‹ Le guide des pécheursChapitre 124 sur 142 · LIVRE I. r.iwf. XXI. 2S · texte numérisé non relu

LIVRE I. r.iwf. XXI. 2S

» qui donne aux gens de bien les larmes à boire avec » mesure. » Aussi il n'est point de médecin qui pèse avec plus de soin les onces d'aloès , lorsqu*il en pré~ pare pour un malade qu'il veut traiter selon sa cornplexion , que ce médecin céleste ne mesure les tribulations qu'il veut donner aux justes y. aiut forces qu'ils ont pour les supporter.

S'il arrive quelquefois qu'il augmente leurs peines , il augmente aussi son assistance pour les rendre soulenables , afin que l'homme soit d^autant plus enrichi par ses souffrances qu'elles seront plus rigoureuses. Ainsi tempérées , on ne doit plus les fuir comme des choses dangereuses et nuisibles ; mais au contraire on doit les désirer> comme des trésors cachés qui sont destinés à augmenter beaucoup nos richesses. C'est pourquoi les gens de bien supportent souvent leurs peines , non-seulement avec patience , mais encore avec joie ; ils ne regardent pas tant le travail que la récompense , la peine que la couronne , l'amertume de la médecine que le prix de la santé , la douleur de la verge que Tamour de celui qui ne châtie que ceux qu'il aime ( Jpoc. 3. v. 19).

Ajoutez à ceci la faveur de la grâce divine , qui ne manque pas au juste au temps de l'afïliction. Comme Dieu est très-véritable , et qu'il garde à ses amis une extrême fidélité , il n'est jamais si proche d'eux qu'au temps de leur adversité , quoiqu'il semble alors les délaisser. Pour preuve de ceci , lisez l'Ecriture , et vous verrez qu'il n'y a point de promesse si expresse , ni si souvent réitérée que celle-là. N'est-ce pas de Dieu qu'il est écrit ( Psai. 9. v. 10 ) : « Qu'il est le secours » des gens de bien dans leurs nécessités et dans leurs

» afîlictfons ? » N'ordonne-t-il pas qu'on l'invoque en ce temps-là, (Psat. 49- v. i5 ) : « Invoquez-moi au » temps de l'aflliclion , je vous délivrerai et vous me « glorifierez ?» David en avait lui-même fait Texpérience quand il disait ( Psai. l\. v. i ) : « Lorsque j'in- » voquais , le Seigneur Dieu de ma justice exauçait » ma prière ; il a dilaté mon cœur au jour de la tri- » bulation. » N'est- ce pas aussi en Dieu que ce prophète mettait sa confiance lorsqu'il exprimait ainsi ses sentimens ( Psai. 54- v. 9 ) : « J'espérais en lui , et » il m'a délivré de la faiblesse et du trouble où était » mon esprit ? » Ce trouble est celui qui s'élève dans le cœur du faible et du lâche lorsqu'il est dans l'afllicîion. Cette même vérité est encore confirmée par ce prophète en plusieurs endroits ; ainsi il dit ( Psai. 56. v. 09) ; « Le salut des justes vient du Seigneur : il » est leur défenseur au temps de l'afïliction ; il les as- » sistera et les délivrera ; il les tirera des mains des ^ pécheurs , et les sauvera , parce qu'ils ont mis leur » espérance en lui. »

En un autre endroit il s'exprime encore plus clairement ( Psai. 3o. v. 20 ) : a Quels sont les biens , » Seigneur , que vous avez faits à tous ceux qui es- » pèrent en vous , en présence des enfans des hom- » mes ? Vous les cacherez dans le plus secret de vo- » tre face quand les hommes les persécuteront , et » vous les défendrez dans votre tabernacle contre les » langues médisantes. Béni soit le Seigneur , qui use » envers moi si libéralement de sa miséricordt , me » défendant, me protégeant comme si j'étais dans une » place bien gardée ; quoique je fusse déjà si abattu » et si avant engagé dans la tribulalion , que je croyais

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