‹ Le guide des pécheursChapitre 26 sur 142 · LIVRE I. Cil A. P. IV. 4 y · texte numérisé non relu

LIVRE I. Cil A. P. IV. 4 y

parle en des termes bien plus pressans : Comment pourrai-jc i' offenser ? Pour nous faire connaître que lorsque nous avons reçu des bienfaits signalés , nous ne devons pas seulement nous dépouiller de la volonté , mais aussi en quelque façon de la puissance d'outrager notre bienfaiteur.

Puisque cette confiance de Putîpîiar envers Joseph méritait une si gi'ande reconnaissance , que ne méritent point les bienfaits que nous avons reçus de Dieu ? Ce maître avait miis entre les mains de Josepb tous ses biens , lui en donnant seulement la conduite; Dieu a mis dans les vôtres presque tout ce qu'il a , pour vous en laisser la possession. Regardez , je vous prie 5 combien les richesses de Dieu surpassent les richesses de cet homme , et considérez qu'ayant reçu de Dieu beaucoup plus que Joseph n'avait reçu de hoii maître , vous êtes obligé à une reconnaissance beaucoup plus grande.

En effet , Dieu ne possède point de biens qu'il ne vous ait communiqués. I^e ciel , la terre , le soleil , la lune , les étoiles , les rivières , les mers , les oiseaux 5 les poissons , les arbres , les animaux , enfin tout ce qui est sous le ciel , il fa mis en votre puissance. 11 ne s^est pas contenté de vous donner ce qui est sous le ciel , il vous fait encore présent de tout ce qui est dans le ciel même , en vous offrant la gloire et les richesses dont il est rempli : « Toutes choses sont )) à vous, dit l'Apôtre ( i Cor. "5 , v. 22 ) , soit Paul » ou ApoUo 5 soit Pierre ou le monde , soit la vie ou » la mort, le présent ou l'avenir; » tout est à vous , parce que tout contribue à votre salut. Et non-seulement nous avons ce qui est dans les cieux , mais le

Grek.u)e. G"He. I. C

5o LE GUIDE DES pfccnEURS.

Seigneur nvîme dos cieux , qui s'est donné à nous en mille inaiiières; eonime père, comme tuteur, comme sauveur, comme maître, comme médecin, comme notre prix, notre exemple, notre nourriture, notre remède et notre récompense. Enfin le Père nous a donné son Fils , le Fils nous a rendus dignes du Saint-Esprit , et le Saint-Esprit nous fail mériterlc même Père et le môme Fils , de qui découlent toutes sortes de biens.

S'il est vrai que Dieu nous ait mis entre les mains tout ce qu'il a , et que vous ayez employé ses propres biens pour offenser un maître si magnifique et si libéral , n'ètes-vous pas monté au dernier de^ré de la malice? Que sera-ce d'ajouter à l'ingratilude le mépris et l'offense du bienfaiteur ? Si le jeune Joseph se trouvait incapable d'offenser un maître qui avait mis entre ses mains la conduite de sa maison , comment pourrez-vous offenser celui qui vous a donné le ciel , la terre , et lui-même ? 0 malheureux ! si vous ne connaissez pas votre mal , n'êtes-vous pas plus ingrat que les brutes , plus farouche que les plus cruels animaux , et plus insensible que les êtres inanimés ? car 1 n'y a point de lion ni de tigre qui s'emporte à faire lu mal à celui qui lui a fait du bien. Saint Ambroise crit ( iib. 6. H ex. , c. 4 ) qu'un chien ayant vu tuer on maître par un de ses ennemis , passa toute la îiuit à aboyer et à se plaindre auprès du corps ; et que le lendemain une grande fotUe de peuple s'étant approchée pour voir le mort , le chien , qui aperçut dans la troupe le meurtrier , se jeta incontinent sur lui , et par ses cris et ses morsures fit connaître ce crime , qui autrement fût demeuré caché. Si un

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