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VÉNÉRABLES SUPÉRIEURS ET DIRECTEURS

En publiant le Guide des Séminaristes et des jeunes Prêtres^ à qui dois-je en faire hommage, sinon à ceux que la divine Providence a préposés à la direction des élèves ecclésiastiques? Placé sous votre patronage, recommandé, expliqué, commenté par vous, — pourvu, bien entendu, que vous le jugiez digne de telles faveurs, — peut-être, Dieu aidant, cet opuscule produira-t-il quelques fruits.

Ils seraient abondants, ces fruits, s'ils étaient en rapport avec le bonheur que j'ai goûté pendant mon travail. Comme l'œuvre des séminaires surpasse, à mes yeux, toutes les autres œuvres, je me sentais vraiment heureux, en écrivant, de participer au mérite de ceux qui sont appelés à cultiver la pépinière du sacerdoce, etje bénissais Dieu de pouvoir joindremes instructions écrites à leurs instructions verbales. Et puis, je me rappelais tout naturellement ces jours, trop vite écoulés, où, employé moi-même à tailler et à polir les pierres du sanctuaire, je m'appliquais, selon la nature de mes faibles moyens, à donner à l'Église de Jésus-Christ des prêtres dignes d'elle.

Vous le savez mieux que moi, Vénérables Messieurs, ce qu'il y a de plus inquiétant pour l'avenir sacerdotal de nos jeunes élèves, ce sont les défauts qu'ils apportent au séminaire, et dont, malheureusement, ils ne se corrigent pas toujours avant d'en sortir : défauts mélangés sans doute de qualités réelles, mais qui n'en sont pas moins des défauts, dont les tristes conséquences ne tardent pas à se produire dans l'exercice du saint ministère. Trop souvent, hélas ! l'ennemi de tout bien leur cache ce qu'il y a de mauvais dans le germe de mille misères que ces défauts contiennent, et, ignorant les tristes effets du mal qui est en eux, ils ne s'occupent guère d'en détruire la cause. C'est à cet aveuglement déplorable que je me suis efforcé d'apporter re-

mède. Dieu voiiille que mes paroles tombent comme une bonne semence dans des cœurs disposés à la faire fructifier au centuple ! Ce sera votre ouvrage beaucoup plus que le mien, vénérables collègues, mais, cet ouvrage, je me réjouis pourtant d'éprendre quelque part.

Et vous, Élèves bien-aimks, portion privilégiée du troupeau de Jésus-Cbrist, espoir consolant de l'Église, qui bientôt va vous confier ce qu'elle a de plus cher, ah! qu'il m'est doux de vous offrir ce Guide pour vous conduire sûrement dans les voies glorieuses, mais difficiles, que vous êtes destinés à parcourir ! C'est un père qui va vous parler dans ces pages qu'il vous adresse. Trente années d'expérience dans presque tous les emplois qui peuvent être confiés à un prêtre, donnent, je le crois du moins, quelque poids à mes timides conseils. Recevezles, ces conseils, recevez-les, jeunes et tendres amis, avec la docilité qui en assurera les fruits. Je ne me propose rien moins que de vous aider à devenir de saints prêtres; de saints prêtres, entendez-vous? et non des prêtres, bons il est vrai, mais pas assez fervents pour opérer un bien complet. Sans avoir jamais eu de rapports avec vous, je vous connais, jeunes amis : vos intentions sont pures, excellentes même, je le sais ; mais vous avez des défauts qui s'opposent à leur réalisation, et ce sont ces défauts que j'entreprends de combattre, et que vous devez attaquer vous-mêmes avec l'ardeur de votre âge et la vivacité de votre foi. Que la difficulté de l'entreprise ne vous effraye pas. Vous ne seriez pas dignes du sacerdoce, si vous reculiez devant des obstacles que Dieu vous ordonne de surmonter. Du reste, vous ne serez pas seuls dans l'arène où vous allez descendre ; le Dieu d'amour qui vous y appelle, vous propose en y entrant l'assistance de son bras, et, forts de son appui, chacun de vous ne doit-il pas dire avec le grand Apôtre : Omnia possum in eo qui me confortât.. . Si Deus pro nobis, quis contra nos 1

J'ai l'honneur d'être avec le plus entier dévouement,

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