LIVRE I. CHAP. XVII. sSl
» qii*il8 sont vaillaiis , sans mettre leur espérance > au Saint d'Israël , et sans chercher le Seigneur *
car rEgyptien est homme , non pas Dieu , et ses » chevaux sont chair , et non pas esprit» Le Sel- » gneur étendra sa main , et Ton verra tomber en- » semble ceux qui secourent et ceux qui sont secou- » rus , et les uns et les autres seront tous confondus t et méprisés» » Vous pouvez par là distinguer l'espérance des bons, de celle des médians ; car Tespérance des médians est chair , et celle des bons est esprit ; et si cette expression n'est pas assez forte , Tune est homme, et l'autre est Dieu.
C'est pourquoi le Prophète tâche autant de nous détourner de l'une , que de nous inspirer l'autre , lorsrqu'il dit ( Psai, i45. v. 2) : a Ne vous confiez point » aux princes de la terre , ni aux enfans des hommes , » qui ne peuvent rien pour votre salut : leur vie ft- » nira , et ils seront changés en la même terre dont » ils ont été formés : en ce jour s'évanouiront toutes » les pensées de ceux qui se confiaient en eux. Mais » bienheureux l'homme qui a Dieu pour son secours , » et qui a mis son espérance en celni qui a fait le » ciel , la terre et la mer , avec tout ce qu'ils con- » tiennent. rt D'où vous voyez la différence de l'une et l'autre espérance. Le même Prophète nous l'explique encore lorsqu'il dit ( Psat. 19. v. 8) : « Nos adver- » saires se confient en leurs chariots et en leurs che- » vaux ; mais pour nous , nous avons mis toute notre ») espérance au nom et en la puissance du Seigneur : » aussi nos ennemis se sont engagés dans les pièges , » et ils sont tombés, et nous, nous avons été relevés 9 et ûous sommes demeurés debout. »
Jésus-Ciwist compare le pécheur à cet hommô [Matth. 7) dont la maison bâtie sm- le sable , est renversée au premier coup de vent ; et le juste , à celui qui jetant ses fondemens dans le roc , vit son édifice demeurer ferme contre tous les orages. Le prophète Jérémie ne montre pas moins élégamment cette différence par cette comparaison (Jerem. 17. v. 5): « Maudit soit l'homme qui se confie dans Tliomme , » et qui , retirant son cœur du Seigneur , s'appuye
> sur un bras de chair. Il sera comme l'arbrisseau du
> désert ; il ne verra point la belle saison lorsqu'elle » viendra ; il ne croîtra point , et demeurera dans » une sécheresse perpétuelle , dans une terre ingrate » et abandonnée. » Mais parlant après de l'homme juste , il dit {l'bid. v. 7) : « Bienheureux l'homme qui » met son espérance au Seigneur, parce qu'il sera » son protecteur. Il sera comme un arbre planté sur » le bord des eaux , qui étendra ses racines , et croî- » tra dans l'année de la sécheresse , en assurance , » contre les ardeurs de Tété ; ses feuilles seront tou- » jours vertes , et jamais il ne manquera de produire » des fruits. »
Faut-il autre chose pour faire voir aux hommes la différence qu'il y a entre le sort des bons et celui des médians ; entre les prospérités des uns et celles des autres ? Comme cet arbre toujours jeune et toujours vert, le juste planté sur le bord des eaux de la grâce , est toujours dans l'abondance et dans la joie. L'impie , au contraire , semblable à l'arbre infructueux , vit dans le umépris , et meurt sans avoir rien produit. C'est par là que les méchans peuveiit voir quelle est leur misérable condition , depuis qu'ils