LIVRE I. CIIAP. III
coup de choses. Avec lui, la créature vit pauvre et contente, seule et bienheureuse, dépossédée de tout , et maîtresse de tout. C'est pour cette raison que le Sage a fort bien dit ( Prov. i3. v. 7 ) : « Qu'il y a un « homme riche , n'ayant rien , et un autre véritablen ment pauvre , quoiqu'il ait beaucoup de richesses. » Car le pauvre qui a Dieu pour lui , comme saint François , est véritablement riche ; et celui à qui Dieu manque est très-piuvre , quand il posséderait toutes les richesses de la terre. Que servent aux riches et aux puissans toutes les grandeurs , s'i's sont rong'^^s de soins et de désirs qu'ils ne peuvent assouvir avec tout ce qu'ils possèdent ? Que peuvent les meubles précieux , les mets exquis , et les coffres pleins d'or et de richesses , pour diminuer le? amertumes et les inquiétudes de l'esprit ? Combien de fois le riche s'agite toutes les nuits dans son lit délicat , sans que ses trésors puissent lui donner le sommeil , ni adoucir les ( liagrins de son ame ! De là nous pouvons comprendre combien nous sommes tous obligés de servir notre Dieu , qui , nous ayant donné l'être , peut aussi seul nous donner le bien-être , dans lequel consiste notre dernière félicité.