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en donnaient autrefois les jeux , les chasses , et le» autres divertisseinens du monde. Ces vanités sont devenues pour eux comme un supplice , de sorte que la chair même a horreur de ce qu'elle avait autrefoii* aimé , et qu'elle aime ce qu'elle avait autrefois haï. La partie inférieure de notice ame trouve alors tant de délices dans l'oraison et la comniuuicalion qu'elle a avec Dieu , qu'elle souffre lorsque par quelque obstacle inévitable elle est contrainte de s*en priver.
C'est ce que le Prophète nous a enseigné lorsqu'il a dit [Psal. i5. v. 7.): « Je louerai le Seigneur, » parce qu'il m*a donné rcntendement, et parce que » mes reins me reprennent (ou, comme un autre » interprète a traduit ) m'enseignent tout le long de » la nuit. » Par les reins , les interprètes de l'Ecriture entendent les affections et les mouvemens intérieurs de riiomme , motifs ordinaires du péché. Or, par la force de la grâce ^ non-seulement ils ne nous excitent plus au mal^ mais ils nous aident à bien faire ; ils ne servent plus aux desseins du diable . dans le camp duquel ils avaient coutume de combatlre » mais passant dans celui de Jésus-Christ, ils toiunent les armes contre son ennemi et le notre.
Quoique cet attrait que la partie inférieure ressent pour le bien puisse se remarquer dans tous les exercices de la vie spirituelle , il paraît surtout dans la doulem' de nos péchés ; car nos affections sensibles sont ici pariiculièremcnt en jeu; elles s^affligent et répandent des larmes au souvenir de nos fautes. C'est pourquoi le Prophète a dit que durant la nuit, qui est le temps oij les justes ont coutume de demander compte à leur ccnscicnce de leurs péchés , et d'eu
tén.oigner leur douleur , ses reins le reprenaient , c'est-à-dire , que le regret qu'il ressentait en son ame d'avoir offensé Dieu, l'affectait si vivement , qu'il n'avait garde de retomber une autre fois dans les fautes qui lui causaient tant de peine.
C'est aussi avec beaucoup de raison qu'il rend grâces à Dieu de ce que non-seulement la partie supérieure de son ame , où réside la raison , le portait au bien , mais aussi la partie inférieure , qui nous excite ordinairement au mal. Quoique tout ceci soit véritable , et que ce soit un des plus grands avantages de la rédemption de Jésus-Christ , il ne faut pas néanmoins vivre dans la négligence , ni se fier en sa chair, quelque mortifiée qu'elle soit, pendant le cours de cette vie.
Telles sont les raisons principales de cette merveilleuse liberté. Un de .ses effets , les plus précieux , est une connaissance plus approfondie de Dieu , des vérités de la foi et de la religion que nous professons. Dieu même nous le témoigne par le prophète Ezéchiel , lorsqu'il dit ( Ezecfi. 34. v. 27 ) : 9 Les hommes connaîtront que je suis Dieu , lorsque yt je romprai les chaînes du joug qui les tenait assu- » jettis , et que je les délivrerai des mains de ceux qui » les tyi-annisaient. » Nous avons déjà dit que ce joug était la sensualité , ou l'appétit déréglé , qui nous assujettit au péché. Les chaînes de ce joug sont les mauvaises inclinations avec lesquelles le diable nous lie et nous attire à lui ; elles sont d'autant plus fortes que la mauvaise habitude les a rendues plus ancienes.
Saint Augustin , qui l'avait éprouvé en lui-mémc .
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le confesse en ces termes [Confcss. i. 8 , cap. 5) : K J'étais pris, dit-il , non par le fer, mais par ma » propre volonté , plus dure que le fer. Le démon la B tenait en sa puissance; il en avait fait une chaîne , 1) et il m'en avait lié : car de ma volonté dépravée » naissait mon mauvais désir, et mon mauvais désir » m'engageait dans le vice, et la continuation du » vice dans la mauvaise habitude , et cette habitude » devenait la chaîne par laquelle le démon tenait mon » cœur en captivité. » Un homme qui quelque temps engagé comme ce saint, après plusieurs efforts pour se retirer de cette servitude , est parvenu enfin à briser ses chaînes et à mettre sous ses pieds le joug pesant qu'il avait si long- temps porté sur ses épaules , n'a plus qu'à glorifier Dieu qui l'a délivré , et à s'écrier avec le Prophète {Psat. ii5. v. i6): «Seigneur, vous » avez rompu mes liens , je vous sacrifierai un sacri- » fice de louange , et j'invoquerai votre saint nom. »