‹ Le guide des pécheursChapitre 68 sur 142 · LIVRE I. Cil A P. XH. l · texte numérisé non relu

LIVRE I. Cil A P. XH. l

et ayant reçu de lui un cœur de vrais enfans pour raimer, il leur rend aussi un amour de père, et les assiste d'une providence proportionnée à son amour.

Mais on ne saurait comprendre la bonté et Téten^ due de cette providence , à moins d'en avoir fait Texpérience , ou d'avoir lu avec beaucoup d'attention l'Ecriture , et remarqué les passages qui traitent de cette vérité. Celui donc qui aura apporté le soin nécessaire à cette lecture, verra que presque toute l'Ecriture , depuis le commencement jusqu'à la fin , parle de cette matière : elle roule toute sur ces deux points , demander et promeuve ; de sorte que Dieu demandant d'un côté aux homutes l'obéissance à ses commandemens, leur promet de l'autre de trèsgyandes récompenses pour les avoir gardés , eomme il menace de châtimens épouvantables les méchans qui y contreviendront. Cette doctrine est tellement répandue dans toute l'Ecriture , que presque tous les livres de la morale divine demandent et promettent , et tous les livres d'histoire vérifient L'accomplissement de tout ce que Dieu a annoncé ; faisant voir par les effets avec quelle différence il s'est conduit envers les bons et les méchans.

Mais comme le Seigneur est si libéral, et l'homme si faible ; comme il est si riche pour promettre , et l'homme si pauvre pour donner ; il y a une différence extrême entre ce qu'il demande et ce qu'il donne : il demande peu et donne beaucoup : il ne nous demande que la charité et l'obéissance , que lui-même nous a données ; et pour ce peu , que nous tenons de sa seule libéralité 5 il nous présente des biens inestimables en cette vie et en l'autre. Entre ces biens

l54 LE GLIDE DES PÉCHEURS.

nous mettons en premier lieu cet amour et cette providence paternelle dont il favorise ceux qu'il reçoit au nombre de ses enfans. Elle surpasse infiniment toutes les tendresses et tous les soins les plus passionnés que les pères de la terre peuvent avoir pour leurs enfans ; quel est le père qui ait amassé pour ses enfans autant de trésors que Dieu en a réservés aux siens , puisqu'il leur promet la participation de sa gloire ? Qviel est celui qui, comme Jésus-Christ, ait répandu pour les siens jusqu'à la dernière goutte de son sang ? Quel est celui dont la sollicitude puisse être comparée à celle de notre Dieu qui nous a tous continuellement présens devant ses yeux , et qui nous assiste dans toutes nos peines.

David parle de cette vigilance paternelle lorsqu'il dit ( Psai. 4o« V. i5 ) : « Vous m'avez soutenu à cau- » se de mon innocence , et par votre présence vous » m'avez toujours fortifié ; » c'est-à-dire , vous n'avez jamais détourné vos yeux de dessus moi, par le soin continuel que vous avez eu de ma conduite. Et dans un autre psaume {Psat. 33. v, id) : « Les yeux du » Seigneur , dit-il , veillent toujours sur les justes , et » ses oreilles sont toujours attentives à leurs prières ; j> au lieu qu'il ne jette ses regards sur ceux qui font M du mal, que pour les perdre, et effacer leur mé- » moire de dessus la terre. »

Mais parce que cette Providence divine est la plus grande richesse du chrétien , et que plus il sera confirmé dans l'assurance d'en être protégé , plus sa joie et sa confiance s'augmenteront , il est à propos d'apporter ici quelques témoignages de l'Ecriture, qui seront comme une assurance authentique de ces grands

Page 1