LIVRE I. eu A P. IX
relâche point dans les moindres ; elle peut tout ce qu'elle veut , et elle fait tout ce qui lui plaît, par sa seule volonté. Si la toute-puissance de ce Seigneur , si la gloire de son saint nom , si l'amour qu'il a pour sa gloire sont si grands , quelle doit êtie la maison qu'il a préparée pour nous manifester ces divines perfections? Qu'est -ce qui peut y manquer ? Elle ne sera point demeurée imparfaite par la faiblesse de l'ouvrier. Celui qui l'a élevée est infiniment puissant , infiniment sage , infiniment bon , infiniment riche : quel sera donc l'ouvrage dont les apprêts sont si grands ! Quel sera l'ouvrage qui par!ira de la fouiepuissance du Père , de la sagesse du Fils , et de la bonté du Saint-Esprit ! 011 la bonté ordonne tout , la sagesse dispose tout , et où la touie-puissance accûmplit tout ce que désire la bonté infinie 5 et tout ce que la sagesse infinie ordonne , quoique tout ne soit qu'un dans les personnes divines î
Mais Dieu n'a pas seulement préparé ce r.uperbe lieu pour son honneur, mais aussi pour la gloire de ses élus. Considérons, je vous prie, quel est le sola que Dieu prend pour les honorer, et pour accomplir ce qu'il a dit lui-même ( 1 Rcg. 2 , i;. 5o ) t « J'ho- » nore ceux qui m'honorent. » Dès cette vie morîeîle il a assujetti à leur empire et à leur commandement toutes les choses de ce monde : car quelle autorité fut celle de Josué , quand il commanda au soleil de s'arrêter au .milieu de sa course ! Ne senablait-il pas qu'il eût entre les mains les rênes de tout le monde , pour retenir ainsi cet astre ( Josué, 10, v. 14 ) : « Dieu » se rendant obéissant, comme dit l'Ecriture , à la: » voix d'un homme ? » Quel était le pouvoir du pro*»
]08 LE GUIDE DES PÉCnïïrRS.
phète Isaïe ( Isa. 38 ) , lorsqu'il proposa au roi Ezéchias de faire avancer le soleil , ou de le faire retourner sur ses pas , l'un et l'autre lui étant également faciles ? Quel était celui du prophète Elie , capable de suspendre les eaux ( 3 Reg. 18 ) et les nuées du Ciel , autant de temps qu'il lui plut , et de leur commander une autre fois de se fondre en pluie par la puissance de sa parole ?
Ce n'a pas été seulement durant la vie de ces saints que Dieu a voulu levir donner tant de puissance ; il l'a continuée même après leur mort, et l'a conservée à leurs os et à leurs cendres. Les os du prophète Elisée eurent la force de redonner la vie à un mort , que des voleurs jetèrent par hasard dans son sépulcre. Dieu a vou:lu que toute l'Eglise fît une fête pour les liens et les chaînes de saint Pierre , afin de faire voir combien il estime les corps de ses saints, puisqu'il commande que les chaînes qui les ont seulement touchés dans les prisons , soient si solennellement révérées. Mais quelle proportion peut avoir tout ceci à l'honneur extraordinaire que Dieu fit , non pas à la chaîne de cet apôtre , non pas à ses os , non pas à son corps , mais seulement à son ombre ? Saint Luc écrit dans les Actes [Act. 5 ), qne Dieu lui donna la vertu de guérir tous les malades sur lesquels elle passait. O Dieu infiniment admirable ! O Dieu infiniment bon , et qui sait honorer les bons infiniment ! 11 donna à un homme une puissance qu'il ne voulut pas exercer lui-même; car on n'a jamais vu Jésus-Christ guérir les malades avec son ombre. S'il est vrai que Dieu se plaît tant à honorer ses saints , même dans le temps et dans le lieu qui ne sont pas destines à leur récom-