‹ Le guide des séminaristes et des jeunes prêtresChapitre 49 sur 57 · XVIII. — Considérations générales sur le saint ministère · texte numérisé non relu

XVIII. — Considérations générales sur le saint ministère

Nous avons vu votre arrivée dans la paroisse, vos premiers rapports avec votre curé, vos premières visites aux paroissiens et votre première apparition à Téglise. Nous avons vu ensuite les divers points de conduite personnelle qui font l'objet du règlement que vous avez adopté; il nous reste maintenant à vous donner quelques avis trèspratiques sur Texercice du saint ministère.

Nous l'avons dit^ la perspective de ce ministère auquel vous deviez être prochainement employé, était au séminaire la matière de vos préoccupations et de vos craintes l et aujourd'hui que vous allez vous mettre à l'œuvre, ces craintes augmentent au lieu de s'affaiblir. Mais écouteznous, jeune confrère : si vous êtes un saint prêtre, et si

» Voyez et lisez attentivement le chapitre du Saint rrétre, intitulé •• Le prêtre à confesse^ etc.

— 3iS —

vous avez, pour ainsi dire, juré de continuer de l'être, loin de vouseftrayer du divin ministère, vous devez l'enihrasser avec une sainte allégresse. Que le mauvais prêtre elle prêtre tiède frémissent en s'y engageant, cela doit être, ou plutôt cela devrait être : Dieu n'est pas avec eux, et quand on fait l'œuvre de Dieu sans le concours et l'appui de Dieu, on ne va pas loin sans faire des chutes aftreuses. Mais quand on a des intentions pures; quand on se défie de soi-même et qu'on ne fait fond que sur l'assistance divine ; quand on veut résolument et à tout prix sauver des âmes et se sauver soi-même ; pourquoi trembler? N'est-ce pas le cas de dire avec l'Apôtre ; Si Deus pi'o noffis, qiiis contra nos ?

La vie du prêtre ;, quand elle est ce qu'elle doit être, Cbt une vie éminemment sanctifiante : sanctifiante pour luimême , sanctifiante pour ses frères dont il est réellement le second rédempteur. Quelle vie que celle d'un homme qui est constamment ou en prière, ou à l'étude, ou en communication avec les âmes pour les gagner à Dieu ! Prenez la journée d'un saint prêtre depuis son lever jusqu'à son coucher, et dites-nous ce que vous y voyez d'etfrayant, ou plutôt dites-nous si tout n'y est pas matière de consolation et motif légitime de confiance.

Vous ol)jecterez sans doute que la responsabilité des âmes que l'on dirige est terrible ; c'est vrai , et c'est ce qui doit faire prendre toutes les précautions pour n'être pas écrasé sous le poids d'un tel fardeau. Mais si on les prend, ces précautions ; si l'on étudie selon ses moyens pour pouvoir se dire qu'on n'est pas dans une ignorance coupable; si Ton consulte dans les cas embarrassants et douteux; si l'on cherche en Dieu par une prière fervente et assidue les lumières et l'appui qu'on ne trouve pas en soi-même; encore une fois, pourquoi trembler?

Voyez le saint prêtre : quel calme ! quelle sérénité ! quelle délicieuse ferveur! nous ne craignons pas de le dirCj il est incontestablement le plus heureux des hommes. Les tribulations mêmes dont il est quelquefois abreuvé^ redoublent sa joie au lieu de l'altérer^ et il dit comme saint Paul : Supero.bundo gav.dio in ornai tribidatione nostrà. Quel beau mot que celui de ce fervent jésuite qui, après avoir travaillé toute sa vie à sauver des âmes, répondit à quelques-uns de ses Pères qui lui disaient de tempérer sa confiance en Dieu par la pensée de sa justice : « Eh » quoi! ai-je donc servi Mahomet? J'ai servi un Dieu fidèle » et reconnaissant, quelle crainte puis-je avoir? »

Rassurez-vous donc, bien-aimé confrère. Soyez un saint prêtre, vivez en saint prêtre, et après cela saluez d'un regard d'humilité et de confiance le glorieux ministère que vous allez remplir.

Page 1