‹ Le guide des séminaristes et des jeunes prêtresChapitre 52 sur 57 · XXI. — Le catéchisme · texte numérisé non relu

XXI. — Le catéchisme

Si vous n'appréciez pas à sa juste valeur l'éminent emploi de catéchiste, vous n'êtes pas digne de l'exercer. Si Nosseigneurs les évêques savaient comment certains prêtres de leurs diocèses font le catéchisme, le peu de préparation qu'ils y apportent, la mauvaise manière dont ils

* Voyez Fraii'iuc du sele ecch'siosliquc. troi^it-nio partie, Avis aux prédicateurs.

l'expliquent, le dégoiU qu'ils ont pour cet exercice, et la rudesse excessive avec laquelle ils traitent les entants, nous sommes convaincu qu'ils leur interdiraient formellement cette branche si importante du saint ministère, et nous applaudirions de tout cœur à cette juste sentence.

Si votre curé déclare qu'il se charge du catéchisme, il use de son droit; ne dites mot, n'ayez pas l'air d elre mécontent lors même que vous le seriez un peu in petto. Mais, direz-vous peut-être, les autres vicaires le faisaient avant moi. C'est probablement parce que votre curé a vu que vos prédécesseurs s'acquittaient mal de cet emploi qu'il s'en est imposé la charge à lui-même. Peut-être veut-il vous éprouver et vous connaître un peu mieux avant de vous confier ses petits agneaux, portion si intéressante de son troupeau. Oh ! que votre curé est digne d'éloges si c'e^t ce motif qui le fait agir!

Mais vous abandonne-t-il lœuvre des catéchismes, commencez par concevoir une haute estime de cette œuvre capitale. Malheur à vous, encore une fois, si vous n'y attachez qu'une importance secondaire î

Demandez à Dieu qu'il bénisse abondamment le travail que vous allez entreprendre. Oifrezle-lui par les mains de Marie. Recommandez-lui les petits enfants qu'il vous charge d'instruire^ et priez-le de vous donner les qualités nécessaires pour vous acquitter dignement de cette sainte mission.

Dites-vous à vous-même avec l'élan d'un vrai zèle : Puisque me voilà chargé de cuUiver une jeune génération qui sera bientôt la partie vivace de la paroisse, je veux me livrer à cette culture avec tout le dévouement et toute l'appHcation dont je suis capable.

Sous l'influence de celte pieuse pensée, faites-vous scrupule de la moindre négligence dans l'accomplissement de

votre devoir, et ne manquez pas de vous confesser de cette négligence pour que votre confesseur vous aide de ses charitables conseils en ce point si essentiel.

Préparez vos catéchismes au moins autant que vos sermons Quand vous prêchez, vous parlez à des hommes faits qui comprennent aisément ce que vous leur dites; mais quand vous catéchisez les enfants^ vous parlez à des intelligences à peine écloses auxquelles il faut expliquer chaque mot avec une clarté parfaite, sous peine de n'être pas compris : or cela ne peut se faire et se bien faire sans une étude spéciale. L'expérience vous apprendra qu'-l est beaucoup plus difficile qu'on ne pense d'intéresser les enfants et de leur parler utilement.

Étudiez avec un soin extrême chaque leçon du catéchisme dont vous devrez faire l'explication. Aidez-vous pour cela des lumières de la théologie, et voyez comment vous pourrez vous y prendre pour la rendre accessible à l esprit peu éclairé de vos petits auditeurs.

Procurez-vous les meilleurs ouvrages composés ad hoc. Voyez et notez ce qu'ils disent sur chaque question du catéchisme, et demandez-vous à vous-même ce que vous pourriez ajouter encore à leur explication, pour la rendre aussi claire et aussi complète que possible.

Faites une ample provision des comparaisons, des paraboles, des traits historiques dont vous pouvez faire usage pour mettre en relief votre enseignement catéchistiquc, qui, sans cela, serait sec, abstrait, inintelligible et rebutant.

Parlez peu et faîtes parle)' beaucoup, comme nous le recommandons si expressément dans la Pratique du zèle ecclésiastique. Si vous êtes un catéchiste grand parleur, vous serez un catéchiste incompris et inutile. Après avoir exposé très-nettement un point de doctrine, vous ne devez

plus vous occuper que de voir si les enfants le comprennent, et pour cela, vous n'avez pas d'autre moyen que de les faire parler, vous contentant de les reprendre quand ils se trompent : encore devez-vous tourner votre explication de manière à les forcer de reconnaître eux-méme.s qu'ils ont fait une mauvaise réponse; c'est par eux autant que par vous que la rectification doit s'opérer. Si, après un catéchisme, vous voyez le prêtre qui l'a fait, fatigué, essoufflé, ruisselant de sueur comme après un grand sermon, vous pouvez lui dire hardiment : Mon ami, sans vous avoir entendu, j'alïirme que vous venez de faire un mauvais catéchisme.

Aimez beaucoup cette fonction : les fruits que vous produirez en la remplissant, seront toujours en rapport avec le goût et l'attrait qu'elle vous inspirera.

Aimez aussi beaucoup les enfants. Jamais vous ne serez un bon catéchiste si vous n'aimez pas tendrement ces chères petites créatures. Oh ! que de soins on prodigue à ceux qu'on affectionne ! Voyez une mère comme elle cultive ses enfants quand elle les aime ! Sur ce point comme sur tous les autres, Jésus est votre modèle; les enfants occupaient la première place dans son divin cœur : Impice, et fac secv.ndvm exemplor.

Soyez bon, soyez doux, soyez patient et miséricordieux à l'égard de votre jeune troupeau : vous serez tout cela si vous r aimez; vous ne serez sévère que par exception, et vous ne le serez que quand il sera évident que vous aurez sujet de l'être; encore reviendrez-vous sur-le-champ à votre aimable douceur, comme le soleil qui reparaît radieux après avoir été caché quelques instants par un léger nuage ^

* Voyez Pratique du zèle ecclésia'itifpie, troisième partie, Âvù mr catéchistes,

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