira (*), sera sauvé et reviendra au meilleur élat possible. Cependant, cela ne peut pas se continuer toujours, et il ne peut y avoir d'intercession continuelle, à tout jamais, mais seulement deux ou trois fois W. C'est là ce qu'il dit : S'il a un ange qui intercède pour lui etc. (XXXIII, 23) ; et, après avoir décrit l'état progressif du convalescent et la joie que lui cause son retour à la parfaite santé (*), il ajoute : Tout cela, Dieu le fait deux ou trois fois pour l'homme (ibid., v. 29). — C'est là une idée qui n'est exposée que par Elihou seul ; mais ce qu'il ajoute en outre, avant (d'exprimer) celle idée, c'est qu'il commence par décrire (5) comment arrive l'inspiration prophétique, en disant: Car Dieu parle une fois, deux fois, sans que l'on y fasse attention. Dans un songe, une vision nocturne , lorsqu'un profond som-
(1) C'est-à-dire, si, par l'effet de la Providence divine, une force quelconque de la nature lui vient en aide. On a déjà vu que le mot ange désigne souvent les forces émanant des sphères célestes et toutes les forces physiques. Voy. tome II, chap. vi, p. 70 et suiv.
(2) Littéralement : sa chute sera relevée, ou mieux il sera relevé de sa chute. Sur cette expression, voy. le tome II, p. 215, note 1.
(3) C'est-à-dire, la nature peut vaincre la maladie et sauver l'homme deux ou trois fois; mais il est mortel et finira par succomber.
(4) Au lieu de bND3, quelques mss. ont ^Nn i et de même Ibn-Tibhon munan pjJJ btf, à Vital de santé.
(5) Dans la version d'Ibn-Tibbon , les mots nnnfîN HJD sont inexactement rendus par "lûNtP Dû. Al-'Harizi traduit : 011p br\Ti *2 TOim n>02Jn rx\yH 1£Db PJ?n HT- — En faisant ressortir, dans les discours d'Élihou, les deux points dont il vient d'être parlé, à savoir la manière dont Dieu sauve souvent l'homme d'un mal imminent et la manière dont arrive à l'homme l'inspiration prophétique , l'auteur paraît vouloir indiquer que l'opinion d'Élihou est conforme à la sienne propre, d'après laquelle l'individu humain est seul l'objet de la providence particulière de la Divinité. Voy. ci-dessus, chap. xvn, p. 129 et suiv., où l'auteur établit que l'homme seul, qui participe plus ou moins de l'épanchement de l'intelligence divine, participe dans la même mesure de la Providence divine.
meil pèse sur les hommes etc. (ibid.t v. 14 et 15). Ensuite il confirme cette opinion et pour montrer de quelle manière il faut l'entendre, il décrit une série de phénomènes physiques, tels que le tonnerre, la foudre, la pluie, le souffle des vents. 11 y mêle aussi beaucoup de choses concernant les ôlres vivants, en parlant par exemple de l'irruption de la peste ; en un instant ils meurent au milieu de la nuit etc. (XXXIV, 20), de grandes guerres qui éclatent : // brise des puissants sans nombre, et il met d'autres à leur place (ibid.tv. 24), et de beaucoup d'autres choses semblables W.
Tu trouveras de môme que, dans la révélation qu'eut Job (3), et par laquelle il devint clair pour lui qu'il s'était trompé dans tout ce qu'il s'était imaginé, on ne fait constamment que décrire les choses physiques, soit les éléments, soit les météores, soit la
(1) C'est-à-dire, son opinion concernant la Providence divine , et qui, selon l'auteur, résulte des passages qu'il vient de citer.
(2) On ne voit pas bien la liaison de ces derniers passages avec ce qui précède, et, en général, l'auteur s'exprime sur l'opinion qu'il attribue à Élihou d'une manière très-obscure. Ici, ce me semble, il attribue à Élihou l'opinion qu'il a développée plus haut (chap. xn) sur les différents maux qui frappent les hommes, et qui semblerait contredire ce qui a été dit sur la Providence veillant sur les individus humains ; il montre qu'Élihou pense, comme lui-même, que ces maux, inhérents à la matière ou à la nature humaine, n'arrivent à l'individu que d'une manière exceptionnelle et sont un bien pour l'ensemble de l'humanité. Par les exemples de la peste et de la guerre , l'auteur fait allusion , je crois, à la première et à la deuxième espèce de maux dont il a parlé au chop. xn. Comme solution finale du problème, ainsi qu'on va le voir, l'auteur établit que nous ne saurions nous former une idée juste de la Providence divine, du régime divin et de la science divine; car nous en jugeons par le régime humain , tandis que ce n'est que par simple homonymie que régime, science, et beaucoup d'autres choses se disent à la fois de Dieu et de nous, bien que les deux choses soient totalement et essentiellement différentes.
(3) C'est-à-dire, dans la théophanie qui termine le livre de Job (chap. xxxviii à xli).
nature de différentes espèces d'animaux, pas autre chose. Si on y parle aussi des régions éthérées , des cieux , de l'Orion , des Pléiades, c'est à cause de leur influence sur notre atmosphère; car tous les objets sur lesquels Dieu appelle l'attention de Job n'appartiennent qu'au monde sublunaire. C'est ainsi qu'Elihou aussi tire ses avertissements des différentes espèces d'animaux : // nous instruit y dit-il , par les animaux de la terre, il nous rend sages par les oiseaux du ciel (XXXV, II). Dans ce discours (de Dieu), on s'étend principalement sur la description du lœviathan, qui est un assemblage de propriétés corporelles diverses, appartenant aux animaux qui marchent, qui nagent ou qui volent 0>. — Par toutes ces choses on veut dire que nos intelligences n'arrivent pas à comprendre comment sont nées ces choses physiques existant dans le monde denaissance et de ôotruption (*), ni à concevoir quelle est l'origine de la force physique existant dans elles. Ce ne sont pas là des choses qui ressemblent à ce que nous faisons, nous autres ; et comment pourrions-nous vouloir établir une comparaison entre la manière dont Dieu les gouverne et en a soin, et la manière dont nous gouvernons et soignons ce qui est confié à notre gouvernement et à nos soins? En effet, il convient de nous arrêter à ce peu (que nous en savons) et do croire que rien ne saurait être caché à Dieu , comme dit Elihou : Car il a les yeux sur les voies de l'homme et il voit tous ses pas. Il n'y a pas de ténèbres, pas d'obscurité, où les artisans d'iniquité puissent se cacher (XXXIV, 21-22). Mais l'idée de la Providence de Dieu n'est pas la même que celle de la nôtre (3), et l'idée du régime
! (t) Selon l'auteur, le mot ]r\^b> venant de la racine mV, joindre, \uniry désignerait un monstre imaginaire, réunissant les formes animales 'les plus diverses.
(2) C'est-à-dire, dans le monde sublunaire, oU tout naît et périt tour à tour.
I (3) C'est-à-dire, le mot providence, providentia, appliqué à Dieu, n'a pas le même sens que lorsqu'il s'applique à notre prévoyance et aux soins que nous prenons d'une chose. Voy. ci-dessus, p. 154, note t.
dont les créatures sont l'objet de la part de Dieu n'est pas la mémo que celle du régime que nous exerçons; ces deux (choses respectives) ne rentrent pas sous une même définition, comme on le croit par égarement , et n'ont rien de commun que le seul nom, de môme que notre action et celle de Dieu ne se ressemblent point et ne rentrent pas sous une même définition. De môme que les œuvres de la nature diffèrent des œuvres de l'art, de même le régime divin, la Providence divine, l'intention divine, dont ces choses physiques sont l'objet, diffèrent de notre régime humain, de notre prévoyance et de notre intention à l'égard des choses qui en sont l'objet.
Le livre de Job tout entier a pour but d'établir cet article de foi et d'appeler l'attention sur les preuves qu'on peut déduire des choses physiques, afin que tu ne te trompes pas et que tu ne veuilles pas, dans ton imagination, établir une comparaison entre la science de Dieu et la nôtre, ou (croire) cpie l'intention, la Providence et le régime de Dieu , ressemblent à notre intention , à notre prévoyance, à notre régime. L'homme qui se sera pénétré de cela supportera facilement toute calamité. Les malheurs ne le feront plus douter de Dieu, et (il ne se demandera plus) si Dieu en a connaissance ou non, s'il a soin (de l'homme) ou s'il l'abandonne; au contraire, ils lui inspireront plus d'amour, comme il est dit à la fin de cette révélation : Cest pourquoi je rejette tout cela et je me repens de la poussière et de la cendreM, et comme s'expriment les docteurs : « Ceux qui pratiquent (les devoirs) par amour de Dieu et supportent les souffrances avec joie, etc. i*> » Si lu considères tout ce que je viens de dire avec l'attention qu'exige la lecture de ce traité , et si ensuite lu examines le livre de Job, tu en comprendras le sens, et tu trouveras que j'en ai résumé toutes les idées, ne laissant de côté que ce qui est un simple ornement du style et ne sert qu'à ache-
(1) Sur la manière dont l'auteur interprète ce passage > voy ci-dessus, p. 177, et iWd., notel.
(2) Voy. Talmud de Babylone, traité Schabbath, fol. 88 b.
ver l'allégorie O, comme je te l'ai exposé plusieurs fois dans ce Traité.