‹ Le guide des pécheursChapitre 74 sur 142 · LIVRE I. CIIAP. xri · texte numérisé non relu

LIVRE I. CIIAP. xri

porter la peine de toutes leurs fautes. Il l'a encore plus expressément signifié dans le prophète Osée par ces paroles ( Os. c. 5 , v. 12): « Je serai comme le ver d'Ephraïm; je déti uirai la maison de Juda comme la pourriture. » Et parce que cette sorte de persécution semblait être longue et assez douce , il en ajoute incontinent ime autre plus prompte et plus rude, en disant {Ibid. v. \^): « Je serai comme une » lionne à Ephraïm, et comme un petit lion à Juda; » j'irai, je les prendrai et les enlèverai, et personne « ne les délivrera de mes mains. »

Ce que nous lisons dans le prophète Amos , n'est pas un témoignage moins évident de cette sorte de providence. Après avoir raconté que Dieu devait faire passer au fil de l'épée tous les médians , à cause des péchés dans lesquels-leur avarice les avait engagés , il ajoute aussitôt ( Amos. 9, v. 1) : «Et que ceux qui » fuiront ne pensent pas échapper pour cela de mes » mains ; parce que , quand ils pénétreraient jus- » qu'aux enfers , ma main les en retirera ; s'ils s'élè- » vent jusqu'au ciel , elle les en fera descendre ; s'ils » montent au plus haut sommet de la montagne de » Carmel , je les y chercherai et les trouverai; et s'ils » se cachent de mes yeux jusqu'au profond de la mer, » je commanderai au serpent de les y aller mordre : » s'ils sont captifs dans la terre de leurs ennemis , » j'enverrai le glaive qui les tuera , et lancerai sur » eux mes regards pour leur mal , et non pas pour » leur bien. » Est-il un homme qui , lisant ces paroles comme étant de Dieu , et reconnaissant par là quelle est cette sorte de providence qu'il exerce contre les méchans , ne frémisse de voir un si puissant

eiiiiemi armé coiilre lui , le poursuivre partout avee tant de soin; se saisir des passages , occuper toutes les voies , et veiller si attentivement à sa perte et à sa destruction ?

Qui pourra dormir ou manger , lorsqu'il se sentira fixé par de tels regards, et qu'une telle indignation, un tel persécuteur , et un bras si fort et si puissant , sera armé pour sa ruine ? Si c'est un mal extrême d'être privé de la grâce et de la providence de Dieu , combien en est-ce un plus grand d'être menacé par les armes de cette Pi'ovidence , et de voir que l'épée tirée contre vos^nnemis , s'est tournée contre vous ! que tes yeux qui veillaient pour vous défendre, veillent maintenant pour vous perdre î que le bras étendu pour vous soutenir , l'est maintenant pour vous renverser ! que le cœur qui n'avait pour vous que des I>ensécs de paix et d'amour, n'en ait plus que de haine et d'aversion ! et qu'enfin celui qui devait être votre bouclier , votre ombre et votre rempart , soit devenu le yer qui vous ronge , et le lion qui vous déchire ! Dormira-t-il en assurance celui qui sait que Dieu veille comme la verge de Jérémie pour son ehâ- * liment? Quel conseil pouiTa-t il prendre contre ce conseil ? quel bras contre ce bras ? et quelle providence contre cette providence ? « Qui a jamais, com- » me dit Job {Joù. 9, v. 4)9 pris les armes etrésisté « à Dieu , et est demeuré en paix ? «

Enfin €e mal est tel, que l'un des plus grands châtimens dont Dieu a coutume de punir les médians en celte vie , est de retirer d'eux la main de sa providence , comme il l'a lui-même déclaré en plusieurs endroits de l'Ecriture : «Mon peuple, dit-il ^Psal.

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