DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
faut demander, solliciter,, négocier; le moindre mot inconsidéré peut blesser toute une nation ; une fausse démarche, un faux calcul, une combinaison fausse ou hasardée, une simple indiscrétion peuvent compromettre et la dignité du gouvernement et l'intérêt national.
La politique extérieure d'un État présente des rapports si variés, si compliqués, si sujets à changer, et à la fois environnés de tant d'écueils et de difficultés qu'on concevra facilement combien doivent être difticiles et délicates les fonctions de celui qui est appelé à la direction d'une telle administration; elles le sont d'autant plus qu'il ne saurait être soumis, pour la conduite générale de son ministère, à aucune responsabilité définie, il n'a d'autre tribunal que son propre jugement, l'approbation de son souverain, de la représentation nationale et de l'opinion publique.
On est tellement habitué à juger, d'après le caractère, les principes et les qualités personnelles du ministre des relations extérieures, le système de sa politique, que sa nomination ou son renvoi sont toujours considérés comme des événements politiques. Aussi voiton souvent les cours elles-mêmes s'empresser de rassurer les cabinets étrangers sur les principes et les dispositions de celui qui est appelé à rempUr ces hautes fonctions.
En. conséquence, c'est au chef de ce département à choisir et à suivre le système politique, qui satisfasse le mieux aux véritables intérêts du pays, à combiner les mesures, à profiter des circonstances, à saisir les voies les plus propres à en assurer le succès. Pour suffire dignement à cette tâche, ce ministre doit s'être livré à l'étude spéciale du droit des gens et de l'histoire