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CHAP. I, DU MINISTÈRE

moderne des États dont dépend l'équilibre général. Il doit avoir une connaissance exacte des intérêts commerciaux qui rapprochent les États, des ressources matérielles de tout genre qui font leur force, des traités et conventions qui les lient, des principes et des vues qui gouvernent leur politique, des hommes d'État qui la dirigent, des entourages de cour qui l'altèrent, des alliances entre les familles souveraines qui l'influencent, des rivalités de puissances qui en compliquent l'action.

Il aura soin de recueillir des informations promptes et sures sur tous les événements qui sont de nature à affecter les intérêts de l'État, il suivra attentivement les dispositions des cabinets étrangers à l'égard de son pays, il s'appUquera à calculer jusqu'à quel point ces dispositions peuvent se traduire en faits pour imprimer d'après le résultat de ces données aux relations étrangères une marche combinée et la plus avantageuse à son pays.

Pour être bien renseigné et bien servi dans l'exécution de ses desseins, le ministre doit avoir à sa disposition des organes capables; dépositaire en quelque sorte de Thonneur et des intérêts généraux de son pays dans ses rapports extérieurs, il doit s'appliquer à bien connaître les hommes, afin de ne faire que des choix convenables dans le personnel de ses agents au dehors, et de ne remettre qu"à des mains capables et dignes la sauvegarde de ces intérêts si graves et de cet honneur si ombrageux.

L'expérience acquise, les services antérieurement rendus, la notoriété du talent, la considération personnelle, sont les éléments essentiels de sa confiance. Mais il ne suffit pas pour le ministre des affaires étrangères

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