‹ Le guide diplomatique (volume 3)Chapitre 47 sur 98 · II · texte numérisé non relu

II

2SS CHAP. m. DISCOURS D'AUDIENCE.

et la confiance qu'il place dans le choix que la chrélienié attend de vous.

Le roi m'a fait l'honneur de me désigner à l'entière créance du sacre collège réuni en conclave : je viens une seconde fois , éminentissimes seigneurs , vous témoigner mes regrets pour la perte du pontife conciliateur qui voyait la véritable religion dans l'obéissance aux lois et dans !a concorde évangélique ; de ce souverain qui , pasteur et prince , r;ouvernait l'humble troupeau de Jésus- Christ du faîte des gloires diverses qui se rattachent au grand nom de l'Italie. Successeur futur de Léon XII, qui que vous soyez, vous m'écoulez sans doute dans ce motnent ; poriife à la fois présent et inconnu, vous allez bientôt vous asseoir dans la chaire de saint Pierre , à quelques pas du Capitole , sur les tombeaux de ces Romains de la république et de l'empire qui passèrent de l'idolâtrie des vertus à celle des vices, sur ces catacombes où reposent les ossements , non entiers , d'une autre espèce de Romains. Quelle parole pourrait s'élever à la majesté du sujet, pourrait s'ouvrir un passage à travers cet amas d'années qui ont étouffé tant de voix plus puissantes que la mienne? Vous-même, illustre sénat de la chrétienté, pour soutenir le poids de ces innombrables souvenirs, pour regarder en face ces siècles rassemblés autour de vous sur les ruines de Rome , n'avez-vous pas besoin de vous appuyer à l'autel du sanctuaire comme moi au trône de saitit

A Dieu ne plaise , éminentissimes seigneurs, que je vous entretienne ici de quelque intérêt particulier, que je vous fasse entendre le langage d'une étroite poli'.ique. Les choses sacrées veulent être envisagées aujourd'hui sous des rapports plus généraux et plus dignes.

Le christianisme, qui renouvela d'abord la face du monJe, a \u depuis se transformer les sociétés auxquelles il avait donné la vie. Au moment même où je parle , le genre humain est arrivé à l'une des époques caractéristiques de son existence ; la religion chrétienne est encore là pour le saisir, parce qu'elle garde dans son sein tout ce qui convient aux esprits éclairés et aux cœurs généreux, tout ce qui est nécessaire au monde, qu'elle a sauvé de la corruption du paganisme et de la destruction de la barba-

DISCOURS D'AUDIENCE. î27

rie. En vain l'impiété a prélcndu que le christianisme favorisait l'oppression, et nous faisait rétrograder aux jours où la liberté était scellée du sang du juste : l'esclavage a cessé d'être le droit commun des nations; l'elfroyable définition de l'esclave a été effacée du code romain :

" Non tam viles quant niilH sunt. »

Les sciences, demeurées presque slationnaires dans l'antiquité, ont reçu une impi.lsion rapide de cet esprit apostolique et rénovateur qui hâta l'écroulement du vieux monde : partout où le christianisme s'est éteint la servitude et l'ignorance ont reparu. Lumière, quand elle se mêle aux facultés intellectuelles, sentiment, quand elle s'associe aux mouvements de l'âme, la religion chrétienne croît avec la civilisation et marche avec le temps. Un des caractères de la perpétuité qui lui est promise c'est d'être toujours du siècle qu'elle voit passer, sans passer elle-même. — La morale évangélique, raison divine, appuie la raison humaine dans ses progrès vers un but qu'elle n'a point encore aUeint. Après avoir traversé les àges'de ténèbres et de force, le christianisme devient, chez les peuples modernes, le perfectioniiement même de la société.

Érainentissimes seigneurs, vous choisirez pour exercer le pouvoir des clefs un homme de Dieu, et qui comprendra bien sa haute mission. Par son caractère universel, qui n'a jamais eu de modèle ou d'exemple dans l'histoire, un conclave n'est pas le conseil d'un État particulier, mais celui d'une nation composée des nations les plus diverses, et répandue sur la surface du globe.

Vous êtes , éminentissimes seigneurs , les augustes mandataires de l'immense famille chrétienne pour un moment orpheline. Des hommes qui ne vous ont jamais vus, qui ne vous verront jamais, qui ne savent pas vos noms, qui ne parlent pas votre langue, qui habitent loin de vous sous un autre soleil, par delà des mers, aux extrémités de la terre , se soumettront à vos décisions que rien en apparence ne les oblige à suivre, obéiront à votre loi qu'aucune force matérielle n'impose, accepteront de vous un père spirituel avec respect et gratitude. Tels sont les prodiges de la conviction religieuse.

Princes de l'Église, il vous suffira de laisser tomber vos suffrages sur l'un d'entre vous pour donner à la communion des fidèles un chef qui, puissant par la doctrine et l'autorité du passé, n'en connaisse pas moins les nouveaux besoins du présent et de l'avenir, un pontife d'une vie sainte , mêlant la douceur de la charité à la sincérité de la foi. Toutes les couronnes forment un même vœu, ont un même besoin de modération et de paix. Que ne doit-on pas attendre de celte heureuse harmonie? Que ne peut-on pas espérer, éminentissimes seigneurs, de vos lumières et de vos vertus ?

Il ne me reste qu'à vous renouveler l'expression de la sincère estime et de la parfaite affection du souverain aussi pieux que magnanime dont j'ai l'honneur d'être l'interprète auprès de vous.

Discours prononcé par VEnvoyc de Portugal à la cour de Berlin , chargé par sa souveraine de remettre à la reine Elisabclh de Prusse tes insignes de l'ordre de Sainte-Élisahetli de Portugal. (1846.)

Madame , Sa Majesté la reine mon auguste souveraine m'a chargé de la mission flatteuse de remettre à Votre Majesté les insignes de l'ordre de Sainte-Elisabeth de Portugal, accompagnés de la lettre autographe que Sa Majesté vous adresse en cette occasion. La Reine se flatte d'autant plus que Votre Majesté voudra bien accepter cet ordre comme un hommage rendu à ses hautes vertus , qu'il rappelle par son nom et son emblème , à tous les cœurs de vos fidèles sujets, l'inépuisable bonté et la charité toute chrétienne dont V. M. se plaît , dans tous les instants de sa vie , à répandre sur eux les trésors.

Discours de congé et Lettres pour prendre congé {^).

La mission du ministre public terminée, après la remise de la lettre de rappel, TEnvoyé qui se retire prend congé du souverain ou du chef de l'État auprès duquel il était accrédité, et lui adresse à cette occasion quelques paroles respectueuses dans l'audience qu'il en reçoit avant son départ.

Ce discours de circonstance énonce le motif qui a donné lieu au rappel et réitère , selon la situation des affaires, les assurances (plus ou moins sincères) que ce rappel ne change rien aux dispositions amicales du souverain qu'il cesse de représenter ; il renouvelle l'expression de la reconnaissance du ministre pour les bontés ou les grâces dont il a été l'objet pendant sa mission , et qu'il a pu considérer comme un témoignage de satisfaction ; il exprime le désir qu'elles se transmettent à son successeur, qui ne négligera rien pour s'en rendre digne dans l'exercice de ses fonctions.

Si le ministre n'a pu réussir dans l'objet de sa mission , il exprime le regret qu'en éprouve son souverain et qu'il en ressent lui-même ; il affirme que les bonnes dispositions de son gouvernement n'en seront point pour cela altérées, et il prie le monarque ou le chef de l'État dont il s'éloigne de partager ces mêmes dispositions.

Il est d'usage que l'agent diplomatique rappelé sollicite également une audience de congé des membres de la famille du souverain qui Font gracieusement ac-

(») Voy. T. I , § 76.

530 CIIAP. m. DISCOURS DE CONGÉ.

cueilli pendant son séjour; il les remercie respectueusement des bontés qu'ils ont eues pour lui, et les assure des sentiments d" amitié qu'a pour eux le prince à qui il va rendre compte de sa gestion.

Dans le cas où le ministre rappelé se trouverait absent de son poste au moment du rappel, Tusage admet, et de hautes convenances exigent, qu'il remplace par une lettre de congé l'audience quil n'a pu demander.

Discours de congé de € ambassadeur de France, adressé aux Etats-Généraux des Provinces-Unies des Pays- Bas, dans son audience publique. (1782.)

Si ma santé eût pu supporter plus longtemps un climat qui m'est étranger, l'audience que je prends anjourd'hui n'aurait pas suivi de si près celle que V. S. m'accordèrent l'année dernière. Vous voyez, messieurs, par la lettre de S. M. que j'ai eu l'honneur de présenter à V. S., qu'elle m'a très-expressément chargé de les assurer du désir qu'elle a de voir la paix se perpétuer en Europe, et de pouvoir en particulier donner à celle république des marques de la continuation de son amitié et de son estitue.

Je me flatte , messieurs , et la manière dont V. S. ont toujours agi envers moi me persuade , q;ie vous me permettrez d'ajouter à ces assurances celle de la vénération et de l'estime très-parfaite que le séjour que j'ai fait ici m'a inspirées pour ce gouvernement et pour les membres qui le composent. Ces sentiments ne sont pas moins sincères que la parfaite reconnaissance que j'ai pour les bontés dont V. S. m'ont honoré. J'en garderai toujours précieusement le souvenir, et je m'estimerai heureux si je puis, messieurs, vous prouver en toute occasion à quel point j'y ai été sensible.

En ce qui me regarde personnellement , je ne puis trouver d'expressions pour vous marquer la vive reconnaissance que m'inspirent l'accueil que vous m'avez fait et la confiance que vous m'avez constamment témoignée dans toutes nos relations.

Discours de congé de l'ambassodtuc de France, adressé aux Ktats-GcnérauxdesPiovinccs-UniesdesPatjs-Bas.

Le roi mon maître, qui me rappelle pour remplir les fonctions

de auprès de sa personne , m'a ordonné de vous réitérer

en celte occasion les assurances les plus fortes de son inviolable amitié pour celte illustre république.

C'est ainsi que je commençai ma mission ; il m'est doux de la terminer de même, et je me félicite de ce que, tant qu'elle a duré, tout a concouru pour convaincre V. S. de la vérité de ces sentiments. Le roi sent vivement combien sont grands les avantages que les deux nations retirent de l'alliance qui les unit si étroitement. Toujours attentif au bonheur de ses sujets et à celui de ses alliés, il est résolu d'entretenir et , s'il est possible, de serrer de plus en plus les nœuds d'une union que le bien commun des deux peuples a formée, et que tout semble rendre désormais inaltérable. Tels sont les principes dont on ne s'est jamais éloigné que lorsque les véritables intérêts de l'une ou de l'autre nation ont été ou ignorés ou sacrifiés.

J'espère que si V. S. se souviennent encore de la joie que je leur témoignai dans ma première audience de l'honneur que le roi mon maître m'avait fait en me nommant son ambassadeur extraordinaire auprès de V. S., elles seront bien persuadées que ce n'est qu'avec le plus vif regret que je viens aujourd'hui prendre congé d'elles.

Discours de congé de V ambassadeur de France à la cour de Saint-Pétersbourg y adressé à l'empereur.

Sire , le roi mon maître ayant jugé à propos de me rappeler de

la cour de V. M. pour remplir les fonctions de auprès de

sa personne, m'a ordonné de remettre la lettre que j'ai l honneur de lui présenter avec le plus profond respect. S. M. m'a chargé expressément de l'accompagner des plus fortes assurances de la

haute estime et de l'amitié inaltérable qu'elle porte à V. M. I. ; de l'assurer qu'elle saisira avec empressement toutes les occasions de lui en donner des preuves non équivoques, et qu'elle ne cesse de former des vœux pour que la Providence veuille conserver longtemps à V. M. I. des jours si précieux pour le bonheur de ses sujets et de ses alliés.

Quant à moi. Sire , je supplie V. M. I. de vouloir bien me permettre de lui témoigner ma reconnaissance respectueuse pour toutes les grâces dont il a plu à V, M. de m'honorer ; heureux si par la conduite que j'ai tenue pendant mon séjour à sa cour j'ai pu mériter l'approbation inappréciable de V. M. I. !

Discours de congé de V ambassadeur de France, adressé à l'impératrice régnante de Russie.

Madame , ce n'est pas sans une bien vive éinotion que je viens aujourd'hui me présenter à V. M. I., puisque , obligé de m'éloigner d'une cour où j'ai passé les plus beaux jours de ma vie , comblé par V. M. de grâces et de bontés, je dois prendre congé d'elle , privé peut-être pour jamais du bonheur de la revoir.

C'est par ordre du roi mon maître que j'ai l'honneur de présenter à V. M. la lettre par laquelle il lui a plu de me rappeler de sa cour ; elle contient les témoignages de l'amitié inaltérable et de l'attachement sincère que S. M. lui porte , et que je suis chargé de lui exprimer encore de vive voix. Je ne saurais quitter cette cour sans remercier V. M. I. , au nom du roi mon maître , des bonnes dispositions qu'elle a bien voulu témoigner pour les intérêts de S. M. , et dont je me ferai un devoir bien doux de rendre un rapport fidèle. Je puis assurer à V. M. que le roi ne laissera échapper aucune occasion d'embrasser avec chaleur les intérêts de votre personne sacrée et ceux de ses sujets, ainsi que de cultiver et de resserrer de plus en plus l'union et les liens de l'amitié qui subsistent entre les deux couronnes.

Quant à moi, Madame, je ne trouve point de termes qui puissent, en partie seulement, exprimer l'étendue de ma reconnaissance

respectueuse pour toutes les grâces doni V. M. a daigné me combler. Ces sentiments , comme ceux du plus profond respect , sont à jamais gravés dans mon cœur.

Discours de congé de V ambassadeur d' Angleterre, adressé à l'impératrice régnante de Russie.

Le roi, mon très-gracieux souverain , m'ayant rappelé de mon ambassade auprès de V. M. I. pour le servir dans ses armées, j'ai l'honneur de vous présenter, Madame , cette lettre de S. M.

Son attention toute particulière pour la personne de V. M. I. ne lui a pas permis de laisser un moment d'intervalle sans avoir ici un ministre qui y résidât de sa part , et elle a nommé lord Hindford pour m'y succéder.

Je ne puis quitter cette cour sans remercier V. W. I., au nom du roi mon maître , des dispositions favorables qu'elle a bien voulu faire paraître pour les intérêts de S. 31., à qui je ne manquerai pas d'en faire un rapport Adèle. Le roi de la Grande- Bretagne , de son côté , ne laissera échapper aucune occasion d'embrasser avec chaleur les intérêts de votre personne sacrée et ceux de cet empire , ainsi que de resserrer de plus en plus les nœuds d'alliance et d'amitié qui subsistent entre les deux couronnes.

Permettez, 3Iadame, que je recommande en même temps à la haute protection de V. M. I. les sujets du roi de la Grande-Bretagne faisant le négoce dans cet empire, puisque les avantages du commerce sont réciproques entre les deux États.

En mon particulier, je suis pénétré, Madame, des bontés précieuses et inestimables dont V. M. I. m'a rendu l'objet, aussi bien que des procédés , pleins de confiance et de politesse, que j'ai éprouvés de ses ministres.

En quelque lieu que je puisse me trouver, je me louerai de V. M. L comme de la princesse la plus magnanime et la plus accomplie , et je conserverai toujours pour sa personne les sentiments de la plus profonde vénération.

•234 Cil AP. III. LETïr.ES POUR PRENDRE CONGÉ.

Héponse du (jrand-chancelier , comte Bestuchef, au nom de V impératrice.

S. M. I. conserve inviolablemeiil les sentiments d'amitié et d'estime dont elle est remplie pour le roi delà Grande-Bretagne. Elle est très satisfaite du zèle avec lequel M. l'ambassadeur a su, pendant le cours de sa négociation, allier les intérêts de la Russie avec ceux de la couronne britannique, pour affermir de plus en plus l'heureuse union qui subsiste entre les deux cours. Elle aurait souhaité de voir ici plus longtemps un ministre qui par sa conduite s'est rendu si di"ne de sa haute estime.

Lettre pour prendre congé, adressée par ie ministre de France au roi de. ..

Sire ,

L'empereur , mon auguste maître , ayant jugé à propos de m'appeler auprès de lui , et mes nouvelles fonctions s'opposant à ce que je puisse aller prendre congé de vive voix de V. M. et lui témoigner toute l'étendue de ma reconnaissance respectueuse pour les grâces dont elle a daigné me combler , j'ai reçu l'ordre d'envoyer à V. iM. , ainsi que j'ai l'honneur de le faire parla présente , la letire par laquelle il a plu à S. M. I. de me rappeler de sa cour. En transmettant à V. M. cette lettre de l'empereur, je suis chargé de lui renouveler les assurances de l'amitié inaltérable et de l'attachement sincère que S. M. I. lui porte ainsi qu'à sa royale famille.

Que V. M. me permette de mettre à ses pieds l'hommage de mon respect , et de lui exprimer toute la gratitude dont je suis pénétré pour les bontés qu'elle a daigné avoir pour moi pendant

(') Voy. aussi, au chap. IV, Lettres officielles adressées à des souverains.

le séjour que j'ai fail à sa cour. Je ne saurais trop vous exprimer, Sire, combien je m'estimerais heureux si V. M. avait daigné s'apercevoir du soin que j'ai constamment apporté à concilier mes devoirs avec le désir sincère de mériter sa haute approbation.

Puisse la Providence, Sire, conserver à vos peuples pendant de longues années le roi éminemment sage et paternel qu'elle leur a donné dans la personne de V. M.

Je suis avec le plus profond respect , Sire, de V, M. le trèshumble et très-obéissant serviteur,

Lettre pour prendre congé, adressée par V Envoyé de Russie au roi de...

Sire ,

En remettant à mon successeur les lettres de récréance qui terminent la mission dont j'ai,été honoré auprès de V. M., je remplis un des plus pénibles devoirs que ma soumission aux ordres du roi ait pu m'imposer. L'indulgente bonté que V. M. a daigné me témoigner , en me pénétrant de la plus profonde reconnaissance, me permet de croire que j'ai eu le bonheur de mériter son estime , ce qui a constamment fait l'objet de toute mon ambition. J'ai demandé qu'il me fût permis d'aller encore une fois ofïrir à V. M. l'hommage de mon respect et l'expression de mes vifs et sincères regrets. J'oserai la supplier de me conserver cette précieuse bienveillance qui a fait mon bonheur et ma consolation depuis tant d'années.

En m'éloignant d'un pays qui sera toujours pour moi une seconde patrie je ne cesserai de faire des vœux pour sa gloire et sa prospérité ; ils s'accompliront si , comme je le demande à la Providence , elle lui conserve longtemps le souverain dont j'ai appris à connaître et à révérer les hautes qualités royales et les vertus privées.

J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect, Sire, de V. M. le très-humble el très-soumis serviteur,

Lettre pour prendre congé , adressée par te taron de Gagern, plénipotentiaire du roi des Pays-Bas, aux memhres de la diète germanique. (1818.)

31essieurs les honorables membres de ia diète , Après avoir rerais à M. le président les dépêches de la cour des Pays-Bas qui concernent mon rappel , il me reste à prendre congé de VV. Exe. Exe. et à vous remercier de l'indulgence et de l'amitié dont vous m'avez honoré. Veuillez agréer l'assurance qu'après l'accomplissement de mes devoirs envers S. M. je n'ai jamais eu d'autre but que celui du bien général, sans aucunes vues accessoires, et faire quelque mention de cette assurance dans vos rapports à vos cours et à vos commettants. Quoique ce changement soit conforme à la demande conditionnelle que j'ai faite moi-même, il est amené plutôt par le trop d'importance que j'ai attaché à ma mission , que par aucun dédain de ses fondions. J'espère en conséquence conserver des droits à votre souvenir et à votre estime , auxquels je mets un si grand prix , et je vous assure tous et chacun en particulier de ma considération la plus distinguée.

Le baron de Gagern.

Francfort, le 6 avril 1818.

Réponse du ministre président de ia diète.

La diète ne peut voir sans un vif regret s'éloigner de son sein un homme d'État distingué sous tant de rapports, qui lui a donné, ainsi qu'au public , des preuves si multipliées de son zèle invariable pour le bien général de la confédération , et qui , animé de la même ardeur dans ses rapports avec la diète que dans ses relations amicales avec ses collègues , a su donner constamment à ses paroles et à ."^es actions l'empreinte d'un patriotisme éclairé, loyal, n'ayant pour but de ses efforts zélés que le bien de la commune patrie , et acquérir par là les droits les plus flatteurs à la reconnaissance et au souvenir ineffaçable de tous ses compatriotes.

Le ministre piOsident , après avoir eu l'honneur d'exprimer à M. le baron de Gagera , en réponse à sa lettre du 6, les justes sentiments de la dièie , conformément au vœu formel de cette assemblée , n'a plus qu'à prier S. Exe. d'être persuadée de leur parfait accord avec ceux dont il est personnellement pénétré , et de vouloir bien agréer avec bienveillance l'assurance de sa haute considération.

Comte Buol-Schauenstein.

Francfort, le 9 avril 1818.

Lettre pour prendre congé, adressée par le Chargé d'affaires de France au ministre des affaires étrangères de...

iMon prince ,

J'ai l'honneur de faire part \S. A. que l'arrivée de M

ayant mis fin à ma mission de 'Chargé d'affaires de à , je

me dispose à quitter cette ville. Mais je ne le ferai pas sans avoir prié y. A. de me permettre de lui exprimer ma reconnaissance pour l'accueil plein de bonté que j'en ai reçu et les dispositions bienveillantes qu'elle m'a montrées en toute occasion. Je dois et je paye également avec beaucoup de plaisir aux chefs de section de son ministère le tribut de mes sincères remercîments , pour l'obligeance avec laquelle ils ont bien voulu répondre constamment aux communications que j'ai été chargé de leur faire.

Si j'osais croire, mon prince, qu'il me fût permis de vous prier de mettre aux pieds du roi les expressions de ma respectueuse gratitude pour les marques de bonté dont S. M. a daigné m'honorer en plusieurs circonstances, j'en adresserais la demande à V. A. avec beaucoup d'instances, et je lui serais éternellement reconnaissant si elle consentait à y acquiescer. Je prie V. A. de vouloir bien agréer mes regrets , et l'assurance des sentiments de la plus haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être , mon prince, de V. A., etc.

licponse.

Monsieur le comte, Je partage vivement les sentiments que vous m'exprimez dans

votre lettre du , et je vous vois quitter à regret une place

dans laquelle vous avez su vous concilier l'approbation de S. iM. le roi mon auguste souverain, et l'estime de son ministère. S. !>!. me charge de vous faire connaître, M. le comte, qu'elle a bien apprécié la loyauté qui a toujours dirigé voire conduite, elle dévouement que vous n'avez cessé de montrer pour le service de

votre auguste maître. Il appartient à S. M de récompenser

de pareils services , et je vous prie de croire que je ne cesserai jamais de prendre une part sincère aux succès que vous ne manquerez pas d'obtenir. J'espère, M. le comte, que j'aurai encore Tavantage de vous voir avant votre déprrt et de vous réitérer de bouche les assurances de ma considération très-distinguée.

Lettre pour prendre congé, adressée par l'Envoyé de France au ministre des affaires étrangères de...

Monsieur le comte ,

Le roi vient de me nommer son ambassadeur à En recevant avec respect et reconnaissance cette honorable marque de la confiance de mon souverain , qu'il me soit permis d'exprimer à V. Exe. tous les regrets que j'éprouve en interrompant des relations que je m'étais flatté de pouvoir ^longtemps entretenir avec elle , et qui se trouvaient également d'accord avec mon devoir et avec mes sentiments personnels.

Depuis longtemps V. Exe. connaît tous les liens qui m'attachent ici; elle connaît le sentiment respectueux de reconnaissance que je dois aux bontés du roi et de son auguste famille, elle sait toute la confiance qu'elle-même m'inspirait par la constante amitié dont elle m'avait honoré; j'ose donc lui dire que

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