XVII. — Pratique de la confession pour soi-même
Voici un point éminemment capital. Nous avons lu ou entendu dire un jour ces mots qui nous ont impressionné : (( Il n'y a point de prêtre, en quelque état qu'il soit , qui » ne trouve un prêtre pour l'absoudre. » Si cela est vrai , c'est dire assez qu'il y a des confesseurs qui ne font pas leur devoir, car il y a malheureusement des prêtres qui ne méritent pas d'être absous.
Vous devez donc faire, en ce point si important, un choix judicieux. Ne prenez pas un confesseur au hasard; l'affaire est trop grave pour que le hasard y intervienne.
Choisissez un confesseur éclairé, ferme, homme de règle , zélé pour le progrès spirituel de ses pénitents ; et parmi ceux qui réuniront ces qualités, choisissez le plus saint.
Tâchez qu'il ne soit pas trop éloigné du lieu de votre habitation, pour n'être pas tenté d'ajourner vos confessions.
1 Voyez le Saint Prêtre, chapitre De la Dciolion à la très-saintti Vierge.
Nr (juiLU;/. pas vulrc cuiiresseur sans une cause notable; mais chani;e/-le sans balancer s'il transige avec vos défauts, s'il vous abandonne à vous-même^ s^il ne prend aucun souci de votre perfection, s'il ne prête pas niaini'orte à l'exécution de votre règlement, si, en un mot, il est tout autre que vous ne pensiez.
Disons-le, nos confesseurs sont souvent ce que nous les faisons. Quand ils nous voient indifférents pour tout ce qui est de la perfection, ils nous traitent comme des prêtres ordinaires et ne visent qu'à nous tenir en garde contre le péché mortel. Pour ne pas fausser à ce point la grande affaire de la direction de votre âme, formez votre confesseur si vous voulez qu'il vous forme à son tour; et, pour cela, dites-lui dès la première confession que vous lui ferez : « Mon Père, je suis un pauvre jeune prêtre en n ({ui il y a de la bonne volonté, mais beaucoup de fai- » blesse 5 j'ai promis à Dieu , en quittant le séminaire, de » mener une vie fervente dans son saint état; aidez-moi, » je vous en conjure, à réaliser ma promesse. J'ai fait un » règlement que mon confesseur a approuvé et qu'il m'a » fait promettre d'observer jusqu'à la mort. Le voici : » lisez-le, je vous prie, à quelque moment de loisir et f) pressez-en vivement l'exécution. En grâce, ne me passez » rien; interrogez-moi sur ce règlement comme s'il était )) la loi même de Dieu. Si vous voyez que je me relâche j) sur quelqu'un de ses points, donnez-moi la pratique » journalière de ce point pour pénitence. Mes principaux » défauts sont l'orgueil , la vivacité, le peu d'ardeur pour )> l'étude, etc. Descendez à chaque confession dans le détail )) des péchés que ces défauts me feront connnettre; appelez » vivement mon attention sur ces péchés, jamais je ne ï) m'offenserai de vos réprimandes; elles me prouveront au » contraire l'intérêt que vous prendrez à mon âme. 8i mes
» confessions deviennent un peu plus rares qu'au passé, » avertissez-moi dès que vous le remarquerez. Je veux » être un saint prêtre, ne négligez rien pour me forcer à » le devenir. »
Que de jeunes prêtres éviteraient le relâchement et se maintiendraient dans l'habitude de la ferveur, s'ils suivaient ces règles î Suivez-les, vous, avec fidélité et vous verrez quels prodiges de grâce elles opéreront en vous.
Appliquez ces principes aux prêtres dont vous serez plus tard le directeur.
Tn mot seulement encore : Confessez-vous fréquemment. Les saints prêtres se confessent toutes les semaines; les bons prêtres ordinaires ne dépassent pas la quinzaine : se confesser plus rarement, est un signe évident de relâchement et de tiédeur K