‹ Le guide diplomatique (volume 3)Chapitre 89 sur 98 · LETTRES DE FÉLICITATION · texte numérisé non relu

LETTRES DE FÉLICITATION

Réponse à la lettre précédente.

Monsieur mon frère et cousin, en lisant dans la lettre de V. M. l'expression des sentiments qui l'animent, je me suis doublement félicité d'être devenu le gage d'une réconciliation durable

et sincère entre la et les souverains magnanitncs qui n'ont

voulu triompher que pour répandre des bienfaits. Cet éloge est particulièrement dû à V. M. , dont les braves armées ont montré une si grande constance dans les dangers, une si noble modération dans la victoire. J'ai déjà donné à M. le comte de les

assurances de la vive sensibilité avec laquelle je recevais les témoignages d'amitié que me donnait Y. M. ; mais il me tarde de les lui renouveler de vive voix , ainsi que celle de l'atiacbcment avec lequel je suis, monsieur mon frère et cousin, de V. M.

le bon frère et cousin , N.

[Entre des souverains et des membres de familles souveraines.)

Monsieur mon frère et cousin , j'ai été très-sensible à l'atte)!tion que V. A. R. m'a témoignée en m'annonçant par sa lettre

du de le mariage de S. A. R. le duc de ...., sou ûls,

avec madame la princesse Cet heureux événement doit être

pour elle et pour toute sa maison royale une source de nouvelles satisfactions. J'y prends une part vive et sincère; et, en adressant à V. A. R. mes félicitations pour elle et pour ses augustes enfants, je lui réitère l'assurance de la plus parfaite estime et de l'amitié avec lesquelles je suis, monsieur mon frère et cousin, de V. A. R.

le bon frère et cousin , N.

Monsieur mon cousin , je prends une part bien sincère à la nouvelle de l'heureuse délivrance de madame la duchesse de ... , li. 36

que V. A. S. a eu raltention de m'annoncer par sa lettre du .... du mois passé, el je la prie d'en agréer mes félicitations, ainsi que l'expression des vœux que je fais pour la conservation du prince nouveau-né. Je saisis avec plaisir cette occasion pour réitérer à V. A. S. l'assurance de l'intérêt que je prendrai constamment à tout ce qui la concerne et peut contribuer à son bonheur, par suite des sentiments d'estime et d'amitié avec lesquels je suis, monsieur mon cousin, deV. A. S.

le très-affectionné cousin, N.

Monsieur mon frère , je me rappelle trop vivement les prévenances aimables et délicates que vous avez eues pour moi pendant mon séjour à et les heures agréables que j'ai passées

dans la société de V. A . R. et dans celle de sa famille , pour ne pas prendre une part bien sincère à l'heureux événement qui vient encore augmenter votre bonheur domestique. Je ne puis que vous remercier de ce que vous avez bien voulu me l'annoncer vous-même dans le langage du cœur et de l'amitié. Je prie V. A. R. d'être persuadée que je réponds à ces sentiments par les miens , et que je fais des vœux bien ardents pour sa prospérité et pour celle de sa nombreuse et brillante famille. Mes fils ont été fort touchés de votre souvenir, et vous assurent que vous occupez toujours une grande place dans leur cœur. Agréez l'assurance de ma haute estime et du sincère attachement avec lequel je suis, monsieur mon frère, de V. A. R.

le bon frère, N.

LETTRES DE CONDOLÉAKCE. 563

[Entre souverains.)

Monsieur mon cousin et oncle, c'est avec une profonde douleur que je viens d'apprendre par la letlre que V. M. a bien voulu

m'adresser en date du de le décès de S. A. R. madame

la princesse de Le sincère et profond attachement que j'ai

toujours porté à celte princesse et le vif intérêt que je ne cesse de prendre à tout ce qui concerne V. M. et son auççuste famille, lui diront assez, j'espère, à quel point j'ai été affecté par cet événement malheureux. En formant des vœux ardents pour que la Providence veuille consoler V. M. de celle cruelle perte, et éloigner pour longtemps tout ce qui pourrait affliger ses jours précieux, je supplie V. M. d'agréer l'expression réitérée de la haute considération et de l'attachement inaltérable avec lesquels je suis, monsieur mon cousin et oncle, de V^ M.

le bon cousin et neveu, N.

Monsieur mon frère, l'événement douloureux que V. M. m'annonce par sa lettre du du décès de la reine son épouse m'a

d'autant plus vivement affecté , qu'éprouvé moi-même par un coup aussi funeste et dont le triste souvenir est à jamais ineffaçable, je connais l'impression profonde et l'amertume que laisse dans le cœur une perte aussi cruelle. Puisse la Providence, Sire, vous accorder toutes les consolations dont vous avez besoin dans ces moments de tristesse, et répandre une longue suite de prospérités sur vous et votre royale famille! Je réitère à V. M. l'assurance des sentiments d'amitié et de considération distinguée avec lesquels je suis, monsieur mon frère, de V. M.

le bon frère , N.

.•i6'4 CHAP. VI. CORRESPONDANCE DES SOUVERAINS.

Monsieur mon frère, la lettre que V. M. m'a adressée en date du de ..... m'a confirmé la triste nouvelle de l'horrible attentat dont S. A. R. le duc de .... a été la malheureuse victime. V. M. connaît trop bien les sentiments que je lui ai voués pour ne pas être pleinement convaincue de la part bien sincère que je prends à un événement qui a dû plonger V. M. et son auguste famille dans la plus profonde affliction, et qui a rempli d'effroi l'Europe entière. En formant des vœux ardents pour que la Providence veille sur les jours précieux de V. M. et la préserve elle et sa maison royale de nouveaux malheurs, je lui renouvelle l'assurance des sentiments de parfaite estime et de haute considération avec lesquels je serai toujours, monsieur mon frère, de V. M.

le bon frère, ZV.

Monsieur mon frère, la mort du roi de glorieuse mémoire

a dû affliger profondément l'âme sensible de V. M. La douleur qu'elle éprouve en perdant un prince qui avait pour elle tous les sentiments d'un père est trop juste et trop légitime pour ne pas

être partagée. Toute la porte le même deuil. Mais la

entière et tous ses véritables amis se félicitent et se consolent en même temps en voyant les principes et les vertus du feu roi revivre dans son digne successeur, V. M. connaît trop les sentiments que je lui ai voués pour ne pas être convaincue de la part que je prends à son avènement au trône. Les liens d'amitié qui unissent

la et la ..... bien loin de s'affaiblir, ne feront, j'espère, que

se resserrer davantage. Les sentiments de V. M. et l'influence bien méritée qu'elle a toujours eue sur les relations politiques de la ... avec ses voisins ne me permettent pas de douter que les nôtres resteront les mêmes, et que le même esprit les dirigera. Je prie V. M. d'être persuadée que de ma part rien ne troublera la bonne harmonie qui règne entre nous, comptant sur une parfaite réciprocité. C'est en assurant V. M. de ma sincère et inviolable amitié que je lui demande la continuation de la sienne.

Monsieur mon hhre, la irisie nouvelle du décès de S. M. le

roi de vient de me ni'ètre couGrmée par la lettre de V. M.,

en date du de février. Elle connaît trop bien les sentiments

qui m'animent pour sa royale maison pour ne pas être persuadée de la part sincère que je prends à un événement d'autant plus funeste qu'il a atteint V. M. dans un moment où elle était encore profondément affligée de la perle cruelle d'une épouse chérie. Je fais des vœux pour que la Providence vous accorde, monsieur mon frère , toutes les consolations dont vous devez avoir besoin dans ces tristes circonstances, et je m'empresse de vous réitérer les assurances d'amilié et de considération distinguée avec lesquelles je suis, monsieur mon frère , de V. M.

le bon frère, N.

Au roi de France Charles X.

Monsieur mon frère, V. >J. a trop- bien pressenti elle-même la part vive et douloureuse que je prends à l'affliction où l'a plongée le décès du roi son frère, pour qu'il me reste aucun témoignage à lui faire agréer à cet égard. Rien ne pourra affaiblir l'intérêt que j'attache à jamais à la mémoire d'un prince avec lequel j'ai eu le bonheur d'avoir des rapports personnels, et qui, par ses rares et éminentes qualités , m'a de tout temps inspiré autant d'estime que d'attachement. J'implore dans ce moment d'amertume pour V. M. les consolations de la divine providence. Grâce à la sagesse du roi son prédécesseur , son règne commence sous les plus heureux auspices. Je sais ce que la France et l'Europe ont à se promettre de ce règne, et je me livre avec la plus entière confiance à des espérances fondées sur le caractère, les principes et les vertus de V. M. Elle m'a donné en différentes occasions des marques de son amitié. Je la prie de croire que j'y mets le plus haut prix, et qu'elle trouvera toujours chez moi le même empressement à lui offrir des preuves de la haute considération et de l'invariable attachement avec lesquels je suis, monsieur mon

frère, de V. M.

le bon frère,

ZV.

Lettres politiques des souverains.

Dans les pays où la constitution organique de l'État consacre l'irresponsabilité (plus fictive que réelle) du prince, une juste réserve impose au souverain l'obligation de laisser aux ministres responsables la direction ostensible des affaires.

Là , au contraire , où aucun contre-poids légal ne balance la liberté d'action du chef de TÉtat, on ne doit pas attendre de celui qui se sent ou qui se croit capable qu'il s'efface, à l'intérieur, derrière son cabinet, et s'abstienne, au dehors, de guider lui-même ses agents ou de s'entendre directement avec ses égaux.

Depuis que ce siècle réformateur semble inaugurer l'ère des gouvernements représentatifs, la sphère d'action des souverains a du se rétrécir , et leur correspondance descendre des affaires de l'État aux communications privées que les liens ou les relations de famille leur imposent. Autant les lettres politiques de Henri IV et de Louis XIV , de Catherine II et de Marie-Thérèse , de Frédéric le Grand et de Napoléon sont nombreuses et dignes d'attention, autant celles des souverains constitutionnels de notre époque sont rares et offrent, en général, peu d'intérêt.

Ces lettres sont , à raison de leur source, étrangères de fait aux études diplomatiques; en reproduisant ici quelques-unes des premières, nous ne les donnons que pour satisfaire, au besoin, la curiosité du lecteur.

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