‹ Le guide des pécheursChapitre 129 sur 142 · LIVRE I. CliAP. XXr · texte numérisé non relu

LIVRE I. CliAP. XXr

{S. ChrysosU , hoin. \l\ in Matth. , t. 1), ainsi qiie l'or s'affine et se purifie par le même feu où le bois se consume ; de même le juste devient plus beau au feu de l'afïliction , dans lequel le méchant , comme un bois sec , est réduit en cendre. Sur quoi saint Cyprien dit encore ( S. Cypr. de unîlate Ecclesiœ ) , que comme le vent au temps des moissons emporte les pailles légères , purifie le blé et le rend plus net ; ainsi le vent de la tribulation emporte et dissipe les niéchans comme des pailles inutiles , au lieu qu'il purifie et rassemble les justes comme le bon froment. C'est ainsi que les enfans d'Israël traversèrent les eaux de la mer Rouge , qui loin de levir nuire , leur servirent de mur et de rempart à droite et à gauche ; au lieu qu'elles noyèrent les chariots des Egyptiens, avec tout le peuple de Pharaon ( Exod. 14 ). Les eaux de Taffliction servent toujours de garde et de défense aux bons , et éprouvent leur humilité et leur patience ^ mais aux méchans elles sont comme une mer battue d'orages , qui les ensevelit dans les abîmes de l'impatience 5 du blasphème et du désespoir.

Les philosophes ont autrefois si hautement loué et estimé leur prétendue sagesse, parce qu'ils croyaient qu'elle seule pouvait rendre l'homme constant dans ses adversités. En quoi certes ils se trompaient comme en beaucoup d'autres choses ; parce que la véritable vertu , non plus que la vraie constance , ne se rencontrait point parmi eux : elle ne s'est trouvée qu'en la seule école de ce divin Maître , qui étant attaché à une croix, nous a enseignés et consolés par son exemple. Et maintenant qu'il règne dans le Ciel , il nous fortifie ici-bas par 'son esprit ; et nous promettant la

gloire , il nous anime par l'espérance d'y parvenir. C'est de quoi la philosophie humaine n'était pas capable , étant privée de tous les biens que nous propose le christianisme.

Page 1