‹ Le guide diplomatique (volume 2)Chapitre 19 sur 79 · BEL O · texte numérisé non relu

BEL O

Manuel de géographie et de statistique ^ par Stein (^);

Statistique des Etats de l'Europe (Staatenkunde von Europa)^ par Schubert; Kœnigsberg, 1835 et années suivantes.

Nous ne pouvons indiquer qu'en passant , malgré tout leur mérite, les recherches de G. Bernouilli, Malthus (^), QuÉTELET, ViLLERMÉ, sur la populatiou; celles de Duvillard et Parcieu sur la loi de mortalité ; les travaux de Balbi sur les langues; de Mac. Culloch, GuLicH, Reden, sur l'industrie et le commerce; de Michel Chevalier, sur les travaux publics.

ÉCONOMIE politique.

V Économie politique , qui est à l'État ce que l'économie domestique est à la famille, ne saurait rester étrangère au diplomate. Il suffit, pour lui révéler l'importance de son étude, de rappeler qu'elle s'applique à la recherche et à la discussion des lois qui règlent la production des richesses sociales, leur distribution et leur consommation; conséquemment qu'elle étudie les conditions du travail, du salaire, de l'échange, du capital, de la rente; qu'elle traite des questions relatives à l'impôt et aux finances, à l'agriculture et à l'industrie, aux primes et aux prohibitions.

(1) Prague, ^829, 2 vol. in-8°. (en allem.). P) 6e édit., Leipzig, 3 vol. in-8o, 1831 et 1834. (^) Le célèbre ouvrage de Malthus a été traduit en français par le prof. P. Prévost; Genève, 1847.

Si réconomie politique n'existe guère comme science que depuis le milieu du siècle dernier, les questions dont elle s'occupe, livrées jusqu'alors à la routine administrative , avaient été résolues bien plus dans l'intérêt d'une fiscalité étroite que dans l'intérêt général de la société. Quelques penseurs italiens, Seiraei Gonovesi, entre autres, s'avisèrent les premiers d'exposer et de développer systématiquement les notions, pour la plupart erronées, que l'on se faisait de la richesse sociale et de ses sources. Leurs erreurs furent bientôt signalées, en France, par Quesnay , de Gournay , Mercier de la Rivière, Turgot, Dupont de Nemours^ désignés plus tard sous le nom de physiocrates, et doni les écrits ont jeté beaucoup de jour sur certaines doctrines, notamment sur celle de la liberté du commerce.

Mais c'est à un philosophe écossais, Adam Smith , qu'appartient sans contredit la gloire d'avoir posé les véritables fondements de la science économique, en montrant que le travail était la principale source des richesses sociales, et en analysant avec une admirable sagacité les phénomènes de la production et de la circulation , jusque-là si peu compris et si faussement expliqués. Ses Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (*), devenues le point de départ de tous les développements ultérieurs qu'a reçus l'économie politique, ont imprimé aux progrès de cette science une marche rapide qui ne s'est point encore ralentie, et devant laquelle se sont dissipées bien des erreurs tenues jadis pour des vérités incontesta-

(1) Il en existe une excellente traduction française, avec des notes ot des observations, par Germain Garmer.

bles , bien des préjugés anciens et profondément enracinés.

Des principes vrais , étayés d'exemples lumineux , des conséquences rigoureuses tirées d'une somme de faits incontestables, des démonstrations fécondes, accompagnées de notions statistiques aussi curieuses qu'instructives, voilà ce qui fit le succès de ce livre et valut à son auteur une célébrité légitime, en dépit des intérêts formidables et des opinions dominantes que heurtaient de front ses doctrines. Toutefois, l'ouvrage de Smith étant défectueux sous le rapport de la méthode, et n'exprimant pas d'ailleurs l'état actuel de la science, nous ne saurions en recommander la lecture aux personnes qui n'ont fait encore aucune étude de l'économie politique.

Après Adam Smith, plusieurs auteurs d'un mérite distingué, tels que Malthus, Ricardo, Mill , Mac- GuLLocH , Senior, en Angleterre; Say, Sismondi, Ga- NiLH , Rossi , Garnier , cu France ; Storch , Lotz, Rau, SoDEN , en Allemagne ; Flores Estrada , en Espagne , ont publié de nouveaux traités de la science; le professeur Cherbuliez, de l'Académie de Genève, et Fr. Basti4t en ont élucidé plusieurs parties : aucun de ces écrivains, cependant, n'a peut-être plus contribué à la populariser que J.-B. Say, par son

Traité d'économie politique , on simple exposition de la manière dont se forment , se distribuent et se consomment les richesses (^); et par son

Cours complet d'économie politique pratique (^).

(1) S^édit., Paris, 48^6, 3 vol. in-S^.

(2) Paris, 1826-1830, 6 vol. in-8".

On pourra se préparer à l'élude de cette science en faisant précéder la lecture des ouvrages que nous venons de citer par celle des

Eléments de VÈconomie politique^ par Joseph Gar- NIER , professeur à r École royale des ponts et chaussées (').

Enfin , on se familiarisera avec les doctrines prohibitionnistes y opposées à celles du libre échange, si rationnellement soutenues par Técole écossaise , en recourant aux

Notions élémentaires d'économie politique , à l'usage des jeunes gens qui se destinent au service des administrations , par M. d'HAUTERivE (^).

Nous avons inséré dans la seconde partie de cet ouvrage de nombreuses pièces diplomatiques pouvant servir de modèles ou d'enseignements pour la composition et la rédaction des divers genres d'offices qui émanent du ministère des affaires étrangères et de Fagent diplomatique en mission, et nous indiquons aux §§ 93 et 94 les meilleurs Formulaires à consulter quant aux actes qui se dressent dans les chancelleries de légation et de consulat. Nous nous bornerons en conséquence à indiquer ici le « Cours de style diplomatique^ rédigé par H. Meisel, d'après les cahiers de M. d'Apples (^), » comme contenant sur la matière des principes clairs et judicieux.

n 2« édit., Paris, 1847, i vol. grand in-8o (2) Nouv. édit., augmentée d'une introduction; Paris, 1825, 1 vol. in-80.

P) Paris, 1826,2 vol. in-S^.

Mais en renvoyant le lecteur, comme nous l'avons déjà fait, à notre Bibliothèque diplomatique , pour Vénumération des ouvrages spéciaux, nous devons le prévenir qu'il en est plusieurs qui, bien qu'utiles à d'autres égards , ne renferment que des modèles pour la plupart surannés. C'est pourquoi nous nous sommes tout particulièrement appliqué à donner à ce Guide le facile mérite de réunir à Texposition des principes unanimement admis par tous les cabinets, sur les droits, les devoirs et les fonctions de l'agent diplomatique, un choix consciencieux de modèles pour la forme, le style et le cérémonial à suivre dans les différents genres de compositions diplomatiques.

Nous terminerons ces considérations générales sur les études diplomatiques en appuyant sur la connaissance des principales langues vivantes y comme indispensable au diplomate désireux de se distinguer dans sa carrière. Indépendamment de l'avantage de remonter aux sources par leurs divers canaux, en lisant chaque auteur dans sa propre langue, et de se mettre ainsi à même d'embrasser l'ensemble des faits et des préceptes des divers points de vue où les ont envisagés, selon leur individualité et leur nationalité, ceux qui les exposent, ils en recueilleront encore un autre bénéfice. Pouvoir discuter les affaires qu'on a mission de traiter dans la langue du négociateur avec qui l'on traite, est déjà un moyen d'en faciliter le succès : c'est se donner l'avantage de provoquer, dans le laisser-aller de la conversation , un abandon contre lequel l'adversaire est d'autant moins

28 COINSIDÉRATIONS GÉNÉRALES, ETC.

en garde, qu'ayant moins à se préoccuper de sa parole il se laisse plus facilement entraîner.

La langue française se place ici au premier rang , comme étant devenue, en quelque sorte, l'idiome universel, et comme la langue officielle de presque tous les cabinets f* j. L'anglais, l'allemand, l'italien et l'espagnol, bien qu'en seconde ligne sous ce rapport, n'en sont pas moins très-utiles au diplomate dans l'exercice de ses délicates fonctions (^).

(1) Un grand nombre de traités signés depuis le commencement du siècle ont été rédigés exclusivement en français, et notamment les actes du congrès de Vienne en 4 815, les traités de 4 839 concernant la séparation de la Belgique et de la Hollande ; quelquefois , on a eu soin d'insérer au traité (jue l'emploi de la langue française ne devait pas tirer à conséquence pour l'avenir. Voy., T. II, Observations générales sur le stijle diplomatique.

(2) Il est rare que les diplomates anglais et espagnols abandonnent l'emploi de leur idiome respectif.

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