Acte d'abdication de Guiïïanme 1^\ roi des Pays-Bas
Proclamation.
Nous Guillaume, par la grâce de Dieu, roi des Pays-Bas, prince d'Orange-Xassau , grand-duc de Luxembourg, etc.
Pénétré d'une respectueuse reconnaissance pour l'aide, l'encouragement et l'appui dont le Tout-Puissant souverain des peuples ne nous a pas laissé manquer dans les hautes fonctions auxquelles il nous a appelé, nous pouvons avec satisfaction reporter notre vue sur la période de près de vingt ans pendant laquelle nous avons gouverné notre patrie et le grand-duché de Luxembourg, et pendant laquelle aussi nous nous sommes efforcé, selon nos moyens, et conformément aux règles et prescriptions de la loi fondamentale, de contribuer au bien-être et au bonheur de nos bien-aimés sujets et à celui de cette patrie à laquelle nos ancêtres étaient si étroitement liés, comme nous lui sommes nous-même si fortement attaché.
Les abondantes bénédictions du Tout-Puissant n'ont point manqué à notre gouvernement; même sous la triste impression des événements politiques des dernières années, qui nous ont occasionné de nombreux chagrins et des soins non interrompus, nous avons éprouvé dans toute son étendue sa paternelle influence.
Les soins et les difficultés du gouvernement s'appesantissent sur nous ; nous les éprouvons de plus en plus par l'accroissement de nos années, et par l'idée du devoir qui nous est imposé d'apporter quelques changements, et de suivre dans le maniement des affaires du royaume quelques règles autres que celles qui étaient prescrites et établies pac la loi fondamentale, avant les changements et additions qui y ont été récemment apportés.
Par notre publication du 4 septembre dernier, nous
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avons arrêté ces cliaugements et additions, dont l'effet se trouve ainsi en voie d'exécution.
Après mûre délibération, nous avons estimé que cette époque était la plus opportune pour donner suite au dessein que nous avons formé depuis longtemps de passer en paix et délivré des soins du gouvernement, le reste des jours que Dieu nous destine, avec le souvenir reconnaissant de tout ce que son amour et sa sagesse nous ont accordé.
Une main ferme, puissante, une existence plus jeune libre des soucis de la vieillesse, et que les souvenirs antérieurs ne font pas chanceler, sont exigées désormais pour conduire les affaires du royaume et travailler à son bienêtre. Pleinement convaincu que le poids de la couronne nous affaisserait et nous mettrait dorénavant hors d'état de consacrer tous nos instants à veiller avec vigilance et attachement aux chers intérêts de nos bien-aimés sujets, nous avons arrêté, après mûre réflexion et de notre volonté pleine et entière, de clore irrévocablement aujourd'hui notre long règne, et de transmettre notre souveraineté royale, grand-ducale et ducale à notre fils bien-aimé le prince d'Orange, qui est le successeur légitime de nos couronnes royale, grand-ducale et ducale.
Nous remercions nos bien-aimés sujets des preuves de confiance et d'attachement que nous en avons reçues pendant toute la durée de notre règne; et nous sommes convaincu qu'ils accepteront avec amour et respect leur nouveau roi, auquel la patrie est déjà si redevable, et qui, avec un cœur profondément ému, mais cependant avec un mâle courage et en élevant un regard humilié vers le trône de Dieu, a reçu aujourd'hui de nos mains les couronnes de la Néerlande, du Luxembourg et du Limbourg, pour être portées par lui et ses successeurs légitimes, par suite de l'acte solennel de notre abdication et transmission volontaire: lequel acte sera transporté, par nos soins, dans les archives du royaume et du grand-duché pour y être déposé et gardé.
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Finalement, nous ordonnons que notre présente proclamation par laquelle nous terminons notre règne, sera publiée dans une séance solennelle du conseil suprême des Pays-Bas, des cours de justice provinciales, de la cour criminelle d'Amsterdam, ainsi que des cours de justice des arrondissements, et par suite dans les tribunes des conseils des chefs-lieux de provinces, et sera de plus affichée dans les lieux usités ; enfin, qu'elle sera insérée dans la feuille de l'État.
Fait à Loo, cejourd'hui 7 octobre 1840.
Guillaume.
Par le roi:
Van-Douen.
Abdication de Vemperenr d'Autriche Ferdinand I^^.
Proclamation.
Ferdinand I", par la grâce de Dieu, empereur d'Autriche, roi de Hongrie et de Bohême, de ce nom le cinquième, roi de la Lombardie, etc.
Lorsqu'après la mort de notre père, feu l'empereur François P"", nous montâmes sur le trône comme étant son successeur légitime, pénétré de la sainteté et de la gravité de nos devoirs nous invoquâmes tout d'abord le Seigneur pour qu'il nous accordât son assistance.
Nous eûmes pour principe le maintien des droits, pour but l'accroissement du bonheur des peuples soumis à notre sceptre.
L'amour et la reconnaissance de ces peuples nous récompensèrent suffisamment des peines et des soucis du gouvernement, et même, tout récemment, lorsque des ten-
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dances criminelles sont parvenues à porter atteinte à l'ordre légal et à attiser la guerre civile dans une partie de nos territoires, l'immense majorité des populations a conservé la fidélité due au monarque. Des témoignages propres à consoler notre cœur attristé au milieu de ces pénibles épreuves sont arrivés à nous de toutes les parties de l'empire.
Mais les événements qui se sont succédé, le besoin et l'urgence d'une grande et vaste transformation des formes administratives de nos États, qu'en mars dernier nous nous sommes proposé d'opérer, nous ont fermement convaincu qu'il faudrait des forces plus jeunes que les nôtres pour faire avancer cette grande œuvre et pour l'accomplir avantageusement.
Après mûre réflexion, et pénétré de la nécessité absolue de cette démarche, nous avons résolu d'abdiquer solennellement, par la présente, le trône impérial d'Autriche.
S. A. I. notre frère et successeur légitime, l'archiduc François-Charles, qui nous a toujours fidèlement aidé et qui a partagé nos peines, a déclaré et déclare par le présent manifeste, signé en même temps par lui, que lui aussi renonce à la couronne impériale autrichienne en faveur de son fils S. A. I. l'archiduc François-Joseph.
En dégageant de leurs serments tous les fonctionnaires de l'État, nous les recommandons à leur nouveau souverain, envers qui ils auront à remplir dorénavant leurs devoirs de fidélité.
Nous disons adieu à notre brave armée en lui exprimant notre reconnaissance.
Se rappelant son serment sacré, véritable rempart contre l'ennemi extérieur et contre la trahison à l'intérieur, elle s'est toujours montrée, et dans les derniers temps plus que jamais, un ferme soutien de notre trône, un modèle de fidélité, de fermeté et de mépris de la mort. Elle a été le salut de la monarchie menacée, l'orgueil et l'honneur de la patrie commune. Elle se rangera avec le même
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amour et le même dévouement autour de son nouvel empereur.
En dispensant enfin les peuples de l'empire de leurs devoirs envers nous, et en transmettant tons ces devoirs et tous nos droits, solennellement et publiquement, à notre neveu bien-aimé, en sa qualité de successeur légitime, nous recommandons ces peuples à la grâce et à la protection de Dieu. Que le Tout-Puissant veuille leur accorder de nouveau la paix intérieure, ramener au devoir ceux qui la foulent aux pieds; qu'il daigne rouvrir les sources desséchées du bien-être et combler tout l'empire de ses bénédictions; qu'il veuille aussi éclairer et soutenir notre successeur, l'empereur Franrois-Joseph P"', et lui donner la force nécessaire pour remplir sa haute et difficile mission, à son propre honneur, à la gloire de notre maison impériale, en assurant le bonheur des peuples qui lui sont confiés.
Donné dans notre résidence royale d'Olmiitz, le 2 décembre de l'an 1848, de notre règne le quatorzième.
' Ferdinand.
Feançois-Charles.
SdiîvarUenherg.