‹ Le guide diplomatique (volume 3)Chapitre 69 sur 98 · II · texte numérisé non relu

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482 ClIAP. IV. DÉPÈCHES OU RAPPORTS.

j'ai été conduit à regarder le moyen que j'indique comme le plus propre à attaquer le mal qui la travaille. Le dernier mot du radicalisme en Suisse est d'arriver à la république unitaire : « Nous » ne pourrions l'obtenir encore, disait, il y a quinze ans, l'habile » M. Menziger; posons-en seulement le principe. » Depuis ce temps le parti a réussi à maintenir au recès la révision du pacte : quand il aura obtenu cette douzième voix qu'il poursuit par tant de révolutions, qu'il vient de manquer à Fribourg, que Bàle peut lui apporter dans quelques jours ou Saint-Gall dans quatre mois, et qu'il aura d'abord fait prévaloir, dans la question des jésuites , ce principe que la majorité oblige malgré le pacte , il marchera plus droit à son but, et, s'il ne l'ose encore, à la souveraineté de la majorité qui lui livrera infailliblement la Suisse. Il ne peut décidément trouver sa vie dans ces existences cantonales; c'est pour cela qu'il veut en sortir, c'est pour cela que je l'y voudrais voir définitivement fractionné : il y serait absorbé ou transformé par les éléments conservateurs que possède encore chacune des vingt-deux sociétés politiques de la Suisse.

Le radicalisme a trop ce sentiment pour se laisser persuader par nos notes et par nos conseils , il ne se désistera de son plan que forcé ; il ne reculera que devant l'impossibilité, et il ne verra l'impossibilité que dans la volonté des puissances étrangères. Il a douté, et il veut encore, quoique ébranlé, douter de celle de la France. Il fera tout pour en empêcher la manifestation ; s'il ne peut y réussir, il est possible que la position puisse encore être dominée et changée par la déclaration que feraient les puissances qu'elles ne permettront pas que l'on détruise dans aucun des vingt-deux États suisses l'indépendance qui leur a été reconnue par les actes de Vienne.

A défaut d'une déclaration formelle, si le gouvernement du roi ne croyait pas devoir aller jusque-là , le langage des légations pourrait être combiné de manière à faire craindre ce que l'on ne jugerait pas à propos d'annoncer ouvertement. Mais tout ce que je vois ici concourt à me persuader que plus notre langage sera positif, plus il aura de chances de prévenir la guerre civile avec tous ses malheurs, et, à sa suite, l'intervention armée avec tous ses inconvénients.

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